Alternance en 2020/ Tiburce Koffi : « Le Pdci peut continuer de fêter, Ouattara et le Rdr ne leur donneront jamais le pouvoir »

Politique
Publié le Source : L'inter
alternance-en-2020-tiburce-koffi-le-pdci-peut-continuer-de-feter-ouattara-et-le-rdr-ne-leur-donneront-jamais-le-pouvoir (Photo d'archives)

Il est enseignant, journaliste, écrivain, musicien, dramaturge ivoirien, aujourd'hui exilé politique en France. Tiburce Koffi ne s’intéresse cependant pas moins à l'actualité de son pays.

Dans cet entretien qu'il a bien voulu accorder à L'inter, il donne son avis sur la célébration des 70 ans du Pdci et l'alternance annoncée en 2020. L'homme fait également cas de son actualité en tant qu'exilé politique

Cela fait bientôt un an que vous êtes officiellement en exil ici en France. Comment vivez-vous cette situation d'exilé politique ?

Un exil reste un exil, aussi doré puisse-t-il être. Je ne suis même pas sûr qu’il existe des exils dorés, surtout dans mon cas. Ce n’est pas de gaîté de cœur que je vis hors de mon pays, à 60 ans. Je m’y suis cependant résolu quand il s’est avéré que ma présence au pays n’était pas particulièrement désirée par le régime en place. Il faut reconnaître que le climat d’hostilité à mon encontre, généré par mon livre « Non à l’appel de Daoukro », était réel. Il était nécessaire que je me mette à l’abri de toute agression incontrôlée, que le régime lui-même ne pouvait d’ailleurs pas contrôler.

Pensez-vous que vous êtes toujours menacé ?

Honnêtement, en mon for intérieur, je ne crois pas que le président Ouattara et son gouvernement, au sein duquel je compte d’ailleurs des amis, attenteraient à ma vie. Ils ont vraiment mieux à faire que ça. Et je l’avais déjà dit. Et puis, dans le fond, quel danger est-ce que je représente réellement pour des gens qui ont géré une rébellion, fait la guerre, triomphé du redoutable Laurent Gbagbo ? Rien ou pas grand-chose.

Pourquoi restez-vous alors en exil ?

Pour plusieurs raisons. D’abord, la raison administrative : je vis en France sous le statut officiel d’exilé politique. Des documents administratifs m’ont été délivrés pour attester les menaces qui pesaient sur moi, au moment où je sollicitais l’exil. Ces papiers m’imposent un délai de rigueur d’un an avant de pouvoir sortir du territoire français ; mais ils ne m’autorisent pas à rentrer dans mon pays où, d’ailleurs, je n’ai même pas envie de retourner, du moins pas pour le moment.

Pourquoi ?

Parce que la politique qui y est menée ne me plaît pas.

Vous aviez pourtant, dans votre livre, salué le bon travail réalisé par le président Ouattara.

Oui. Et je ne renie pas ma position sur la question. Ouattara a la carrure d’un chef d’Etat ; et il est capable de réaliser de grandes choses pour le pays. D’ailleurs, c’est ce qu’il fait. La baie de Cocody, le Café de Rome qu’il a eu le courage de détruire, le Boulevard de Marseille qu’il a repris aux mains des privés, l’immense plage de Port-Bouët qu’il est en train de réhabiliter, l’autoroute de Grand-Bassam, le retour de Anne Ouloto au ministère de la Salubrité, etc. Tout cela, hormis la question Ouloto, fait partie des choses que j’ai attendues en vain des régimes précédents. Et honnêtement, sur ce plan, je suis content, voire fier du président Ouattara. Même ici, je n’hésite pas à le dire aux journalistes qui viennent m’interviewer. Un jour, ma sœur aînée m’a appelé pour me dire ceci : « Jules, il faut rentrer maintenant au pays. Le président Alassane est en train de réaliser tout ce que tu voulais que Bédié et Gbagbo réalisent et qu’ils n’ont pas fait». Bien évidement, j’ai refusé. Et elle s’est fâchée contre moi. Et j’ai raccroché le téléphone.

Je vous repose la question : pourquoi donc ne voulez-vous pas rentrer ?

