Malaise dans l’armée ivoirienne : Voici les nouvelles bombes qui menacent le pouvoir Ouattara

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malaise-dans-l-armee-ivoirienne-voici-les-nouvelles-bombes-qui-menacent-le-pouvoir-ouattara Tous les problèmes des combattants n’ont pas été portés au Président Ouattara, pour des ‘’solutions globales’’. (Photo d'archives pour illustrer l'article)
Politique

Le président de la République, Alassane Ouattara, ne veut plus de soulèvement au sein des forces armées, suscitant des troubles à l’ordre public.

Et, il l’a signifié clairement jeudi dernier, lors de la rencontre qu’il a accordée aux militaires frondeurs. «Que d’autres ne rentrent pas dans la danse», avait-il mis en garde. Mais, cet avertissement risque de ne pas prospérer tant le malaise dans l’armée est profond. Et tout n’a pas été dit au chef suprême des armées, de sorte à lui permettre de sortir des ‘’solutions globales’’ pour éviter de nouvelles grognes.

Si l’on en croit des sources bien introduites, les motifs de rappel de solde, de stage et d’avancement invoqués pour justifier le soulèvement du mardi 18 novembre dernier ne sont pas les seuls problèmes qui minent l’armée. D’autres non moins importants restent pendants et constituent de nouvelles ‘’bombes’’ dont l’implosion semble même imminente. Il s’agit notamment de l’absence de matricule et de solde pour 1.600 éléments des Forces républicaines qui tiennent actuellement « des positions stratégiques du pays », et les 30.000 ex-combattants restants encore à insérer.

Au titre de la première ‘’bombe’’, nos sources avancent que les concernés étaient au nombre de 1812. Ce contingent a été réduit de 212 éléments en poste actuellement au Ccdo. Ceux-ci ont eu la chance, après le changement de commandement et le départ d’Issiaka Ouattara (Wattao), d’être intégrés dans cette unité spéciale où ils servent avec matricule et solde. «Ces 212 Frci affectés dans les rangs du Ccdo sont maintenant pris en compte au niveau de la solde et sont même à la disposition du commandant des opérations terrestres (Com-terre)», a indiqué notre source, non sans déplorer que la mesure n’ait pas touché l’ensemble des FRCI intégrés et affectés dans des positions stratégiques. Ainsi, il en reste actuellement 1600 sans matricule et sans solde. «C’est une injustice qui nous est faite et le moment venu, nous allons nous faire entendre. Le Ccdo n’est pas différent des positions stratégiques et sensibles du pays que nous tenons. C’est du deux poids deux mesures que nous ne saurions accepter plus longtemps», ont menacé des concernés.

A côté de cette ‘’bombe’’, l’on relève l’épineux problème de la réinsertion des ex-combattants. Sur ce point, notre source est formelle : 30.000 ex-combattants restent encore dans la nature. Et plusieurs d'entre eux se seraient même trouvé une nouvelle vocation. Celle de coupeur de route. «Les différents accords fixent le nombre d’ex-combattants à réintégrer à 35.000 personnes. Comment se fait-il qu’il en reste encore 30.000 à réinsérer, alors qu’on dit que la grande masse a été intégrée dans les régies financières, dans les corps des gardes pénitentiaires, des douanes et des eaux et forêts ? La vérité est que les commandants de zone et de secteurs ont laissé leurs éléments pour n’intégrer que leurs proches dont des parents, des maîtresses et copines. Les éléments ont été laissés pour compte pendant que ceux qui n’ont jamais combattu ont été insérés à leur place. Là, c’est une autre bombe qu'il faudra désamorcer», a précisé notre source. Mais, le pouvoir, soucieux d’éviter de nouveaux soulèvements susceptibles de gêner le processus de construction de l’Emergence, y arrivera-t-il ? Wait and see…

Pour régler toutes ces questions pendantes et brûlantes, le Chef d’état major des armées le Général Soumaila Bakayoko a décidé de monter au créneau. Sauf changement, il entend faire le grand déballage aujourd’hui lors d’une rencontre avec la presse au camp Galliéni et sortir ‘’ses solutions’’ afin que l’armée redevienne ‘’la grande muette’’.

Traoré Tié

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