Législatives prochaines, Rhdp, mairie de Koumassi, rapport avec Bacongo…

Le maire N'Dohi Raymond fait le grand déballage : « Si un adversaire cherche à me mettre les bâtons dans les roues, c'est qu’il est un piètre politicien »

Politique
Publié le Source : Soir info
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N'Dohi Yapi Raymond a accepté de se livrer à Soir Info. Le maire de Koumassi, Délégué du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci), Coordonnateur du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) à Koumassi, invité de nos « Pages de vérités », dit presque tout. Sans langue de bois.

Est-ce que vous serez candidat aux prochaines législatives?

N'Dohi Yapi Raymond : Ça dépend. Nous sommes dans une famille politique. L’intention d’être candidat pour accompagner, conduire une équipe, je l’aie. Maintenant, vous savez que le Pdci est en alliance avec d’autres partis. Ça dépendra de ce que la direction du Rhdp décidera. Je veux faire partie d’une équipe pour gagner. Donc, si en fonction des découpages qui vont être faits, on donne plus d’un siège au Pdci, j’accompagne le député qui est là. Parce que, c’est grâce à moi qu’il est là. Je ne vais pas lui ravir son poste. Prioritairement, c’est lui qui est le candidat. Et, s’il y a un autre poste pour le Pdci, je l’accompagne.

Nous avons appris que les discussions seraient très chaudes en ce moment, et qu’il y a possibilité qu’il y ait beaucoup d’indépendants malgré les dispositions prises au Rhdp, s’il n’y a pas d’entente. Comment envisagez-vous cette élection dans votre commune?

S’il n’y a pas d’entente, que chaque parti doit aller de son côté, je suis partant. Si le Rhdp n’a pas pu déterminer ,de façon nette, les quotas pour chaque parti, comme on l’a fait en 2011, à ce moment, peut-être que je conduirais la liste du Pdci. Dans le cas contraire, je ne serais pas candidat.

Ne craignez-vous pas que des populations se plaignent de ce que vous voulez être député alors que vous êtes déjà maire?

Je suis un homme de mission. Je dois conduire une mission pour mon parti. Si c’est nécessaire que je conduise une équipe de députés, je ne vois pas où est le mal.

Les municipales étaient annoncées pour avril 2018. Mais, de plus en plus, des voix disent qu’elles seront reportées à 2020. Si cette information était avérée, est-ce que cela vous ferait plaisir de voir votre mandat ainsi prolonger?

Je dois dire que je ne suis pas dans les secrets des dieux. Je lis dans la presse en même temps que vous. Je n’ai aucune objection que ce soit en 2018 ou en 2020. J’ai un mandat à défendre, donc je le défendrais.

Serez-vous candidat à votre propre succession?

Bien évidemment, j’ai des projets que je dois mener à terme.

Justement, quel bilan faites-vous de votre mandat de maire en cours?

Pour moi, le mandat en cours a atteint ses objectifs. Quand vous voyez les quartiers précaires aujourd’hui, ce sont les immeubles qui poussent. Ce n’est pas le fruit du hasard. A Zoé Bruno, à Aklomiabla, vous voyez ci et là des commissariats de Police, des compagnies de gendarmerie, des écoles qu’on construit, qu’on réhabilite. Tout cela, nous le comptabilisons dans notre bilan. Le bilan n’est pas seulement factuel. Il faut voir comment la commune était, et comment elle est devenue aujourd’hui. Quand vous allez au Grand campement, vous avez un quartier moderne. Ce n’était pas le cas quand nous arrivions en 2001. Nous pensons avoir atteint nos objectifs. Mais, tout cela, il faut le consolider.

Il n’en demeure pas moins que certaines populations se plaignent, notamment à propos de l’impraticabilité des routes. Que leur répondez-vous ?