Je suis sûr que le président Ouattara le sait : je ne peux pas m’accommoder de régimes dictatoriaux qui dénient aux intellectuels le droit de s’exprimer sur les problèmes cruciaux de leur pays. J’estime que ce que j’ai subi est d’une symbolique terrifiante : nous sommes en face d’un régime qui n’accepte pas la parole contradictoire. Le président Ouattara m’a signifié, par cet acte commis contre moi, qu’il a plus besoin de zombies pour régner que de technocrates et intellectuels doués de capacités, d’autonomie de penser et d’agir. Or, en 2010, j’avais pris fait et cause pour lui parce que, dans son projet de société, il y avait un long chapitre relatif à la liberté d’expression citoyenne qu’il avait promis de mettre à la disposition des intellectuels. Il y parlait même d’organisation de vastes forums de débats libres autour des problèmes cruciaux de la Nation. Et, franchement, cela m’avait emballé. Mais, une fois au pouvoir, dès que j’ai publié un livre, un petit livre critique, sur la situation socio politique du pays, il m’a fait virer de l’administration ! Sous les régimes précédents (Bédié, Guéi et surtout Gbagbo), j’avais écrit pire que ça. Aucun d’entre eux ne m’avait viré ! Et tous les politiciens de l’opposition, qui sont aujourd’hui au pouvoir, m’adoraient; ils disaient, tous, que j’étais quelqu’un de bien parce que je critiquais, sans peur, les régimes qu’eux aussi combattaient. Et je me sentais une âme de Zorro. C’était du faux, tout cela !

Regrettez-vous les combats que vous avez menés.

Non. Pas du tout. Si c’était à refaire, je le referais. J’ai surtout bien fait d’avoir écrit ce retentissant « Non à l’Appel de Daoukro ». Si je ne l’avais pas fait, je vivrais aujourd’hui de regrets de ne l’avoir pas fait. Je dis tout simplement que tous ces politiciens sont faux. Ils sont sans parole.

En dehors de vos regards sur l'actualité en Côte d’Ivoire, qu’est-ce qui vous occupe en ce moment ?

Beaucoup de choses. Sur le plan académique, mes travaux de recherche pour boucler une thèse que je n’ai jamais eu le temps d’achever sur la production littéraire de Jean-Marie Adiaffi, avec un accent particulier sur le ''bossonisme'' conçu comme un projet de réhabilitation culturelle par la spiritualité, et une théologie de la libération. C’est un vieux sujet qui m’exalte et auquel je me consacre depuis des années. J’aborde un peu la question dans mon essai intitulé « Le mal-être spirituel des Noirs », publié par Nei. J’ai pratiquement terminé l’aspect théorique de ce travail. Malheureusement, je rencontre des difficultés car ce n’est évidemment pas en France que je vais faire des recherches sur le ''bossonisme'' et les ''Komians''. C’est en Côte d’Ivoire. Et c’est aussi là-bas que se trouve toute la documentation que j’ai constituée pendant plus de 15 années de recherches sur ces questions. Or, je n’ai pas envie de retourner au pays! Voilà mon problème.

Selon certaines indiscrétions, vous serez bientôt dans les librairies. Qu’en est-il exactement ?

Bon, côté création, j’ai effectivement beaucoup écrit ici. Je consacre au moins 16 h par jour à l’écriture. J’ai bouclé « Harmoniques », un recueil de poèmes, et un autre livre de poésie narrative et lyrique qui s’intitule « De l’autre côté de la Terre ». J’ai entamé un roman, que je compte boucler dans trois ou quatre mois au maximum. Je viens de déposer auprès des éditeurs une étude monographique sur le reggae ivoirien. Elle s’intitule « Alpha Blondy et les rasta ivoiriens : une galaxie du reggae ». Près de 400 pages. En musique, je suis en plein enregistrement d’un album de jazz dont j’avais enregistré les rythmiques à Abidjan, à JBZ et au studio de Nayanka Bell. C’est un disque pour honorer la mémoire de mon ami Désiré Gadeau dit Dez Gad, le plus grand guitariste ivoirien de jazz de notre génération. Dans l’intervalle, j’accorde des interviews à des télés, des radios, des journaux, et je discute, chaque semaine, avec ma fille qui vit aux Usa. Elle me manque tellement !Bref, je pense, j’écris, je crée. Donc je vis. Non, je ne m’ennuie pas. Mais alors, pas du tout.

Pouvez-vous nous parler un peu de ce livre sur Alpha Blondy et les reggaemen ivoiriens ?

Il s’agit ici d’une sorte d’évaluation de la population reggaephile ivoirienne dans sa tranche pratiquante, sous l’éclairage de l’admirable trajectoire d’Alpha Blondy, qui abrite toutes ces stars sous son vaisseau musico-spatial appelé Solar system. C’est un livre très sélectif. N’y ont été retenus que les meilleurs reggaemens ivoiriens. Nous leur avons fait des esquisses biographiques, procédé à des analyses techniques de leurs œuvres en insistant sur leurs qualités. Ca, c’est la partie ‘‘people’’. L’aspect le plus intéressant se trouve, à mon avis, dans la réflexion musicographique ; une sorte de sociocritique musicale qui saisit tout cette ‘‘reggaephonie’’ nationale dans une perspective diachronique. Mais je précise que c’est en réalité un travail d’équipe sur un mouvement musical. Ce n’est pas non plus une biographie d’Alpha Blondy.

