Marcory

Site de regroupement Egs des ex-combattants : Descente musclée des hommes de Wattao à Egs

Politique
Publié le Source : Soir info
site-de-regroupement-egs-des-ex-combattants-descente-musclee-des-hommes-de-wattao-a-egs L'élément battu par les «assaillants» a été dépossédé de tous ses biens (Ph : DR)

On a frôlé le pire hier lundi 21 juillet 2014 entre militaires. Un affrontement qui aurait pu être lourd de conséquence entre des hommes en tenue, a été évité, ce lundi 21 juillet, sur le site de regroupement des ex-combattants (Egs) dans la commune de Marcory.

En effet, des éléments de la garde rapprochée du colonel Issiaka Ouattara dit Wattao, selon nos sources sur place et des témoins, ont conduit une expédition musclée sur ce site avant de bloquer l'entrée du camp, battu et désarmé un élément qui voulait y entrer. Non sans avoir tiré un coup de feu entre ses jambes. De quoi s'agit-il ? Ce matin du lundi 21 juillet 2014, nous sommes en compagnie de plusieurs confrères sur le site de regroupement des ex-combattants (Egs), dans la commune de Marcory. Nous y avons été invités pour couvrir une visite des lieux que devait effectuer le général Soumahoro Gaoussou, commandant des Forces terrestres (ComTer).

L'autorité militaire devait sensibiliser les ex-combattants, comme il l'a déjà fait dans des casernes militaires et des sites de regroupement des ex-combattants, à travers le pays. Aussi, devait-il présenter officiellement le lieutenant Tuo Souleymane comme le nouveau responsable de ce lieu. C'est donc au moment où les responsables du site et les journalistes attendaient l'arrivée du ComTer, que l'on est surpris par une détonation provenant du côté de l'entrée de la caserne. Un coup de feu tiré à partir d'une arme de guerre. Dès lors, nous cherchons à nous abriter derrière les bâtiments, à l'intérieur du camp.

Quant aux éléments de Egs, ils se mettent en ordre de bataille. Mais très vite, ils sont freinés dans leur élan par le Lieutenant Tuo Souleymane qui leur demande de ne pas riposter. Ordre que ceux-ci respectent. Dehors, l'on aperçoit des hommes en tenue militaire affectée aux éléments de la Grade Républicaine (Gr) et coiffés de bérets rouges. Ils sont arrivés, tous avec des armes de guerre à bord de deux véhicules Acmat peints aux couleurs de la Gr dont un est monté de 12-7. « Ils barrent la voie avec des pneus usés, bloquant ainsi l'entrée du camp. C'est au même moment qu'un élément du camp Egs arrive à bord d'un véhicule particulier. Il est sommé de retourner par les hommes en tenue. Devant le refus de ce dernier de leur obéir, les soldats l'obligent à descendre de la voiture avant de lui faire passer un mauvais quart d'heure en le bastonnant avant de lui arracher son arme, une kalachnikov, sa voiture et d'autres biens qu'il avait en sa possession.

Après un peu plus de 20 minutes sans avoir la moindre riposte des éléments de Egs, les soldats aux bérets rouges mettent le voile. Après leur départ, l'on apprendra qu'il s'agissait des éléments de la garde rapprochée du colonel Wattao. Que voulaient-ils ? A cette question, le lieutenant Tuo Soulemane répond : « Je suis moi-même surpris. Je ne sais pas ce qu'ils veulent. Peut-être qu'ils ne veulent pas que le ComTer arrive ici. Sinon, je ne vois pas pourquoi ils bloquent l'entrée ».

Pour vérifier l'appartenance de ces hommes armés à la garde rapprochée du colonel Wattao, nous avons joint son service de communication. Le nommé Eddie, le chargé de ce service nous apprend que le colonel n'a rien à voir, ni de près, ni de loin avec cette affaire. Il serait même encore au lit. (un peu plus de 10h). « Ce sont des ex-combattants non gradés qui manifestent pour protester contre le fait que la hiérarchie nomme un lieutenant comme leur responsable alors qu'il y a des colonels dans le camp », a-t-il confié. Au moment où nous quittions les lieux aux environs de 11h, la cérémonie a été annulée et les responsables du camp Egs recevaient des émissaires du ministère de la défense. Il s'agissait de cerner les contours de cette affaire.

FOFANA Mambé

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Fofana Mambé
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