Les populations ont raison de se plaindre. Je me suis exprimé sur l’impraticabilité des routes à plus d’une occasion. Aujourd’hui, vous avez l’Ageroute (Agence nationale de gestion des routes) qui s’occupe des routes en Côte d’Ivoire. L’Onad (Office national de l'assainissement et du drainage) et l’Anasur (Agence nationale de salubrité urbaine) qui s’occupent de la gestion des ordures. Dans toute cette organisation, dites-moi quelle est la place du maire dans la gestion des routes ? Je l’ai dit au cours d’une interview. Un kilomètre de bitume coûte aujourd’hui, au bas mot, 150 millions de F Cfa. Dans l’état actuel, il faut au moins 41 km de routes, pour que Koumassi soit désenclavée. Quand vous faites le calcul, vous vous retrouvez à plusieurs milliards. Nous avons actuellement un budget de 2,6 milliards de F Cfa. Quand nous arrivions, le budget était à 1, 230 milliards de F Cfa. Dans les 2,6 milliards, nous avons, selon les textes, en terme d’investissements, 260 millions de F Cfa. Mais, compte tenu des problèmes, nous poussons jusqu’à 20%, le taux, pour obtenir à peu près 500 millions de Fcfa de budget d’investissement parce que nous savons que Koumassi est dans le besoin. Besoin en éclairage, besoin en réhabilitation, besoin en entretien de locaux qui sont vétustes.

Avez-vous fait des démarches au niveau de ces structures ? Si oui, quelles ont été leurs réponses?

Toutes les démarches ont été faites. Nous attendons. La dernière fois où nous avons eu une réponse, c’est au niveau du ministère de la Salubrité, qui nous a dit que Koumassi a été prise en compte dans le C2D, et que les travaux vont commencer en 2017. Donc, que ce soit auprès du ministère des Infrastructures économiques, auprès de la Banque mondiale, à travers le Pri-Ci (Projet d’urgence de renaissance des infrastructures en Côte d’Ivoire) ou de la Bad, à travers le Projet d’appui aux infrastructures routières, toutes les démarches ont été faites. J’ai les dossiers. Hier encore, je remettais un dossier au gouverneur du District d'Abidjan pour les mêmes problèmes de voiries.

Est-ce que vous n’êtes pas frustré de voir qu’en tant que cadre de la coalition au pouvoir, jusque-là, vos démarches n’aient pas abouti?

Je suis choqué mais pas frustré. Je sais que l’Etat a beaucoup de priorités. Je sais que mon tour viendra. Je suis un peu choqué que ça traîne. Je suis d’autant plus choqué que des travaux avaient démarré avec Soroubat. Pour que les travaux démarrent, ça veut dire qu’au niveau des structures en charge de la route, des démarches ont été menées. Des commandes ont été passées. Maintenant, quand du jour au lendemain, l’entrepreneur enlève tout son matériel, ça peut être choquant. Mais, je garde toute ma patience.

Est-ce que ce ne sont pas des bâtons que vos adversaires chercheraient à vous mettre dans les roues?

Si un adversaire le faisait, je dirais qu’il est insensé. Parce que ceux qui souffrent, ce sont les populations de Koumassi. Ce n’est pas la personne de N’Dohi. Si un adversaire le faisait, je dirais qu’il est un piètre politicien. Parce qu’on vient à la politique pour servir les autres. On ne peut pas solliciter le suffrage d’une population si on n’aime pas cette population. Mais, je pense que véritablement, c’est au niveau de l’Etat que des réglages sont en train d’être faits, pour qu’on puisse nous aider. Parce qu’il n’y a pas longtemps, j’ai échangé avec le ministre d’Etat, Amadou Gon, à l’occasion de la campagne pour le référendum. Je sais qu’il était au courant de l’état de Koumassi, et que quelque chose serait fait. Et, ça me suffit comme explication. Je ne sais pas s’il y a d’autres personnes tapies dans l’ombre, qui seraient en réalité des ennemis de Koumassi, et non des adversaires de N'Dohi.

On vous a vu descendre vous-même dans les rues de la commune, pour prôner la salubrité. Est-ce que vous pensez aujourd’hui que vos appels ont été entendus par les populations?

Cela ne va pas se résoudre du jour au lendemain, et toute la sensibilisation ne prendra pas tant qu’il n’y aura pas de mesures qui soient prises au plan de la réhabilitation des infrastructures de salubrité. Vous savez par exemple que nous demandons aux gens de ne plus brancher leurs fosses sceptiques sur les voiries, mais il n'y a pas de caniveaux, il n'y a pas de conduites des eaux usées. Et, c’est tout cela qui va être fait à travers la réhabilitation des infrastructures de salubrité. A ce moment, nous serons encore plus fort pour sévir là où les gens ne rentreraient pas dans les normes.

