Affaire 500 millions Fcfa du Burida/ Après Aicha Koné, Une autre gloire de la musique ivoirienne des années 80 en colère, Reine Pélagie : « Ils nous taxent d’artistes ‘’Has been’’ »


21/04/2020
Affaire 500 millions Fcfa du Burida/ Après Aicha Koné, Une autre gloire de la musique ivoirienne des années 80 en colère, Reine Pélagie : « Ils nous taxent d’artistes ‘’Has been’’ »
Reine Pélagie est déçue du regard que le Burida porte sur les gloires de la musique ivoirienne

L’affaire des 500 millions de Fcfa du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida) continue de susciter de vives réactions au sein de la famille des artistes de Côte d’Ivoire. Même si l’impératrice de la musique ivoirienne, Aicha Koné, et l’institution se sont accordé à vider le contentieux, après un échange avec les dirigeants de la maison en charge de la gestion des droits des artistes de Côte d’Ivoire. Juste après cette sortie musclée sur la toile, c’est le tour de l’une des gloires de cette musique, de donner de la voix. Reine Pélagie, c’est d’elle qu’il s’agit, a dénoncé une « mascarade » au sein de la maison de gestion collective des droits des artistes de Côte d’Ivoire.

Bien avant, l’artiste qui vit depuis quelques années en Guinée, a exprimé, le vendredi 17 avril 2020, son soutien via la toile, à Aicha Koné. « Je soutiens ma soeur Aïcha koné dans son combat. Pourquoi lui donner 100.000 francs ? C'est maintenant que Aïcha s'en rend peut-être compte. Sinon, il y a longtemps que cette mascarade existe au Burida. Je l'avais aussi dénoncée à l'époque », a laissé entendre Reine Pélagie. Puis de déplorer : « Moi, je ne reçois pas de droits d'auteur. Ce ne sont que des centimes : 1 franc, 2 francs que le Burida m'envoie comme chiffre ».

 Aussi la chanteuse a-t-elle vertement accusé les dirigeants qui se succèdent à la tête du Bureau ivoirien du droit d’auteur, de « s'enrichir » avec les droits d'auteurs des artistes. Non sans interroger : «Combien touchent-ils comme salaire pour s'acheter de grosses cylindrées et de grosses villas ? » Ensuite, la chanteuse, originaire du centre-ouest de la Côte d’Ivoire, s’est offusquée des raisons avancées par le Burida pour leur verser ces « broutilles ». « Ils ont pour seul prétexte, que nous ne produisons plus; que nous ne faisons plus recette. Ils nous taxent d'artistes ‘’Has been’’ », s’est-elle indignée, non sans instruire : «Nous sommes plutôt des artistes de carrière. Je suis désolée mais de nos jours, combien sont-ils ces artistes qui sortent des albums?» Et d’expliquer : «En Europe, ici, une seule chanson, un seul tube peut faire vivre un artiste pendant 90 ans. Alors que nous, nous sommes auteurs de plusieurs albums. Des tubes, nous en avons. Un artiste n'a pas forcement besoin de résider dans son pays, afin de pouvoir bénéficier aussi de ses droits d'auteur. Nos chansons sont diffusées sur des chaînes de télé et de radio en Côte d'Ivoire et même dans la sous-région. Nos chansons sont parfois reprises par certains artistes. Les espaces de nuit ont très souvent des séquences rétro où nos chansons sont jouées. Donc, nos musiques sont aussi distillées dans ce genre d'espaces ». Sans manquer de faire ce plaidoyer : «Nous avons tracé les sillons de la musique ivoirienne. Alors, nous méritons respect et considération. Que le gouvernement mette en place des droits pour les artistes de notre trempe, comme cela se fait en Europe ».

Rappelons que le gouvernement ivoirien a dégagé la somme de 550 millions Fcfa pour soutenir les acteurs culturels éprouvés par les effets collatéraux du Covid-19 en Côte d’Ivoire. Un plan d’urgence, dont l’une des articulations porte sur la répartition des droits généraux provenant des redevances recouvrées au titre de l’année 2019, par le Burida, auprès des établissements qui diffusent en leur sein, des sons et/ou des images par le moyen d’écrans ou de dispositifs audio, estimés à plus de 500 millions Fcfa.

 

DIARRA Tiémoko

Diarra Tiémoko

|

  • SOURCE: Soir info

Videodrome