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Pasteur Joël Abraham : « La Côte d’Ivoire est sous le jugement de Dieu »

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pasteur-joel-abraham-la-cote-d-ivoire-est-sous-le-jugement-de-dieu Le pasteur Joel Abraham (au centre) compte organiser des séances de prières avec d'autres chrétiens pour le bonheur de la Côte d'Ivoire
Politique

Plus connu sous le nom pasteur Joël Abraham, le pasteur Joël Abraham Tagro du Ministère du Saint Esprit en Mouvement a animé une conférence de presse, le vendredi 4 août 2017, au Baron de Yopougon pour révéler que la Côte d’Ivoire est sous le jugement de Dieu. En vue de protéger le pays, il envisage organiser une caravane de prières de plusieurs hommes de Dieu de différentes églises, couronnée  par un colloque de réflexion dont les résultats « scientifiques » seront remis aux hommes politiques.

Le pasteur Joël Abraham du Ministère du Saint Esprit en Mouvement était face à la presse, le vendredi 4 août 2017, au Baron de Yopougon. Soutenu pour la circonstance par les pasteurs Krah N’goran et Kouassi Alfred, l’homme de Dieu qui affirme avoir reçu certains messages alarmants dit vouloir organiser des chaînes de prière pour que le pays soit préservé. « A l’occasion des 57 ans de la Côte d’Ivoire (le lundi 7 août 2017), nous voulons lancer une chaîne de prière entre les églises, mettre en place un cadre de réflexion (colloque), pour réfléchir sur un thème très important : « Côte d’Ivoire, du rêve africain au revers, du revers à la rédemption. Quelles solutions ? », a-t-il dit d’entrée.

Pour lui, les 4 signes qui prouvent que « la Côte d’Ivoire est sous le jugement de Dieu » sont manifestes : « la guerre, les morts, la famine et l’exile de certains fils et filles du pays ».

Puis de poursuivre : « Intercession pour la nation (IPN), c’est plusieurs églises, plusieurs hommes de Dieu, plusieurs sensibilités spirituelles qui se mettent ensemble pour un seul but : prier pour la Côte d’Ivoire. Nous insistons beaucoup sur la neutralité, l’impartialité parce que souvent, c’est nos prises de positions qui empêchent Dieu d’agir. Cette plate forme veut initier deux choses majeures. Premièrement, une caravane de prières pour le pays. Nous irons d’église en église. L’apothéose aura lieu dans une grande place publique de la place. On doit prier pour ce pays (…). Nous allons faire des colloques de réflexion. Nous allons faire des ateliers pour murir, avoir des conclusions un peu scientifique. Parce que les gens ont toujours regardé les hommes de Dieu comme des gens qui viennent pour des prophéties, des prières, mais qui ne proposent rien de concret. On va aller en profondeur, pour essayer de parler aux hommes politiques dans leur langage et aux hommes spirituels dans leur langage (…) Quand on a prié, le Seigneur nous a donné des paroles importantes. Vous savez aujourd’hui, c’est dommage de voir nos leaders de jouer avec la destinée du peuple », a-t-il regretté avant de donner les caractéristiques des différents régimes qui se sont succédés au pouvoir jusqu’à présent. Selon lui, l’orgueil, le sexe et l’argent ont successivement caractérisé le pouvoir sous Bédié, Gbagbo et Ouattara.

Pour le pasteur Joël Abraham, les hommes de Dieu ont toujours joué leur partition, mais la faute incombe aux hommes politiques. « On ne parle pas seulement du régime actuel. Nous parlons des régimes depuis le président Bédié jusqu’à ce jour. Dieu nous a permis de jouer notre partition. Souvent, on dit que les hommes de Dieu, les chrétiens n’apportent rien à la société…L’homme de Dieu n’est pas là seulement pour chasser les démons, guérir les malades. Il est aussi un agent du développement. Aux Etats Unis, les hommes de Dieu impactent fortement la nation parce qu’ils ont une certaine force financière et matérielle ».