Abordons, à présent, si vous le permettez, l’actualité de votre pays. Il y a, par exemple le Pdci qui fête ses 70 ans à partir du 9 avril prochain. Quel regard portez-vous sur cette formation politique au moment de cet anniversaire ?

Votre question me surprend, parce ce que je n’ai jamais milité au Pdci. Je n’aspire pas à y militer et, conséquemment, jamais je ne militerai au Pdci-Rda. D’ailleurs, eux-mêmes n’ont pas besoin de moi. Et c’est tant mieux. Leur fête ne m’intéresse donc pas. J’observe tout tragiquement que c’est un parti politique qui entretient une culture inquiétante de la fête, depuis l’époque de Konan Bédié à sa tête. Ils ont même perdu le pouvoir un jour de fête !Et je leur avais prédit cela dans une longue « Lettre ouverte » au président Bédié, à quelques mois de décembre 1999. Même quand ils sabordent leurs propres cadres pour offrir le pouvoir à Ouattara et le Rdr, ils font la fête !Ils dansent ! C’est un parti de fêtards impénitents. Moi, je travaille. Comme Alassane (Rire) ! Je ne m’amuse pas à danser n’importe quand et n’importe où.

Ces 70 ans sont fêtés dans un contexte de polémique entre le Pdci et son allié du Rdr sur la question du parti unifié et d'alternance en 2020. Quel est votre commentaire ?

Le Pdci-Rda peut toujours continuer de fêter, danser et de boire. Alassane Ouattara et le Rdr ne leur donneront jamais le pouvoir. On ne cède pas le pouvoir à ceux qui ne savent que danser, boire et attendre que le pouvoir leur soit offert. Que pourront-ils même en faire ? Et d’ailleurs, qui, dans ce Pdci actuel, de Bédié, est-il capable de diriger la Côte d’Ivoire ? Mon ami et ex-organiste Joël Nguessan du Rdr, dont j’ai toujours apprécié le bon sens analytique, disait à propos de cette histoire amusante d’alternance : « Il s’agit moins de passer le relais que de savoir qui est capable de diriger le pays. » Le Rdr et Alassane Ouattara ont-ils dit au Pdci qu’ils ne se sentiront plus capables de diriger le pays à partir de 2020 ? Dites-moi : pour quelles raisons, un parti politique qui, comme le Rdr, après près de deux décennies d’âpres combats, d’espérances, de pertes en vies humaines et sacrificielles, une fois parvenu au pouvoir d’Etat, devrait-il le redonner à un parti frère ? Et cela, juste après deux mandats ?

Que pensez-vous du parti unifié et de l'alternance en 2020 ?

Ils ont le droit d’aspirer à l’unification. Mais je ne vois pas le Rdr renoncer à son sigle Rdr qui symbolise et synthétise le grand rêve d’unification de tous les enfants du Nord autour d’un idéal culturel, religieux et politique dont j’ai déjà et abondamment parlé dans « Côte d’Ivoire, l’agonie du jardin », publié en 2005 par Nei. Le Rdr est une mémoire de la douleur et des rêves de conquête de renouveau politique pour la réhabilitation des enfants du Nord — cette autre partie de nous-mêmes que des politiques inélégantes ont menée à l’opposition, puis à la rébellion et à la guerre, dans un crescendo de frustrations et de violence pathétique. La branche armée du Rdr se nomme Forces nouvelles (Fn). Leur but ultime se trouve dans leur appellation : créer un « Ordre nouveau » en Côte d’Ivoire. Et ils ont réussi à le faire en scindant le pays, avec le soutien des Forces (françaises) incarnées par la Licorne, animal mythologique possédant une épine de combat sur la face qu’elle divise en deux parties – comme la rébellion le fit de la Côte d’Ivoire !

Doit-on en déduire que vous ne croyez pas en la bonne foi du Rdr quant à l’alternance ?

Ecoutez, je pense sérieusement qu’au Pdci d’aujourd’hui, il y a un problème sérieux de gestion des intelligences. Au contraire de la génération des Paul Akoto Yao, Usher Assouan, Ekra Mathieu et leurs cadets que sont Jean-Noël Loucou, Niamkey Koffi, technocrates et brillants intellectuels qui produisaient la réflexion en écrivant des livres, les cadres actuels du Pdci font preuve d’une rare carence et paresse intellectuelle. Les cadres du Rdr publient régulièrement des livres ; donc ils pensent, ils réfléchissent ; ceux du Pdci-Rda, non. Les cadres du Rdr interviennent de manière courageuse dans le débat politique. Pas ceux du Pdci, préoccupés qu’ils sont à protéger leurs postes et évaluer leurs comptes bancaires ! Sérieusement, où est l’Intelligentsia du Pdci capable, aujourd’hui, de diriger la Côte d’Ivoire ? Les cadres du Pdci n’ont même pas la capacité de lire efficacement aujourd’hui la carte politique du pays.

