En audience avec le Premier ministre Hamed Bakayoko : A’Salfo plaide pour la libération de S Kelly et un accompagnement des acteurs culturels


10/08/2020
En audience avec le Premier ministre Hamed Bakayoko : A’Salfo plaide pour la libération de S Kelly et un accompagnement des acteurs culturels
Ph DR

À la tête d’une forte délégation composée de membres du Commissariat Général du Femua et d’acteurs culturels (promoteurs, producteurs, artistes, managers, ingénieurs culturels), A’Salfo a présenté les félicitations du seceteur culturel au Premier ministre Hamed Bakayoko samedi soir à sa résidence de la Riviera. Une occasion saisie par la 44ème personnalité la plus influente d’Afrique pour soumettre au Premier ministre certaines doléances du secteur et aussi demandé sa clémence pour la libération de S Kelly, incarcéré à la prison civile de Bouaké.

Vous sortez d’une audience avec le Premier ministre et on présume que vous lui avez porté les doléances du secteur culturel fortement impacté par la Covid-19, à l’image de la précédente rencontre avec la ministre de la Culture et de la Francophonie… 

Il faut dire que ce n’était pas une rencontre pour les doléances même si nous avons saisi cette occasion pour lui faire part de certaines de nos préoccupations. L’objectif de cette rencontre était de venir traduire nos félicitations au Premier ministre. Tout le monde sait son attachement pour la culture et ses relations avec le monde culturel. On ne pouvait donc pas rester en marge de toute cette mobilisation. Nous sommes donc venus lui souhaiter la bienvenue à la tête de la Primature.

Par ailleurs, nous avons saisi cette occasion pour lui soumettre certaines doléances même si nous ne sommes pas rentrés dans les détails. La procédure voulant que ce soit notre ministère de tutelle qui les transmette au Premier ministre. Et c’est bien ce que nous avons fait en rencontrant mercredi dernier madame la ministre de la Culture et de la Francophonie à qui nous avons soumis nos doléances pour trouver une solution idoine aux problèmes que traversent les acteurs culturels face à la pandémie de la Covid-19. Avec le Premier ministre, nous avons encore parlé de culture notamment des perspectives et de la contribution de la culture qui est aussi l’une des priorités de sa mission.

En clair, ce sont des échanges fraternels et professionnels que nous avons eus.

 

Quel état des lieux faites-vous des conséquences de la Covid-19 sur le secteur culturel ?

Le monde de la culture a été le premier secteur à être touché par les mesures barrières. Aussitôt que les mesures barrières ont été mises en place par les autorités que le monde de la culture a connu un impact du fait de la fermeture de tous les lieux de plaisir, des salles de spectacles et de cinéma. C’est malheureusement aussi ce secteur qui va connaître la dernière levée des mesures barrières. D’ailleurs, même quand celles-ci sont levées, les activités culturelles sont toujours aux arrêts parce qu’il faut encore attention à la mobilisation dans les salles, les festivals sont annulés ou reportés. En somme, tout est bloqué et c’est un monde qui est fortement impacté par cette crise sanitaire mondiale. Malheureusement, certains facteurs n’ont pas été pris en compte dans les mesures d’accompagnement qui ont été votées par les entrepreneurs. C’est d’ailleurs pour ces raisons que nous plaidons pour qu’il y ait un ragard tourné vers ce monde de la culture qui contribue fortement au développement de la Côte d’Ivoire.   

 

Comme vous le disiez tantôt, le Premier ministre a un grand attachement pour la culture. Vous avez espoir qu’il répondra favorablement à toutes vos doléances ?

Il est indéniable et sû de tous que le Premier ministre a un fort attachement pour la culture. Même quand il était à la Défense, il réglait des problèmes de la culture. Ce qui est dû à sa jeunesse qui le rapproche plus de ce monde et c’est quelqu’un en qui nous avons confiance et toute cette mobilisation que vous voyez aujourd’hui est le signe de l’affection qu’il donne à tous les acteurs culturels. Donc, nous avons bon espoir qu’il aidera à résoudre les problèmes des acteurs culturels.

 

Concrètement, qu’attendez-vous du gouvernement ivoirien ?

