Conférence régionale du Fpi/ Marcel Gossio: «Si on ne va pas aux élections, notre parti va disparaître»

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conference-regionale-du-fpi-marcel-gossio-si-on-ne-va-pas-aux-elections-notre-parti-va-disparaitre (Photo d'archives)
Politique

Après Bangolo fin avril dernier, Marcel Gossio était le samedi 9 mai au centre pilote des jeunes de Port-Bouët, dans le cadre des conférences régionales initiées par le Fpi.

Quatre bâches étaient dressés pour l’événement. En compagnie de Diabaté Bêh, l'ancien directeur général du Port d'Abidjan a éclairé les militants du Fpi. Dans son exposé liminaire, M. Gossio a égrené les différentes péripéties de la crise née, selon lui, de la volonté ‘’des frondeurs’’ de faire partir Affi N’guessan de la tête du Fpi. Et ce, en violation des textes du parti, précise-t-il.

M. Gossio a soutenu que toute personne qui en a les capacités peut diriger le Fpi, à condition que cela se passe dans les règles de l’art, c’est-à-dire par l’organisation d’un congrès conformément aux statuts et règlement intérieur du parti. «Nous ne pouvons pas abandonner nos militants. Notre rôle est d'aller vers eux pour expliquer ce qui se passe et recueillir leurs avis», a-t-il dit. «La crise au Fpi est une crise de positionnement, c'est-à-dire une lutte pour contrôler le parti après Laurent Gbagbo. Au lieu d'aller aux élections, on se bat pour enlever celui qui est là, mais de façon non démocratique. Tout ce qu'on vous raconte, ce n'est que de l'habillage. C'est ôte-toi pour que je m'asseye, parce que tu ne me plais pas. C'est un problème de contrôle du parti. Mais, pour le faire, il faut te conformer aux règles. Arrêtez la comédie», a-t-il indiqué.

L’actuel vice-président chargé de la coordination des actions de libération de Gbagbo a fait une confession de foi sur ses «liens solides» avec son «maître» et son «grand frère», Laurent Gbagbo. Marcel Gossio s’est inscrit en faux contre les allégations de trahison. Pour lui, ce sont des rumeurs, fruit du choc des ambitions et du combat de positionnement au Fpi. Il a donc contre-attaqué ses détracteurs en ces termes : « Moi Gossio contre Gbagbo ? C’est le monde à l’envers! Quand les bombes pleuvaient, où étaient ceux qui parlent aujourd’hui? Moi Gossio, j’étais à la résidence. J’étais à Port-Bouët quand Gbagbo m’a appelé et je suis parti. Il m’a dit: ''ah, toi au moins tu ne m’as pas abandonné. J’ai servi loyalement mon maître et mon grand frère. J’ai donné une dimension au port d’Abidjan. Là où il est, il sait que je ne peux pas le trahir. Certains sont allés jusqu'à dire que si on le garde en prison, c’est son destin. Voulez-vous qu’on suive des gens comme ça?» En tirant les conclusions générales de cette rencontre, il n’a pas manqué d’appeler les militants du Fpi à se préparer à aller aux élections et à quitter les théories. «Notre chef est un grand visionnaire, nous devons nous inscrire dans ce qu'il nous a enseigné. Gbagbo n'est pas un homme de guerre, mais un homme de paix, un homme de dialogue sans compromission. Il faut rassembler toute la famille. Ce qui nous unit au Fpi est plus fort que ce qui nous divise momentanément. Pour cela, nous devons aller à l'essentiel, c'est-à-dire aller aux élections, battre Ouattara et revenir au pouvoir. Si on ne va pas aux élections, notre parti va disparaître», a-t-il indiqué.

Nommé récemment vice-président pour coordonner ''les actions pour la libération'' de Gbagbo, Marcel Gossio a fait savoir qu'il fera tout pour que Gbagbo revienne. «Pour cela, nous devons conjuguer nos efforts. Nous devons aller aux élections, nous devons nous organiser, proposer aux Ivoiriens un nouveau contrat. Ça ne sert à rien de dire ''Gbagbo ou rien'' et s'asseoir pour regarder vers la Haye. Ce n'est pas celui qui est en prison qui se libèrent. C'est ceux qui sont dehors qui le libère. Le dossier de Gbagbo est vide, c'est un dossier politique», a-t-il souligné.

Cyrille DJEDJED

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