Doit-on comprendre qu'il n'y a pas de caniveaux et de conduites des eaux usées à Koumassi ?

Aujourd’hui, il n’existe rien en fait. Koumassi s'est construit comment ? Les gens ont apporté des gravats dans les zones marécageuses, ils ont remblayé,, et ils ont construit à telle enseigne que quand vous allez dans des quartiers comme Kankancoura, Progrès et autres, lorsque vous marchez, vous avec l’impression que les maisons sont dans des trous. Le niveau de la route est plus élevé que le niveau de la fondation de la maison. Et quand il pleut dans ces zones là, ne demandez pas comment les populations vivent. Si c’est la nuit qu'il pleut, il faut que les populations veillent pour vider l’eau qui coule inexorablement dans la cour. Puisque le niveau du sol est plus bas que celui de la route, alors les eaux pluviales coulent dans les cours. Donc, nous attendons que l’Etat fasse le travail, et nous serons plus forts pour continuer la sensibilisation, et au besoin, sanctionner. Il faut que je revienne aussi sur l’incivisme des populations. Dernièrement, vous avez vu ce qui s’est passé au niveau de Sopim. Vous avez de personnes qui construisent sur les conduites des eaux usées. Avec le temps, les bâtiments se tassent, s’affaissent, et l’eau ne peut plus couler dans les tuyaux. Il a fallu que l’Onad prenne ses responsabilités pour casser des immeubles et des villas, pour qu’on puisse avoir un peu plus de possibilité de réparer les caniveaux qui on été affaissés. Tout cela participe de la difficulté que nous éprouvons avec les populations qui ne sont pas très conscientes du fait qu’en posant un acte de telle nature, elles créent de graves problèmes de santé publique pour toute la population parce que le phénomène de la fièvre Zika vient par les moustiques. La stagnation des eaux usées, permet aux moustiques de se reproduire, et cela nous expose. C’est pour cela qu’à chaque fois que j’en ai l’occasion, je demande aux populations d’avoir une attitude éco-citoyenne beaucoup plus civique, pour que véritablement, nous sortions de cet état d’insalubrité, avec le corollaire de maladies endémiques qui en découlent.

Vous parliez d’incivisme. Il y a un phénomène qui sévit à Koumassi depuis quelque temps, qui est l’occupation anarchique des voies, les jeudis et les week-ends. Il est impossible de circuler. Souvent, les grandes voies sont coupées par des populations avec des bâches installées un peu partout. On fait de grands tours avant de rentrer chez soi. Pourquoi la mairie est muette face à tout cela ?

La mairie réagit, et peut-être que vous n’avez pas eu l’occasion d’assister à des bagarres où nos agents ont été molestés. Nous réagissons chaque fois que nous sommes saisis mais, malheureusement, vous savez que les week-ends, les agents municipaux ne travaillent pas. Et ce sont les moments que les gens choisissent. Mais chaque fois que nous avons été saisis, nous avons dépêché la Police municipale, pour demander qu’on puisse dégager la voie, et permettre la libre circulation des personnes. Le phénomène est récurrent. Il n’est pas propre à Koumassi, mais je conçois avec vous que c’est gênant. Il y a même des maquis qui ouvrent les dimanches, et qui ferment les voies. Nous avons pris des arrêtés, et quelquefois, nous avons démantelé certains maquis comme au 05 par exemple. Pour tout dire, c’est un combat quotidien.

Il nous revient que ces personnes qui font ces manifestations, reçoivent souvent des autorisations de la mairie !

Pas souvent. La mairie ne donne une autorisation que lorsque c’est une voie secondaire. La mairie ne donne jamais d’autorisation pour les voies principales parce que nous sommes conscients que les pompiers, la police, la gendarmerie, peuvent intervenir, et la Sotra emprunte aussi ces voies. Donc, on ne donne jamais d'autorisations d’occupation sur ces voies. Maintenant, il y a les jeudis, les dimanches mais il y a aussi les vendredis. Chacun sait aussi ce qui se passe les vendredis. Mais allez demander quel est l’imam qui a reçu une autorisation pour occuper un boulevard. Mais cela se fait et fait partie des difficultés que nous gérons.

