A deux semaines de l’arrivée du président français en Côte d’Ivoire

Michel Gbagbo : « Que François Hollande ne soit pas utilisé comme un trophée »

Politique
Publié le Source : L'inter
michel-gbagbo-que-francois-hollande-ne-soit-pas-utilise-comme-un-trophee « La confirmation des charges n’est pas une condamnation », a nuancé Michel Gbagbo, évoquant la situation judiciaire de l’ex-président. (Photo d'archives)

Le fils de l’ex-président, nouvellement promu à la direction du Front populaire ivoirien, était, samedi, l’invité spécial de la section des femmes de Yopougon, à la place CP1.

Michel Gbagbo a évoqué la prochaine visite de François Hollande en Côte d’Ivoire et a remonté le moral des ‘’troupes’’ dans le dossier « Laurent Gbagbo ». Il a demandé, s’agissant de Hollande, que sa venue, mi-juillet, sur les bords de la lagune Ebrié, ne soit pas utilisée« comme un trophée ». « Je n’aimerais pas, en tant qu’Ivoirien, que le président François Hollande soit utilisé comme un trophée. Pour dire : regardez, Hollande est venu ici, donc, on m’aime ! », a interpellé Michel Gbagbo, désormais secrétaire national chargé des prisonniers politiques au Fpi.

« Je souhaite que la visite du président François Hollande permette de poser tous les problèmes que nous avons ici », a renchéri le responsable politique. « Souvent, on nous dit : allez aux élections ! Dans quelles conditions, allons-nous aller aux élections ? Si on veut qu’on vote, il y a des conditions. J’espère que la visite de François Hollande va profiter à la France mais aussi à la Côte d’Ivoire », a fait valoir Michel Gbagbo.

Il intervenait en présence d’un représentant de Pascal Affi N’guessan, l’ancien ministre Alphonse Douati et de la patronne des femmes du Fpi, Marie-Odette Lorougnon. Sur le cas « Laurent Gbagbo », le fils a plaidé pour la mobilisation parce que l’ancien président, estimait-il, reviendra au pays. « Il faut rester toujours mobilisés parce que le président Gbagbo finira par revenir. La confirmation des charges n’est pas une condamnation. Une chose est sûre, à Yopougon, on est calé et on l’attend ! », s’est voulu optimiste l’ex-pensionnaire de la prison civile de Bouna.

Il a fait une critique sévère des tenants du pouvoir, dénonçant une précarité à bien des niveaux. Il a affirmé, dans une approche comparative, que Laurent Gbagbo était le « président des déshérités, des démunis ». « Il était le porte-voix des sans-voix, c’est pour cela qu’ils l’ont combattu. Mais, c’est pour cela qu’il va revenir. Parce que nous n’arrêterons jamais de parler du président Laurent Gbagbo. Et nous n’arrêterons jamais de dénoncer toutes les injustices en Côte d’Ivoire », a martelé le chargé des prisonniers politiques au Fpi. Il a assené : « On est fatigués !On est fatigués que des gens viennent vous arrêter à 4h du matin et demandent à votre famille de payer pour vous libérer ».

Alphonse Douati, vice-président du Fpi, n’a pas été davantage élogieux vis-à-vis du pouvoir. « La Côte d’Ivoire est mal gouvernée. Elle est mal gérée. Seul ne le voient pas ceux qui n’ont pas d’yeux », a dit Douati, ancien pensionnaire de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan. Il a accusé les autorités de faire de « la communication mystificatrice » plutôt que de « faire des choses réelles ». « Il faut que le peuple sache qu’il a à manger. Ce n’est pas tout qu’on met dans la communication », a décrié Alphonse Douati.

Il a, lui aussi, évoqué le cas « Laurent Gbagbo », demandant aux militants de « rester fidèles » à l’ancien président. « Autant rien ne vaut la lutte, autant rien ne vaut la fidélité. Nous devons rester fidèles au Front populaire ivoirien. Et nous devons rester fidèles à Laurent Gbagbo », a martelé l’ancien ministre de la Production animale et des ressources halieutiques.

Parlant de la nouvelle Commission électorale indépendante, Douati a réitéré la position de son parti : « Cette Cei-là, nous n’en voulons pas. Tant qu’elle n’a pas changé, nous n’en voulons pas ». Le Fpi reproche la « surreprésentation » du pouvoir au sein de la Cei ; ce que contestent les autorités. La secrétaire fédérale de l’Organisation des femmes du Fpi à Yopougon, Zahia Berthe Eulalie, avait signifié, en début de meeting, que les « braves dames » de sa structure avaient décidé de « vaincre la peur et de continuer la lutte car Laurent Gbagbo est en prison ».

Kisselminan COULIBALY

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites