Face aux populations de Sinfra

Charles Konan Banny, candidat aux élections présidentielles: «Je sens mon pays en danger»

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charles-konan-banny-candidat-aux-elections-presidentielles-je-sens-mon-pays-en-danger (Photo d'archives)
Politique

Le lundi 23 février dernier, après sa rencontre avec le comité de médiation commis par le président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié, le Premier ministre Charles Konan Banny s’est rendu dans son village, à Yamoussoukro, où il a reçu en audience privée une forte délégation des chefs traditionnels Baoulé du département de Sinfra, des secrétaires généraux, les chefs Baoulé et la jeunesse de Kononfla.

Ces populations se sont déplacées pour exprimer leur adhésion à la candidature déclarée aux élections présidentielles de 2015, de l'ex-président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr). «Nous voulons échanger avec vous sur l’actualité. Nous sommes venus vous demander d’être notre candidat à l’élection présidentielle de 2015. Oui, nous voulons que vous soyez le candidat du Pdci-Rda à cause de votre combat pour la préservation de notre parti tel que notre père Houphouët l’a créé. Nous comptons sur vous, et le peuple de Côte d’Ivoire a les regards tournés vers vous. Excellence, nous sommes venus vous écouter», a déclaré M. Loukou Kouakou Antoine, chef central des Baoulé de Sinfra.

Prenant la parole à la suite de ses hôtes, M. Charles Konan Banny s'est réjoui de la forte mobilisation des communautés venues le rencontrer. Pour lui, cette mobilisation symbolise l'attachement de ces populations aux idéaux du Pdci-Rda.C'est pourquoi il a tenu à partager avec eux et tous les Ivoiriens, les sentiments qui l'animent relativement à l'ambition qu'il nourrit. «Chers compatriotes, l’heure est grave. Ivoiriens et Ivoiriennes, militants et militantes du Pdci-Rda, je sens mon pays en danger. Depuis le combat contre l’exploitation des planteurs africains et le travail forcé, Félix Houphouët-Boigny n’a jamais aliéné le Pdci-Rda. Ce ne sont pas nous, disciples et héritiers, qui allons réussir cela. Le Pdci-Rda est l’héritage que notre père Houphouët nous a légué. Nous n’avons pas le droit de le brader au premier venu. Et il nous appartient à nous tous de combattre l’imposture».

Présentant le Pdci-Rda comme le fruit du sang des parents et des descendants ''intrépides'' qu'ils ont laissé, il exhorte les uns et les autres à répondre à son appel pour le défendre. C'est en ce sens qu'il explique sa candidature, à la suite de l'option qu'a prise le président du parti, Konan Bédié, depuis Daoukro, le 17 septembre 2014. «J’ai déclaré ma candidature pour préserver l’héritable de Félix Houphouët-Boigny et pour une Côte d’Ivoire réconciliée. Pour échanger sur l’actualité de notre pays, il faut être ensemble, parce que nous sommes du même pays. Vous êtes la force vive, l’avenir de ce pays. (…). Les Ivoiriens veulent se sentir bien chez eux en Côte d’Ivoire, et ça, c’est immatériel. Ils veulent se sentir ensemble dans leur différence et leur diversité ethnique, politique et régionale. La Côte d’Ivoire a une jeunesse qui a besoin d’être mise au travail. Les femmes sont très actives. Je suis candidat pour vous. Je ne veux pas que la Côte d’Ivoire tombe dans des mains inexpertes. Donnez-moi 5 ans pour que je vous prépare à prendre le relais».

A propos, Charles Konan Banny a émis une série d'interrogations sur ce qui a bien pu guider le président Bédié pour qu'il dénie tout droit de candidature à un cadre de son parti aux élections d'octobre prochain. «Comment peut-on comprendre que le président Bédié, lui-même, qui est une émanation du congrès du Pdci, décide que le parti historique, le parti le plus vieux après l’Anc, le parti qui a libéré la Côte d’Ivoire, le parti dans lequel l’immense majorité des Ivoiriens se reconnaissent, le parti où tous ont milité, n’ait pas de candidat à cette élection présidentielle de 2015? Comment peut-on comprendre que lui tout seul prenne le contre-pied du congrès de ce parti et décide que ce parti-là ne doit pas avoir son propre candidat à la reine des élections en Côte d’Ivoire? Comment M. Bédié peut-il prendre sur lui d’empêcher une candidature, encore mieux que le candidat d’un parti concurrent soit le candidat de notre parti? Je cherche à être convaincu».

L'ancien gouverneur de la Bceao a souligné qu'il n’accepte ni le «renoncement» ni «l’abandon». Il a admis comme un honneur que les opposants à l'appel de Daoukro soit traités d'''irréductibles''. Une appellation qu'il ne trouve pas dévalorisante en soi. «On me dit ‘’ce sont les irréductibles’’, ‘’à bon entendeur salut’’. Quel hommage l’on me fait là. C’est un bel hommage d’être appelé irréductible», a déclaré le natif de Morofé, qui a profité de l'occasion pour donner des nouvelles sur le front en préparation avec les autres candidats déclarés du Pdci-Rda. «En ce moment, l’appel que j’ai lancé à l’endroit de mes camarades candidats du Pdci, MM. Essy Amara, Kablan Brou et Kouadio Konan Bertin, me donne déjà des satisfactions quant à mon objectif de rassembler les enfants d’Houphouët autour d’une table pour échanger sur la question de la survie de notre héritage. Ces prémices de rassemblement et cohésion me rassure. Nous avons entrepris de nous rencontrer régulièrement pour harmoniser les points de vue», a annoncé M. Banny, qui dit être engagé pour qu'une «équipe» dirige la Côte d'Ivoire. «Je vais m’y atteler», insistera-t-il.

F.D.BONY

Source: Sercom

Félix D. Bony
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