Banny ''vend'' son programme et attaque Ouattara: «Un coup K.O est une illusion »

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banny-vend-son-programme-et-attaque-ouattara-un-coup-k-o-est-une-illusion Charles Konan Banny, qui avait à ses côtés son frère aîné, le ministre Jean Konan Banny et son Dnc, le Pr Dion Simplice, a livré sa vision pour la Côte d'Ivoire
Politique

Charles Konan Banny se présente aux élections du 25 octobre avec un programme baptisé « Pour un nouveau pacte de confiance dans une Côte d'Ivoire rassemblée ».

Il en a décliné les grandes orientations mercredi 14 octobre, dans un hôtel sis à Cocody-Riviéra. Celles-ci concernent tous les segments de la vie du pays. Notamment l'économie, l'armée, la justice, la diplomatie, la culture, etc. Face à des acteurs de diverses entités des forces sociales, dont des leaders du monde associatif et syndical triés sur le volet pour la circonstance, l'orateur a déclaré avoir ainsi intitulé son projet pour son pays pour deux raisons : l'unité nationale et la construction de la société ivoirienne, qui, selon lui, sont des préceptes houphouétiens abandonnés par ceux qui proclament être ses héritiers. « Je veux les mettre en œuvre dans l'espoir de conduire par ce biais, mes compatriotes vers de nouveaux horizons radieux », a-t-il confié. Puis de soutenir que les affrontements de la crise post-électorale ont provoqué l'effondrement de tous les acquis et ont achevé la rupture de la cohésion sociale. Mais, que la réconciliation nationale qui devrait recoller les ''morceaux'' n'a pas été menée, déplore-t-il, «dans un climat de sérénité et de sincérité ». «De nombreux Ivoiriens sont encore en exil, la rigueur de la justice vise un seul camp et une politique de préférence ethnique dite ''rattrapage'' s'est substituée au mérite. A la veille des élections, la Côte d'Ivoire est au creux de la vague. Elles est profondément déprimée avec le népotisme, le rattrapage, la corruption et la patrimoinisation des derniers publics. Je vais mettre fin à tout cela », a-t-il déclaré. Puis d'ajouter que naguère terre de liberté et de fraternité, son pays est devenu un Etat de non-droit où la justice est inéquitable. «L'insécurité y est omniprésente. L'incivisme est généralisé. Le système de santé est défaillant. La politique sociale est en berne. L'emploi est devenu son tendon d'Achille. Le logement des citoyens demeure une aspiration non réalisée. Avec un tel bilan, un coup K.O est une illusion», a-t-il apprécié. Dans son programme à deux volets avec 12 engagements, dont la suppression du péage, le transfert effectif de la capitale à Yamoussoukro et la construction d'hôpitaux spéciaux à la place «de cabinets de soins», l'ex-Premier ministre prévoit, au titre de la gouvernance civique, des actions incitatives pour une reconversion des mentalités. Concernant la gouvernance politique, il propose des modes d'association au pouvoir qui, tout en reconnaissant le vainqueur, n'écartent pas le vaincu. « Nous ne devons pas attendre toujours que des crises graves surgissent pour envisager des réponses destinées à maintenir la paix civile », a-t-il justifié. Au titre de sa politique économique, il entend donner jour au libéralisme social, c'est-à-dire une économie libérale qui place le citoyen, sa dignité et son bien-être au centre de ses finalités. «La société ivoirienne ne peut pas renaître sous la même forme que celle de l'ère du président Houphouet-Boigny, sans que nous n'éradiquions d'abord les germes de défiance qui ont proliféré pendant les deux décennies après son décès. La confiance renaîtra lorsque les Ivoiriens seront convaincus que la Côte d'Ivoire est la somme de toutes les sensibilités qui la composent et que l'exclusion sous toutes ses formes ne peut avoir cours sur leur sol », a-t-il clamé.

Sa réplique à Aboudrahame Sangaré

Notons que lors des échanges avec la presse, il s'est prononcé sur la position de la tendance du Fpi pilotée par Aboudrahamane Sangaré. Laquelle rejetait sa candidature unique au compte de la Cnc (Coalition nationale pour le changementà. « Je ne suis pas du Fpi. Je suis Pdci et on ne mélange pas mes calculs. C'est le peuple que je calcule. Ma candidature va au-delà des calculs politiques, des opinions politiques. J'incarne un espoir de changement. Les conditions des élections ne sont pas justes et républicaines. Mais, je reste dans le système pour le dénoncer. Je reste candidat pour faire changer les conditions de l'élection afin qu'aucune machination technique ne vole le choix du peuple. Je reste dans le jeu pour appeler à ce que les élections se passent dans des conditions démocratiques, autrement la Côte d'Ivoire aura été prise à nouveau en otage. Mes joies et mes peines ont épousé la cadence des succès et des drames de la Côte d'Ivoire. Je reste dans le jeu pour lutter et éviter à mon pays un nouveau drame», a-t-il répliqué sous les ovations de ses partisans.

TRAORE Tié

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