Et de soutenir que les actes qu’il a posés depuis des années montrent bien qu’ils sont sérieux dans leur approche. « En 2005, nous avons initié de grandes conférences de développement au Palais des congrès de l’Hôtel ivoire pendant 3 jours, ce qui était coûteux. Ça veut dire qu’on était sérieux dans notre approche. On a pris le Palais de la culture pendant 3 jours. On a pris la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire. Des partenaires comme ceux de la présidence, la primature, le gouvernement dans sa diversité avec certains ministères. On avait même été reçu par Jean Luc Billon, en raison de la pertinence de nos projets. On a travaillé avec des banques de renom… »

Ce qu’il dit du régime Gbagbo

« On avait décroché des projets très importants. La première dame d’alors, Mme Gbagbo (Simone Ehivet Gbagbo : ndlr) nous avait commis son conseiller juridique pour pouvoir piloter un projet de construction d’une université ici. Mais beaucoup de ces projets ont capoté parce que la Côte d’Ivoire était sur une liste rouge. Laurent Gbagbo, Soro Guillaume et certaines personnalités, même le président Bédié ont reçu des messages ou bénéficié de ce ministère, mais souvent, l’entourage de nos hommes politiques constitue un problème. Nous prions, Dieu parle, si toute à l’heure, je donne un message à quelqu’un et que ça ne lui sied pas, il va le rejeter parce que ça ne va pas dans son sens. Je prie Dieu que les journaux bleus nous accordent une interview. Ils vont comprendre que ce qui est arrivé au régime passé (le régime de Laurent Gbagbo : ndlr), le Seigneur nous a permis d’envoyer des messages, des signaux. Sur notre facebook, parlant au président Laurent Gbagbo, tu seras chassé du milieu des hommes. Nébukanessa, c’était le roi. Il a fait 7 ans d’exile dans une forêt…J’avais des contacts directs dans l’entourage direct du président Laurent Gbagbo. On a pris le temps d’avertir, de parler. Mais nos hommes politiques ont souvent l’impression que ce sont des mendiants qui sont en train de parler, qui n’ont rien à faire. Malheureusement. Or, la bible dit que Dieu a parlé par la gueule d’une ânesse à un prophète appelé Balaham. L’ânesse s’est affaissée sous lui, l’épée qui devait le tuer n’a pas pu le tuer ».

Son message qu’il a envoyé à la fille de Gbagbo

« Je l’ai connue dans le cadre de mes projets de lobbyiste de consultant. Sa maman a rétabli la connexion. On l’avait avertie pendant la crise postélectorale pour lui dire qu’à partir du moment où vous dites que Laurent Gbagbo est David, dans la bible, David a connu un coup d’Etat par son propre fils qu’on appelait Absalon. En Côte d’Ivoire, comme les gens le disent, Soro Guillaume est le fils spirituel de Laurent Gbagbo. Et si c’était le cas que c’était un coup d’Etat et que Gbagbo est réellement chrétien, on allait annoncer qu’il a perdu les élections et il devait se retirer, de la même manière que Dieu a permis à David de se retirer, de ne pas affronter son fils et de voir sa gloire, parce que ce fils-là même, Dieu s’en est occupé après. Le Seigneur aurait pu lui faire grâce, même si ce n’est pas la mort de quelqu’un, il serait revenu. Quand on a reçu ce message, on a dit à la jeune sœur qu’en Côte d’Ivoire, quand il y a des élections, le résultat sort pratiquement dans la nuit du jour de vote. Mais pour cette élection présidentielle, on mettrait 4 jours avant de connaitre les résultats. Et qu’elle devait croire que c’est un signe du Seigneur. Mais elle a mal pris la chose, en m’envoyant un sms pour me dire que le Seigneur allait nous juger et que nous allions payer nos dettes. Un peu comme des malédictions. Nous lui avons dit qu’on a essayé de vous raisonner, mais votre famille va en pâtir. Dans la sagesse, pour qu’il y ait moins de dégâts, il fallait qu’il se retire. Quand tu estimes que tu as raison, Dieu mène le combat pour toi.

Mutineries, la crise au sein du Rhdp et autres sous Ouattara

« Mutinerie, la santé du président Ouattara quand il a été opéré de la sciatique, la crise du cacao, la crise au sein du Rhdp, au sein de RDR, les grèves sociales, la fronde sociale. Toutes ces choses ont été données comme des messages. Quand tu pries, Dieu te parle…Tu ne peux pas recevoir des messages et les garder. On n’a pas de problème avec X ou Y. Notre objectif, c’est la véritable réconciliation et le rassemblement des fils et des filles de la Côte d’Ivoire pour qu’ensemble, on puisse bâtir ce pays…Chaque nation a son calendrier prophétique. C’est comme ça que Dieu a commencé à nous montrer le calendrier prophétique de la Côte d’Ivoire », a poursuivi le pasteur Joël Abraham, avant d’ajouter : « Quand nos personnalités sont au pouvoir, plusieurs d’entre elles oublient le spirituel. Nous ne sommes pas des hommes de Dieu pour condamner les régimes. La prophétie ne vient pas pour condamner. Elle vient pour avertir ».