C’est bien évidemment de l’accompagnement, de financement ou de subvention. Et le Premier ministre n’a pas manqué de lever un point sur le fait de pouvoir accompagner le monde de la culture parce qu’on remarque que dans les grands pays la culture occupe une place importante et est subventionnée. On a pu voir pendant cette crise comment les intermittents du spectacle, les propriétaires des salles de cinéma et el monde de la culture en général ont été accompagnés. La culture occupant une place prépondérante dans la vie d’une nation, pour moi, ce n’est qu’avec un accompagnement que ce monde pourra continuer à redorer ou à donner une image plus reluisante du pays à l’extérieur. Étant donné donc que c’est la culture d’un pays qui le vend le mieux, il est temps que nous soyons accopmpagnés à notre juste valeur.

 

Considérez-vous qu’à l’image du Sénégal ou du Burkina Faso, le gouvernement ivoirien n’a pas fait assez pour accompagner le secteur culturel ivoirien ?   

Ce sera de mauvaise foi que de dire que le gouvernement ivoirien n’a pas fait assez pour les acteurs culturels. Notre gouvernement est l’un des premiers en Afrique à avoir vite pris des décisions pour lever certaines mesures restrictives. Seulement, nous sommes dans une cour où des enfants se sont sentis un peu lesés et qui disent qu’il est temps qu’on s’occupe d’eux. Sinon, nous avons vu tous les efforts qui été consentis par le gouvernement pour accompagner les ivoiriens dans cette crise mais nous disons que le monde de la culture a été oublié et qu’il faille faire un geste.

 

À lire cet article :  A'Salfo plaide pour un soutien de l'État et du président de la République en faveur du secteur culturel fortement impacté par la Covid-19

 

Lors de votre récente rencontre avec la ministre de la Culture et de la Francophonie, elle annonçait un soutien de plus de 300 millions F Cfa à l’endroit du secteur culturel. Ce soutien n’est-il pas suffisant selon vous ?

C’est déjà bon car cela démontre que le gouvernement a une pensée pour le secteur culturel toutefois je dirai que ce soutien n’est pas suffisant car il y a des pays pas très loin de nous qui ont fait un peu plus que ce qui est fait chez nous. Je crois que, vu la denle grand nombre d’acteurs culturels et la diversité de leurs activités, nous attendons plus que 300 millions F Cfa.

 

Après le Premier ministre, quelle sera la prochaine étape de vos démarches ?

Normalement, nos démarches s’arrêtaient à notre ministère de tutelle mais c’est parce que nous avons eu l’occasion de féliciter le Premier ministre que nous avons profité pour lui parler de nos problèmes sans toutefois rentrer dans les détails. Pour dire qu’il n’y a plus d’étapes à faire sinon que de nous rassembler nous-mêmes pour mieux nous organiser en attendant que notre ministre de tutelle ne porte notre plaidoyer auprès du gouvernement.

 

Au cours de votre recontre avec le Premier ministre, vous avez également plaidé pour la libération de S Kelly détenu à la prison civile de Bouaké….

Effectivement, nous avons l’un des nôtres qui a eu un dérapage et qui est incarcéré à la prison civile de Bouaké. Nous avons donc au nom des acteurs culturels présenté nos excuses au Premier ministre pour les transmettre au président de la République et demander sa clémence afin qu’il soit libéré. Les hommes de la culture n’ont pas leur place en prison mais dans des salles de spectacles. Nous avons donc demandé pardon et présenté toutes nos excuses et nous espérons donc que cela aboutira à sa libération. En dehors de S Kelly, nous avons également abordé avec le Premier ministre les problèmes des artistes malades. Nous l’avons d’ailleurs remercié pour certains d’entre eux qu’il a aidés discrètement et nous lui avons fait cas de ceux qui sont présentement malades et qui ont besoin de soutien.

 

Après son report pour raisons évidentes de crise sanitaire mondiale, peut-on s’attendre à cette édition 2020 du Femua après la levée des mesures barrières et l’ouverture des frontières ?

Concernant le Femua, on fera une grosse annonce au mois de septembre pour confirmer soit le report ou le maintien de cette édition 2020. Nous sommes en train d’étudier tous les cas de figure. Rendez-vous donc au mois de septembre pour tout savoir.   

 

 

Philip KLA

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Philip Kla

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  • SOURCE: Linfodrome

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