Sécurité et défense : L'Etat prépare des solutions fortes contre les dozos

Politique
Publié le Source : L'inter
securite-et-defense-l-etat-prepare-des-solutions-fortes-contre-les-dozos (Photo d'archives)

La question des chasseurs traditionnels ''Dozos'' était, le mardi dernier, au centre de la 16ème édition du déjeuner-débat mensuel initiée par l'Opération des nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

Selon une note d'information de l'Onuci, le sujet a été passé en revue par le directeur du cabinet du ministre de l'Intérieur, Bamba Cheikh Daniel, avec pour auditoire des représentants de partis politiques, de la société civile, des élus et des responsables en charge des questions de sécurité. M. Bamba a remercié l’Onuci d’avoir créé cette plate-forme qui permet d’échanger sur un projet devenu mature après moult soubresauts et après une tentative de réglementation et de mise en œuvre en 1999, suite au coup d’Etat. Plus d’une dizaine d’années plus tard, le problème se posant à nouveau avec acuité, M. Bamba y voit une alerte forte dont il faut débattre, soumettant à l’attention de l’auditoire une ébauche de propositions internes du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. «Je me suis rendu compte que les dozos sont diabolisés et que les gens ignorent l’historique de leur présence et ne se rendent pas compte qu’ils ont eux-mêmes laissé le phénomène prospérer. Aujourd’hui, on sent une envie d’aller vite et de régler ce problème rapidement. Mais, nous leur avons expliqué que ce n’est pas comme cela qu’il faut procéder ; qu’il faut la sensibilisation, l’information, une logistique importante dans le projet. Les dozos, dans l’identification et dans le processus de réintégration dans la société en vue, ont compris que l’Etat a pris la chose en main et qu’il y a des solutions fortes. Les échanges avec les participants ont été souvent vifs. Nous ne sommes pas en disharmonie, mais l’ensemble des intervenants de l’auditoire souhaitent que ce problème soit réglé avant les élections. Et nous sommes d’accord avec eux», a indiqué Bamba Check Daniel. «Tout le monde a retenu que ce problème est véritablement pris à bras le corps par le gouvernement et que les solutions qui sont envisagées, si elles sont rapidement mises en œuvre, peuvent conduire à des lendemains pacifiés au niveau électoral, surtout que les dozos sont preneurs. C’est avec beaucoup de discipline qu’ils ont accepté d’avoir un chef unique, une association unique. Cela les agrée mais c’est le financement qu’on attend maintenant pour démarrer», a-t-il ajouté.

Dans sa présentation, Bamba Cheikh Daniel a fait l’historique de la confrérie dozo et rappelé que celle-ci n’est pas propre à la Côte d’Ivoire. On la retrouve dans des pays comme la Guinée, le Sénégal, la Sierra Leone, le Mali, le Niger et le nord du Ghana. Si cette confrérie de chasseurs traditionnels avait pour vocation première l’apprentissage de la faune, de la flore, des plantes médicinales qu'on y adhérait par initiation, cela s’est finalement démocratisé, a-t-il expliqué. Par ailleurs, face à l’insuffisance de l’appui sécuritaire fourni par l’Etat, les dozos ont été invités ou se sont invités dans la sécurité des populations. Ils ont ainsi essaimé toute la Côte d’Ivoire, au-delà de leur région originelle qui est le nord, souvent utilisés à des fins politiques.

Pour sa part, le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies en Côte d'Ivoire, Arnauld Akodjénou a qualifié la question des dozos de "phénomène social préoccupant" et s'est félicité de ce que le gouvernement ivoirien soit décidé à le "gérer dans la transparence". « Nous avons un projet cohérent sur la table et les discussions seront engagées avec les autorités pour voir par quelle porte d'entrée nous pouvons le traduire dans sa réalité", a déclaré M. Akodjenou, toujours selon la note d'information de l'Onuci. Il a émis le vœu que ce projet soit soutenu par une bonne stratégie de communication avec tous les acteurs impliqués (les dozos, les structures compétentes de l’administration territoriale, les populations), aux fins d’en assurer l’efficience lors de sa mise en œuvre. L’Onuci reste aux côtés du gouvernement ivoirien pour mener à bout cette activité essentielle et dans le cadre de la réforme du secteur de sécurité et pour les populations, a conclu M. Akodjènou. Dans un rapport publié en décembre dernier, l'Onuci avait réclamé la fin de l'impunité pour les dozos, accusés de graves violations des droits de l'homme.

Cyrille DJEDJED

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