Pour étayer ses propos, il lit des messages qu’il a envoyés avant la survenue de certaines crises, à une personnalité qui est encore dans le gouvernement.  « Le 26 mai 2011, à 9h06 : Bonjour madame la ministre. L’allié dont je parlais 3 semaines plus tôt, c’était les Forces nouvelles. Je pensais t’avoir en ligne 3 semaines en arrière pour parler avec toi. Mais le silence ne m’en a pas donné l’occasion. Et puis, avec les hommes en arme, les hommes armés, il faut être prudent…Sinon, dans la vision, les choses sont compliquées et ont sérieusement perturbé le président de la République ».

Un autre message : « Le 2 juin 2011, à 19h01 : Madame la ministre, depuis plus d’un mois, avant la cérémonie d’investiture, j’ai reçu de Dieu pendant l’intercession une série de messages sur les Forces nouvelles. Dieu me révélait qu’il y aurait des événements qui allaient compliquer cette alliance. J’avais même vu en leur sein, un soulèvement contre l’autorité du chef de l’Etat qui voulait y mettre de l’ordre. J’ai béni Dieu pour la décision de maintenir Guillaume Soro à la Primature. Nous prions beaucoup pour la gestion de ses hommes et de leur cas ». « N’est-ce pas la gestion de ses hommes et de leur cas qui a envoyé toutes ces mutineries qu’on a connues récemment ?», a-t-il interrogé. Et d’ajouter : « Nos hommes politiques aiment les bonnes paroles. Quand tu leur dis qu’il y a un malheur qui arrive, un problème qui arrive, ils te prennent comme leur ennemi. Celui qui t’avertit d’un danger, c’est lui qui t’a vraiment aimé. C’est pourquoi on dit Dieu aime la Côte d’Ivoire. Je suis peiné parce que souvent, il y a danger à l’horizon, nous voulons attirer ton attention, mais c’est impossible. Tous ces courriers existent. Nous avons été des messagers pour la plupart des leaders qui sont passés.

« Continuons encore avec le président Ouattara »

« En juillet 2013, j’avais vu la fronde sociale actuelle. Même le soulèvement des corps habillé, c’était en 2013 que j’ai vu. Il faut souvent écouter les hommes spirituels. Nous ne sommes pas là pour condamner, mais pour avertir. Ce qui est important, c’est la nation ivoirienne »,   a indiqué l’homme de Dieu avant de lire un autre sms qu’il a envoyé à la personnalité en question. « Le premier message sur la santé du président Ouattara, c’était le 18 septembre 2011, à 8h05 : Mme la ministre, l’objet de cet écrit, c’est pour dire comme tu as le ministère de la prière auprès du président, de beaucoup prier pour sa santé. Tu peux en parler aux personnes engagées dans ce volet avec toi. Parce que nos récentes prières en votre faveur, selon les saintes écritures qui nous demandent de prier pour les autorités, nous ont conduits à mettre sérieusement en prière l’état de santé du président de la République ».

Encore des sms relatifs aux grèves, grogne sociale, cherté de la vie, crise du secteur de l’agriculture, crise dans la filière du cacao pour prévenir la ministre : « Le 10 mars 2012, à 20h44. Je crois qu’il serait important que je te rappelle le sms que je t’ai envoyé 5 mois en arrière sur ton numéro orange à partir de mon numéro moov commençant par le 40 » a révélé le conférencier avant de dire que « Tous ces faits ont fait trembler la république. Le gouvernement a été averti à travers la ministre et les 5 courriers qu’on a déjà adressés ».  Pour le pasteur Joël Abraham, tous ces messages sont relayés par des fidèles qui ont des parents dans certains partis politiques: « Quand nous prions, en notre sein, il y a des pasteurs qui ont des parents au RDR, au PDCI, au FPI. Quand on a des messages, ces personnes nous permettent de les rencontrer pour leur donner ces informations.

Dans ses échanges avec les journalistes, le conférencier a révélé que « Les signaux que nous recevons ne sont pas encourageants » et que « L’Esprit de Dieu ne va pas épargner pleins de leaders ».

En vue d’éviter certaines situations au pays, le pasteur et ses coreligionnaires se retrouveront bientôt pour prier : « Le 18 août 2017, nous allons nous retrouver à l’espace Eden, une église de la place, pour déjà confier ce projet au Seigneur et prier pour notre pays ».

 

Adolphe Angoua

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