Présidentielle 2015, Ces…: Anaky revient et règle ses comptes avec Ouattara

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presidentielle-2015-ces-anaky-revient-et-regle-ses-comptes-avec-ouattara Anaky Kobena n'a pas été tendre avec Alassane Ouattara, son allié (Photo d'archives)
Politique

Ceux qui le croyaient mort politiquement, vont devoir encore compter avec Anaky Kobena après sa sortie médiatique le vendredi 5 juin 2015.

Au cours d'une rencontre avec la presse au nouveau siège de son parti, sis à la Riviera 3, il a encore revendiqué la présidence du Mouvement des forces d'avenir (Mfa). C'est donc en qualité de leader du Mfa qu'il a commenté l'actualité politique, en marge du conclave que tenaient, ce jour-même, les délégués régionaux et communaux de son parti. C'est un Anaky, visiblement remonté voire déchaîné contre Alassane Ouattara, qui a évoqué tour à tour la question de l'éligibilité du candidat du Rhdp à la prochaine présidentielle, sa destitution par ses anciens compagnons, sa nomination au Conseil économique et social( CES).

Invité à se prononcer sur le scrutin présidentiel à venir, il a estimé que la candidature de Ouattara pose problème, au regard de l'article 35 de la constitution. « Nous demandons que la constitution soit observée de manière rigoureuse et stricte(…) La candidature d'Alassane Ouattara ne passe pas par rapport à l'article 35, notamment en son passage qui stipule qu'il ne faut pas s'être prévalu d'une autre nationalité », a soutenu Anaky. Selon lui, l'article 35 est une « condition rédhibitoire » pour la candidature du chef de l’État. « C'est un grand problème pour la Côte d'Ivoire au point qu'un grand constitutionnaliste comme Francis Wodié a préféré se retirer », a encore commenté le désormais ex-allié de Ouattara. Pour lui, l'on ne saurait invoquer une quelconque jurisprudence en la matière. « En droit constitutionnel, il n'y a pas de jurisprudence. Le fait qu'il ait été président n'efface rien... », a encore asséné celui qui se réclame encore président du Mfa. Anaky en a déduit que cette question de l'éligibilité de Ouattara pourrait conduire au blocage du processus électoral.

Prédisant un tel scénario, il a appelé d'ores et déjà à une transition politique. En tout état de cause, le transitaire a estimé que les conditions pour une élection paisible sont « compromises ». Il en veut pour preuve la non-indépendance de la commission électorale indépendante, le problème de l'éligibilité de Ouattara, la question du désarmement des ex-combattants non encore résolue. Autant de facteurs qui l'ont amené à dire que « nous allons à des élections à risques ». Sa nomination au Conseil économique et social( CES), Anaky en a dit un mot. Pour lui, c'est un non-événement. « Quand j'ai appris que j'étais nommé au Conseil économique et social, je n'ai pas sauté de joie, ça ne m'a rien dit du tout », a lâché l'ex-député de Kouassidatékro. Et pour cause, a-t-il expliqué, il avait été dit que chaque leader des partis politiques membres du Rhdp devait être soit ministre d’État soit président d'institution.

Anaky est également revenu sur les 50 millions de Fcfa qu'il aurait reçus du chef de l’État au mois de février de cette année. Il a admis avoir effectivement reçu cet argent de la part du président Ouattara, lequel le lui a remis pour faire fonctionner son parti. « 50 millions Fcfa au Mfa, qui a contribué à la naissance du Rhdp, c'est de la foutaise ! », a-t-il martelé, chargeant au passage tous ceux qui ont manœuvré en vue de l'éjecter de son parti. « On a voulu casser du Mfa, on y arrivera pas », a lancé fièrement Anaky. Il s'est amusé de l'initiative du groupe de Anzoumana Moutayé, qui prétend l'avoir destitué et siège au Rhdp au titre du Mfa. « C'est une comédie totale. Je tiens à ce que vous disiez haut et fort qu'on n'a pas arraché le Mfa à Anaky », a-t-il chargé ses compagnons d'hier. Et d'ajouter : « Ceux qui étaient à la convention d'investiture du candidat du Rhdp, ce n'est pas le Mfa. Nous avons intenté une action en justice ; ils ne pourront plus utiliser le nom ni le logo du Mfa ».

Pour le reste, Anaky a confirmé son divorce d'avec le Rhdp et salué la naissance de la coalition nationale pour le changement, tout en appelant à la mise sur pied d'une nouvelle coalition, qui sera le pendant du Rhdp.

Assane NIADA

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