Avez-vous déjà été saisi de question de nuisance sonore? Si oui, que faites-vous en ce qui concerne les nuisances sonores?

Nous avons été saisi plusieurs fois, et nous sommes intervenus. Une fois, nous avons même fermé le maquis. Quelquefois même, nous avons procédé à des casses quand il n'y a pas amélioration, quand les concernés n’obtempèrent pas.

20 000 familles, a-t-on appris, ont été déguerpies au niveau du campement. Qu’en est-il exactement?

Pour avoir 20 000 familles, il faudrait avoir au moins 200, 300 ou 400 lots. Il n’ y a aucune zone pareille à Koumassi. Toute la zone que nous avons déguerpie, est une zone qui constitue les 25 mètres de bordure lagunaire. Vous savez que dans la règle, les 25 mètres de bordure lagunaire, ne doivent pas être occupés. Et nous avons entrepris une opération de remblais à partir de ces 25 mètres. Fort heureusement pour nous, le ministère de la défense a demandé que nous utilisions 6 000 m2 pour installer une caserne de sapeurs-pompiers. C’est dans les 25 mètres de bordure lagunaire que nous pouvons prendre cela. Nous avons donc mis les populations en délai parce qu’elles occupent ces sites sans titres de propriété, et nous avons procédé au déguerpissement. Nous sommes en train de finaliser l’opération, pour donner un document au ministère de la défense, pour venir construire la caserne. Il n'a jamais été question de 20 000 familles. Il n'a pas été question d’exproprier quelqu’un. On exproprie quelqu’un lorsqu’il est propriétaire.

Qu’est ce que cela vous fait de voir votre adversaire aux municipales de 2013, en l’occurence l’ancien ministre Cissé Bacongo, descendre sur le terrain lui-même pour faire des travaux en faveur des populations de Koumassi ?

Il est député de Koumassi. Il est élu pour servir la population. Quand il est arrivé, il a lui même dit que le président Alassane Ouattara l’a envoyé pour aider les populations de Koumassi. Il fait son travail. Au service de la population, il est obligé de faire ce qu’il doit pouvoir faire pour les aider.

N’est-ce pas une façon pour lui de montrer aux populations que vous ne travaillez pas?

Cela m’étonnerait que ce soit une façon à lui de le dire puisqu’il a pris un engagement avec ces populations. Je me souviens que pendant la campagne, il avait fait des photos de la grande mosquée, pour dire qu’il l'avait réhabilitée. Si c’est fait, et que les gens prient à l’intérieur, c’est bien.

Voulez-vous dire que cela n'a pas été fait?

Je dis que si cela est fait, c’est une bonne chose. Maintenant, comme je ne suis pas fidèle de cette mosquée, je ne sais pas ce qu'il y a à l’intérieur. Vous, en tant que journalistes, vous pouvez y faire un tour pour voir si cela a été fait. Bon, je vois ce à quoi vous faites allusion. Cela me gênera d’en parler, mais s’il s’agit du lycée municipal de Koumassi. Je vous invite ce lundi (aujourd'hui, 14 novembre 2016, ndlr) à la remise des clés du groupe Dion Robert. Je vous donnerai des documents qui vous permettront de comprendre que ce lycée a été entièrement rénové par la fondation Atef Omais, à ma demande. Il y a eu 8 nouvelles classes qui ont été construites. 6 nouvelles classes ont été réhabilitées, et c’est au total 163 millions de F Cfa qui ont été investis par cette fondation. Vous étiez témoin le jour de la remise des clés. Nous sommes partis de là, au lycée moderne Bad où 80 millions de F Cfa ont été investis par cette fondation, encore à ma demande puisque j’ai l’avantage de connaître la famille. Vous savez que dans notre organisation, le maire n’intervient pas normalement dans les lycées. Les lycées sont du ressort du district, le maire, ce sont les écoles primaires. Comme nous n’avons pas d’argent, et que nous ne pouvons pas intervenir, nous faisons intervenir des amis, pour soulager les uns et les autres. A côté de cela, chacun a dû se rendre compte que le groupe scolaire Dion Robert était pratiquement fermé. Ce sont 100 millions de F Cfa que la fondation a investis. Alors, moi, je suis heureux que le député (Cissé Ibrahima dit Bacongo, Ndlr) ait complété l’action. Mais qu’on vienne compléter l’action en disant qu’on l’a fait de bout en bout, je ne trouve pas cela très honnête. Il y a des traces. Ce jour-là, il y avait un représentant du Premier ministre, un représentant de la ministre de l’Education nationale, un représentant du gouverneur du district, et moi-même. Les photos sont là. Maintenant, qu’on vienne rajouter quelque chose, je suis d’accord. Moi, il y a bien des actions que je mène de ma poche sans faire de publicité.

