A 12 mois des élections : Près de 30.000 ex-combattants non encore désarmés

Politique
Publié le Source : L'inter
a-12-mois-des-elections-pres-de-30-000-ex-combattants-non-encore-desarmes Le ministre Paul Koffi Koffi, lors de son allocution en présence de la patronne de l'Onuci et le Dg de l'Addr

Août 2012-novembre 2014, voilà plus de deux ans que l'Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réintégration des Ex-combattants (Addr) a démarré ses activités opérationnelles.

Elle a décidé de marquer une halte et d'apprécier le chemin parcouru. Au cours d'un séminaire sur deux jours, qui a débuté hier, mardi, à l'espace Latrille Events de Cocody, cette structure dirigée par Fidèle Sarassoro a fait son bilan. Il ressort que sur un effectif de 74.068 ex-combattants identifiés, 44. 493 ont été réinsérés, soit 60%, au 3 novembre 2014.

29.575 ex-combattants, soit 40% reste encore à désarmer à 12 mois des échéances électorales à venir. 18.261 armements et 819.192 munitions de petits calibres ont été également collectés par l'Addr.

L'Etat de Côte d'Ivoire a contribué pour près de 53% au budget de financement 2014-2015 de l'Addr qui s'élève globalement à 92 719 718 846 F Cfa. Dans sa présentation sur le Ddr et le contexte sécuritaire en Côte d'Ivoire, le ministre auprès du président de la République en charge de la Défense, Paul Koffi Koffi a félicité les acteurs pour les avancées constatés avant d'inviter à plus d'actions avant juin 2015 (date prévue pour la fin du processus). «Sur 74.000 ex-combattants, 44 000 ont été réinsérés. Plus de 28.000 armes ont été collectés. Cela traduit l'efficacité du programme de ressocialisation. Beaucoup reste à faire. Il faut travailler dans une perspective de durabilité. L'espoir est permis pour ces jeunes. Il faut élargir la question de la réintégration des ex-combattants démobilisés et entrevoir d'une façon générale, la question d'emplois des jeunes. Le président de la République a souhaité que les partenaires techniques et financiers continuent de soutenir ce programme pour que d'ici à l'année prochaine on aille au bout du processus», a déclaré le ministre.

«Le Ddr a des effets positifs sur l'environnement national. Il crée un climat favorable à la réconciliation nationale. Il entraîne une baisse considérable de l'indice de sécurité et un manque de risque de violence armée», ajouté le membre du gouvernement, qui, par la suite, a révélé que l'indice de sécurité est passé de 3,2 en 2012 à 1,16 en 2014.

Après lui, le directeur général de l'Addr, Fidèle Sarassoro, a dit toute la fierté pour la Côte d’Ivoire et pour l’Institution qu’il dirige, d’accueillir le parterre d’invités de marque, d’experts d’ici et d’ailleurs, d’autorités socio-administratives, de leaders politiques et de diplomates, tous intéressées par les questions du désarmement et de la resocialisation des ex-combattants ivoiriens. «Le Ddr est un processus complexe qui, outre sa dimension sécuritaire évidente, présente aussi des dimensions politiques et socio-économiques complexes qui exigent beaucoup d'humilité de la part des animateurs du processus, car les résultats ne sont jamais des acquis définitifs. Ceux-ci ont toujours besoin d'être surveillés, renforcés et consolidés», a-t-il ajouté.

Ce séminaire, qui a pour thème: ''Désarmement, démobilisation et réintégration des ex-combattants, l'expérience de la Côte d'Ivoire: bilan, enjeux et perspectives'' sera suivi le 6 novembre, d'une journée de "visites" de terrain sur le désarmement, la resocialisation et la formation à Bouaké.

Aïchatou Mindaoudou: «Il serait difficile de parler d'émergence sans Ddr»

Appuyant l'Addr depuis 2012, l'Opération des nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) était représentée à ce séminaire par sa patronne, Mme Aichatou Mindaoudou. Elle a profité de cette tribune pour réitérer l'engagement de l'Onuci auprès des autorités nationales pour la réussite du Ddr en Côte d'Ivoire. Parce que, dit-elle, il ne peut y avoir de paix durable sans sécurité.

La représentante spéciale du Secrétaire général de l'Onu a indiqué que la question du Ddr reste au cœur de la problématique sécurité / développement qui caractérise la relance économique de la Côte d'Ivoire. C'est dans ce sens qu'elle fait savoir que «sans un traitement complet de cette problématique, il serait difficile de parler de développement durable et d'émergence à l'horizon 2020». «Nous devrons, par conséquent, unir nos forces, mutualiser nos ressources, tirer les leçons du passé et des bonnes pratiques d'autres pays pour mener à bien le programme ivoirien de Ddr et contribuer à la stabilité, à la paix durable et au développement du pays», a-t-elle ajouté.

A près de 12 mois des prochaines échéances électorales, l'émissaire de Ban Ki moon en Côte d'Ivoire a également interpellé les tenants du pouvoir actuel sur l'importance de la question du Ddr. «Comme on s'achemine vers les élections présidentielles en 2015, il est important de consolider et de renforcer les efforts du gouvernement de manière à créer les conditions d'une situation sécuritaire plus calme et plus rassurante pour tous», a-t-elle indiqué. Malgré tout, la patronne de l'Onuci s'est dit confiante, car l'Addr, qui contribue à cet objectif, réussira son pari.

Cyrille DJEDJED

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