N’êtes-vous pas excessif en disant cela ?

J’eus été heureux qu’ils me donnassent tort. En tout cas, je le souhaite. Mais un parti politique qui va jusqu’à humilier ses propres cadres qui aspirent à briguer l’Exécutif, n’est rien d’autre qu’une organisation qui a fait l’aveu de son incapacité à diriger le pays. Que donc Ouattara et le Rdr règnent le temps qu’ils pourront, jusqu’à ce que, par un mouvement dialectique, naisse (ou surgisse) une nouvelle force politique qui les contraindra, de manière militaire ou par voie pacifique (dans les urnes), à quitter le pouvoir. Car nulle part et JAMAIS, le pouvoir politique ne se donne. Il se conquiert. Le Pdci de Bédié a dit qu’il ne peut pas diriger. Donc qu’il rejoigne les rangs du Rdr.

Proposeriez-vous que le Pdci se dilue dans le Rdr ?

Oui. C’est la conséquence logique de « l’Appel de Daoukro ». Avant « l’Appel de Daoukro », la survie du Rdr était entre les mains du Pdci. Aujourd’hui, c’est l’inverse. C’est le Rdr et Ouattara qui détiennent le pouvoir, et non le Pdci. Et ils ont la possibilité de le conserver au-delà de 2020 ans en obligeant même le Pdci à ne présenter (encore) aucun candidat contre eux. Et Bédié et ses ouailles acquiesceraient. Le Pdci gagnerait donc à se faire tout petit plutôt que de se lancer dans des revendications honteuses, en quémandant le pouvoir d’Etat. Ouattara a la possibilité financière d’acheter aujourd’hui presque tous les cadres du Pdci, pour renforcer les bases de son parti. A sa place, c’est ce que je ferais, en tout cas. Et ça marchera. Il n’y a rien de plus facile à acheter qu’un cadre du Pdci.

Vous avez été, en son temps, de ceux qui ont épousé la position de Charles Konan Banny et des autres irréductibles du Pdci. Quelle est aujourd’hui leur situation et quel avenir politique encore pour eux ?

Je n’en sais rien. Posez-leur la question. Ils ne sont ni des alliés, ni des camarades, ni des amis. Je ne les fréquente pas. Je vous le répète : je ne suis pas un militant de parti ; je ne mène pas d’activité politique organisée, en réalité. Je ne suis même pas un opposant, dans le sens commun du terme. Je suis tout simplement un intellectuel qui s’autorise à contester quand il n’est pas d’accord, et non un opposant politique classique.

N'aviez-vous pas tous du regret aujourd'hui ?

Non. Aucun. En tout cas, pour ce qui me concerne, aucun regret. Mes liens avec monsieur Charles Konan Banny vont au-delà de la politique. C’est un grand homme qui m’a fait l’honneur et m’a accordé le privilège de me compter au nombre de ceux qui peuvent avoir accès à sa résidence pour discuter avec lui et s’instruire de ses expériences et de son brillant parcours de technocrate accompli. Il m’écoute, il me respecte, il achète et lit mes livres. Nous avons nos désaccords, certes, mais sur l’essentiel, on s’entend bien. Et il est resté attentif à ce qui me touche. Il est allé jusque dans mon village, aux obsèques de ma mère, et il avait participé aux différentes étapes. En Afrique, ce sont des actes qui ont une valeur inestimable. Je reste convaincu que monsieur Banny constituait une alternative possible entre le passé de violence qu’incarne le régime actuel, et le besoin qu’éprouve la Côte d’Ivoire de renouveler son discours et sa classe politiques. Pour demain. Le présent m’a donné tort, j’en prends acte. Mais je sais que je n’ai pas eu tort de penser ainsi.

Parlant alternance, Guillaume Soro est perçu comme un adversaire sérieux en 2020, au point de susciter une sorte de volée de bois vert. Qu'est-ce que vous pensez de cette adversité farouche au Rdr ?

Ils perdent tous leur temps. La seule personne au Rdr capable de diriger la Côte d’Ivoire, après Ouattara, est Dominique Ouattara. Elle a tous les atouts pour y parvenir. Le moment venu, je vous dirai pourquoi.

Il y a beaucoup d'affaires contre Soro : écoutes téléphoniques au Burkina, affaire de la plainte de Michel Gbagbo, le procès de la crise post-électorale, l'affaire d'acquisition d'armes dévoilée par un rapport de l'Onu...Croyez-vous que Soro peut s'en sortir ?

Je n’en sais rien. Guillaume Soro ne fait pas partie de mes pôles d’adversité politique, ni même d’intérêt politique.

Interview réalisée à Paris par Blaise BONSIE

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.