Quelles actions par exemple ?

J'ai construit une école primaire au grand campement parce que ce n’était pas prévu au budget, et il y avait le besoin. Le président du Coges est venu me voir, et j'ai accédé à sa demande. Je n'en ai pas fait de publicité. Et, je crois que si on veut aider pour aider, il y a le lycée moderne qui est dans un état de vétusté pas possible, qu’on pourrait réhabiliter. Mais qu’on aille dans mon quartier où j’habite, moi j’applaudis. De toutes la façons, c’est l’école qui en bénéficie. Mais ce qui ne me parait pas normal, c’est qu’on enlève la plaque d'Atef Omais, et qu’on dise que ces gens-là n’ont rien fait. Cela m’écœure et me dérange. La conséquence de tout cela, c’est que j’avais un projet pour réhabiliter le groupe scolaire nord en face de l’église St François d’Assise, aujourd’hui, c’est zéro. La fondation dit qu’elle n’investit plus.

Pourquoi ?

Ecoutez, pour ce qu’elle a fait, on l’a humiliée en enlevant sa plaque au lycée moderne. Donc aujourd’hui, j’ai des problèmes. Comme nous n’avons pas de moyens suffisants, aujourd’hui, nous avons la petite enfance qui a des difficultés. Donc, nous investissons dans les réhabilitations mais aussi et surtout dans la construction d’écoles maternelles. Nous en avons inaugurées dès cette année à la Sicogi-Est et au groupe scolaire Collectif. Là où nous le pouvons, nous intervenons. Là où nous ne pouvons pas, nous sollicitons les amis pour venir nous aider. Et, notre souhait, c’est qu'on mette ces amis-là à l’aise pour qu’ils puissent donner le meilleur d’eux-mêmes, pour nous permettre d’avancer au service de l’école et de l’éducation de nos enfants.

La paix entre M. Bacongo et vous, ce n’est finalement pas d’actualité, à vous écouter...

Je ne suis pas en guerre contre le ministre Bacongo. Nous sommes tous deux acteurs politiques de Koumassi, et chacun essaie de faire ce qu’il peut pour que les populations soient à l’aise. C’est ce que je note. Nous ne sommes pas en guerre.

Mais on constate tout de même que vos relations sont tendues. Nest-ce pas ?

Non. Nos relations ne sont pas si tendues que cela. Dernièrement, vous nous avez vu côte à côte pendant la campagne du référendum. Quand nous devons travailler ensemble, nous le faisons, sinon chacun est dans son coin.

Le phénomène des enfants délinquants, ''les microbes'', gagne de plus en plus la commune de Koumassi. Est-ce que le conseil municipal a une politique pour endiguer le phénomène?

Demandez-moi si l’Etat a une politique pour endiguer le phénomène parce que c’est un phénomène national. Moi je m’inscris dans la politique de l’Etat parce que Koumassi ne saurait avoir une politique en dehors de la politique de l’Etat. Le phénomène des enfants microbes, on en a parlé à Abobo, à Daloa, à Yopougon, et on en parle à Koumassi de moins en moins. Ce que nous faisons lorsque nous sommes saisis, c’est d’informer les forces de police, de gendarmerie et le Ccdo, pour qu’ils interviennent. Nous avons été informés de plusieurs cas au grand campement, et à chaque fois, nous sommes intervenus pour les démanteler. Nous nous inscrivons dans ce qui est prévu au niveau de l’Etat, pour que ce phénomène soit endigué. Parce que malheureusement, ce n’est pas qu’à Koumassi, qu’on assiste à ce phénomène.

