Audition de Odette Lorougnon au palais de justice: C'était chaud hier, au Plateau

Politique
Publié le Source : L'inter
audition-de-odette-lorougnon-au-palais-de-justice-c-etait-chaud-hier-au-plateau Les policiers chassant les militants du Fpi du palais de justice d'Abidjan. (Photo: Diom Celest)

Le palais de justice d'Abidjan-Plateau a connu une ambiance particulièrement surchauffée hier mardi 7 mars 2015, entre 11h 50 et 13h. L'audition de Marie-Odette Lorougnon, une dignitaire du Front populaire ivoirien, qui s'y tenait, en a été la cause.

Quelques dizaines de militants de son parti, venus lui apporter leur soutien, ont été gazés, poursuivis et arrêtés par les forces de l'ordre. D'autres ont été brutalisés, à l'image d'une dame qui se tordait de douleurs, le haut du vêtement mis en lambeaux, des égratignures sur les pieds et le bras droit. Les autres usagers du tribunal d'Abidjan, les vendeurs et les transporteurs dans les environs, ont dû subir les conséquences de la répression contre les partisans de Laurent Gbagbo engagée par les policiers. Ils n'ont pas été épargnés par le gaz lacrymogène largué par les forces de l'ordre pour disperser la foule. Les artères qui mènent au tribunal sont restées coupées et les automobilistes sommés de faire demi-tour.

Dans les gazons près du marché du Centre de commerce international d'Abidjan (Ccia) qui abrite les services de la Banque africaine de développement (Bad), des militants et des policiers se tiraillent. Les forces de l'ordre appellent du renfort. Pour dissuader les manifestants, un tir de lacrymogène part d'un agent, tonnant dans le ciel comme une bombe larguée sous la chaleur ardente du soleil de plomb. Les policiers accourent à l'aide de leurs camarades. Un militant est pris et jeté dans un des cargos. Plusieurs autres sont arrêtés par la suite. Après ces moments de tension, le calme revient dans les environs du palais de justice. Les choses se remettent en ordre. Tout fonctionne désormais comme si rien ne s'était passé. Dans la même ambiance que dans la matinée, où tout était calme après l'arrivée de Marie-Odette Lorougnon à 9h, de la préfecture de police où elle a passé le week-end pascal, depuis son arrestation devant le siège du quotidien Notre Voie. Malgré la présence des pro-Gbagbo dans la salle des ''Pas perdus'' du palais, le silence était d'ordinaire, au point où des usagers du tribunal se demandaient bien ce qui se passait dans le prétoire, quand l'atmosphère a commencé à se chauffer, vers midi.

À notre arrivée sur les lieux, vers 11h, les militants du Fpi du camp des opposants à Affi N'guessan, les parents et amis de Marie-Odette Lorougnon, étaient déjà là. Parmi eux, Tiédé Jean Gervais, Dahi Nestor et bien d'autres responsables du parti. Debout, assis ou couchés, par petits groupes, ils attendent impatiemment la fin de l'audition de l'ex-députée d'Attécoubé. Pour la circonstance, les forces de l'ordre sont fortement mobilisées. Le commandant de la sécurité du palais, l'adjudant Koffi K. Emmanuel et le commissaire Kouadio Amadou de la Brigade anti-émeute (Bae), veillent au grain. Ils placent et replacent leurs éléments. Il faut éviter tout débordement et tout attroupement, même dans la cour du palais. Après quelques consignes, les deux chefs de corps et leurs éléments font irruption dans la salle des ''Pas perdus'', demandant à la foule d'évacuer. C'est en ce moment que tout dégénère.

Face à l'injonction de quitter les lieux, les militants du Fpi entonnent à l'unisson l'Abidjanaise, l'hymne au terme duquel ils scandent: «libérez», «libérez». Puis une autre Abidjanaise, et encore une autre, aux intermèdes de «libérez Lorougnon», «libérez Lorougnon», «Gbagbo», «Gbagbo» et des huées. La police décide alors d'utiliser la manière forte pour faire sortir les partisans de Gbagbo. Du gaz lacrymogène dégoupillé dans la salle des ''Pas perdus'' fait son effet. Malgré leur résistance et railleries, la police parviendra à vider la salle et disperser les militants du Fpi loin du palais de justice, au delà de la cité administrative. Aux dernières nouvelles, après leurs auditions, Marie-Odette Lorougnon et ses 5 camarades interpellés ont été inculpés pour trouble à l'ordre public et ramenés à la préfecture de police, leur lieu de détention.

César DJEDJE MEL

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites

César DJEDJE MEL
Voir ses articles