Femua 13: Koffi Olomidé donne sa version des faits

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Publié le Source : Linfodrome
femua-13-koffi-olomide-donne-sa-version-des-faits Koffi Olomidé répond à A'salofo (PhDr).

Suite à sa prestation au festival des musiques urbaines d'Anoumabo qui a été critiqué par les internautes et le commissaire général Salif Traore alias A'salfo. Koffi Olomidé a donné son droit de réponse rendu public par la radio France internationale ce lundi 20 septembre 2021

« Le FEMUA est un événement culturel majeur pour l’Afrique et pour la promotion des musiques africaines sur le continent et pour les diasporas.

 J’ai toujours pris plaisir à y participer et toujours vécu comme un honneur d’y être convié au fil de mes années de carrière. Cependant, cette édition n’a pas eu la même saveur… Dès les prémices sont apparus de nombreux problèmes. D’abord d’ordre budgétaire. J’ignore les raisons de ces coupes mais mes conditions de voyage de mon équipe s’en sont ressenties.

 Puis, d’ordre logistique, ce qui a conduit à cette situation qu’on a choisi d’ériger en polémique.

Je tiens toutefois à saluer la détermination des organisateurs qui, en dépit de ces lacunes ont fait le maximum pour maintenir le Festival.

 Ce dimanche, le groupe et moi-même étions d’abord programmés à 00h00.

Je suis un artiste, j’ai l’expérience de la scène et sait que la programmation peut parfois être retardée. Passer une heure plus tard n’aurait pas donné lieu à un scandale.

C’est pourtant vers 23h45 seulement, alors que nous étions prêts à faire le show, qu’on vient nous prévenir que notre passage a été décalé à 4h du matin ! Mais en 40 années de carrière assidue, rien ne m’a jamais plus meurtri que l’idée de manquer une rencontre avec mon public ; où qu’il se trouve. Nous avons donc pris notre mal en patience et trompé l’attente en profitant de la magie des lieux de fête abidjanaise.

De retour sur le festival, en avance pour être à l’heure, comme toujours, on nous annonce encore un report : nous passerons finalement à 6 heures du matin.

 Sans surprise, à notre arrivée sur scène, décidés à célébrer cette musique que nous aimons tant, malgré tout ; la déception fut douloureuse. Imaginez ce public, mobilisé depuis la veille au soir, épuisé par une succession d’artistes les plus talentueux qui, au petit matin, et cela est naturel, commence à ressentir la fatigue et à déserter les lieux. Imaginez l’état de ces jeunes après une soirée enivrée par les basses et les percussions. Si vous pouvez le ressentir, imaginez encore l’état de fatigue qu’a dû combattre un homme de mon âge après des heures d’attente ; imaginez l’état de lassitude de mes musiciens et danseurs dont on a brutalement fait redescendre l’adrénaline à 3 reprises… Imaginez-nous, imaginez-moi, doyen des ambassadeurs de la musique africaine, affronter une poignée d’irréductibles clairsemés dans cet espace.

Moi, surplombant l’endroit et capable d’apercevoir le sol et tout cet air rempli par le vide. J’ai vécu cet épisode comme un manque de considération envers ma personne, mes musiciens, et en particulier envers mes fans qui en ont fait les frais. Ils sont les seuls à qui j’adresse mes excuses, bien qu’on ait choisi de me jeter en pâture.

Cette affaire n’en n’est pas une mais je vous devais ma version. Abidjan, nous aurons d’autres rendez-vous.

Vive la musique et vive l’Afrique.

Votre Mopao. »

Sandra Kohet

Source: Rfi