Récemment, il y a eu la nouvelle Constitution avec le référendum. Quel a été l’apport de N’Dohi Raymond en tant que coordonnateur du Rhdp et directeur de campagne?

Nous avons travaillé. Nous avons sensibilisé les populations. Nous avons touché toutes les couches, pour leur faire connaître ce que la population gagne, et pourquoi on en est arrivé là. Chacun le sait, depuis les événements de 2002 et avec tout le ballet diplomatique et politique, nous sommes revenus à un minimum d’entente à Linas-Marcoussis. Et, cette entente devait être consolidée dans le document fondamental de la Côte d’Ivoire, qui est la Constitution. Ça a été l’une des raisons. En plus, nous, militants du Pdci, avions souhaité, lors de notre dernier Congrès, que la Côte d’Ivoire se dote d’une Vice-présidence et d’un Sénat. Ça a été pris en compte dans cette nouvelle Constitution. La Constitution est une sauce dans laquelle on met tous les ingrédients, tous les condiments, et chacun prend dans la sauce ce qu’il aime. Mais, tout le monde mange la sauce. Nous avons des éléments dedans qui nous ont intéressés. Donc, nous avons convaincu nos militants et les militants des autres partis, de soutenir ce référendum. C’est ce qui s’est passé. Et, nous sommes heureux d’avoir obtenu un score honorable. Dans la zone sud, Koumassi, Treichville et Port-Bouët, Koumassi a eu le taux le plus élevé. Nous nous en félicitons. C’est le fruit de la collaboration entre tous les acteurs politiques. C’est pour vous dire que quand le devoir nous appelle, nous savons dépasser nos clivages. Nous savons faire fi de nos ressentiments, de nos émotions pour nous consacrer à l’essentiel.

Ne trouvez-vous pas que la création d’un Sénat et d’une Vice-présidence, est budgétivore pour la Côte d’Ivoire?

Il n’ y a pas d’actions plus budgétivores que les actions pour la paix. La gestion des conflits, c’est beaucoup plus budgétivore que ce que vous pensez. Si cela peut nous éviter la guerre, l’achat des armes pour défendre le pays, autant le faire. Mieux vaut prévenir que de gérer la guerre.

Quelle est votre position sur la nomination, à titre transitoire, d’un Vice-président?

La loi a été votée. S’il doit le faire, il (le président Ouattara, Ndlr) le fera dans le respect des textes. Si c’est fait dans le respect des textes, je ne vois pas pourquoi en tant que citoyen, je trouverais à redire.

Le Pdci a demandé la Vice-présidence à son Congrès. Est-ce que vous vous attendez à ce que ce poste vous revienne absolument?

Je pense que je ne suis pas le premier responsable du Pdci. Le premier responsable est Henri Konan Bédié. Il se concerte tout le temps avec le président Ouattara. Moi je suis militant de base. Je suis coordonnateur. Je m’en tiens à ce que mon niveau de responsabilité me permet de faire. Je pense qu’au plus haut niveau, cette question pourra être traitée si tel était le souhait du Pdci.

Quand l’opposition dit que le taux de participation est totalement bas. En deçà même des 10%, vous, en tant que membre de la coalition au pouvoir, que répondez-vous?

Partout dans le monde, on a vu des référendums avec des taux en deçà de celui que nous avons connu. Il y a eu des élections qui ont des taux de participation de moins de 20%. Pas loin de nous, il y a eu un président qui a été élu avec un taux en deçà de 20% Je ne veux pas citer de noms. Mais, malgré cela, il a dirigé légitimement le pays. La Constitution est une élection thématique. Les Ivoiriens sont habitués à voir un visage derrière une élection. Quand il n’y a pas de visage, ça devient compliqué. C’est ce qui a fait que, certainement, le taux a été plafonné à 42%.

Comment réagissez-vous à certaines informations d’organisations de la société civile, qui font état de bourrage d’urnes dans certaines localités?

Je n'en suis pas témoin. Je ne peux pas en parler. J’ai géré un processus normalement. Je ne suis pas dans d’autres localités. Je ne pense pas qu’il y ait eu des bourrages d’urnes.

Au regard du contexte dans lequel cette Constitution a été votée, pensez-vous que cela puisse garantir la paix comme le prétend le chef de l’Etat?

Je connais un principe. Le gouvernement gouverne et l’opposition s’oppose. Ceux qui ne sont pas d’accord, manifestent. C’est le principe.

Ne pensez-vous pas que vu que c’était une loi fondamentale, le chef de l’Etat devait chercher à trouver un minimum de consensus avec la classe politique?

Des consultations ont été faites. Les partis politiques, les religieux, la société civile, ont été consultés. Maintenant, est-ce qu’il fallait faire un pré-réferendum, je ne sais pas. Sinon, des consultations ont été faites. C’est au sortir des consultations que certains responsables ont pris des positions pour, soit boycotter soit tout refuser. C’est leur droit. On ne peut pas dénier à quelqu’un le droit d’adhérer ou pas à une Constitution. Ceux qui ont voté savent que c’est bien pour eux.

Le Pdci semblait tenir à l’alternance en 2020. Aujourd’hui, qu’en est-il au sein du parti?

On n’est pas encore en 2020. Nous avons voté un président qui est train de travailler. C’est quand 2020 va approcher, que chacun va développer ses arguments en faveur de l’alternance ou non. Pour le moment, nous savons que nous avons permis à un régime de se mettre en place dans le cadre d’une coalition. Et, nous devons accompagner cette coalition pour faire un bon bilan. C’est quand 2020 va approcher que nous pourrons dire qui peut être candidat, et qui ne peut pas l’être. Là, nous ne sommes qu’en 2016. C’est un peu trop précoce.

Quelle est votre position sur le parti unifié qui tarde à voir le jour?

Ça va venir. Il faut de la patience. Dans les dernières déclarations que j’ai lues, j’ai vu que tout était prêt. On attend peut-être de finir les élections (législatives).

Est-ce que la base de votre parti est d’accord pour ce parti unifié?

Il y a eu des consultations au niveau de nos bases, pour savoir si chacun voulait qu’on aille à cette alliance. Ce qui avait été décidé, c’était le parti réunifié. Le président Bédié l’a exprimé haut et fort. Mais, on ne fait pas une union seule. Donc, tenant compte des avis des uns et des autres, on en est revenu à la formule de parti unifié. Donc, on attend certainement le moment propice.

Vous êtes en train de construire un Hôtel de ville à Koumassi. Quand allez-vous intégrer vos nouveaux locaux?

Je voudrais vous inviter à le visiter. Il nous coûtera 3 milliards de F Cfa que nous finançons sur fonds propres. Si aujourd’hui, nous avons un appui d’un milliard, demain nous sommes dans les nouveaux locaux. Il faut que nous puissions achever et équiper, avant de déménager. Les travaux avancent grâce à une coopération sud-sud. Nous avons pu trouver des amis Maliens qui nous ont prêté 600 millions de F Cfa, ce qui nous a permis de booster les travaux. Aujourd’hui, ils (les ouvriers, ndlr) doivent être en train de poser la toiture. Donc, les travaux avancent. Ça nous prend chaque année, 300 millions de F Cfa sur notre budget. Nous estimons que chacun doit matérialiser son passage sur terre. Notre façon de matérialiser notre passage, c’est de laisser ce que nous pensons être bien pour les générations futures. Parce que quand des gens nous disent, pour des mariages, qu’ils veulent se marier à Koumassi, mais souhaitent que ça se fasse au Plateau, ça fait mal au cœur. Cela veut dire que nos locaux ne sont pas dignes d’offrir un cadre agréable où les mariés seront à l’aise. Nous voulons servir ce cadre. En plus, je vous ai dit tout à l’heure, nos locaux datent des années 70. Tout est vieillissant. Le matériel informatique doit être renouvelé tous les deux ans. Quand nous vivons tout cela, nous disons qu’il faut sortir de là. Mais, nous pensons que d’ici 2020, nous devrions pouvoir intégrer ces locaux.

Réalisée par BAMBA Idrissa, SYLLA Arouna, Assane NIADA, FOFANA Mambé et Philip KLA

(Coll. A. KOUASSI et A. SANOU)


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