Forces armées de Côte d'Ivoire : La vérité sur la situation du Chef d’état-major

Politique
Publié le Source : Soir info
forces-armees-de-cote-d-ivoire-la-verite-sur-la-situation-du-chef-d-etat-major Le Général Touré Sékou n'a pas démissionné de son poste de Cema, selon une source proche de l’État-major des Faci.

Le Chef d’état-major général (Cemag) des Forces armées de Côte d'Ivoire (Faci), le général de corps d'armée, Touré Sékou, qu'une rumeur persistante donne pour démissionnaire de ses fonctions à la tête de l'armée, «  est bel et bien à son poste », selon un officier supérieur que nous avons joint, le mercredi 14 février 2018, sur son téléphone portable. Notre interlocuteur a mis ces rumeurs sur le compte des « ragots visant à semer le trouble dans les rangs des soldats ivoiriens ». Tous ces bruits confus, qui se relaient depuis quelques jours autour du général Sékou Touré, «  sont faits pour saper le moral des troupes en cette période calme », a estimé notre source.

Selon elle, ce sont des bavardages malveillants « qui ne reposent sur aucune espèce de vérité ». « Vous pouvez venir vérifier. Le Cema est bel bien à son poste. Il est en train d'accorder des audiences ce matin. Il est à son bureau où il est arrivé à son heure habituelle », nous a fait valoir l'officier. Qui croit connaître la source de ce qu'il qualifie de rumeur.

«  La semaine dernière, Jeune Afrique a écrit sur le Cemag, dans un semi portrait. Les rumeurs sont parties de là. Chacun y est allé avec les causeries de quartier, et puis, il s'en est suivi la polémique. Quand nous avons fait le regroupement de ces rumeurs, nous nous sommes aperçus que tout est parti de l'article de Jeune Afrique qui n'incriminait pas, pourtant, le Cemag. C'est totalement faux, cette affaire de démission du Cema. Il n'a pas démissionné. Il est à son poste. L'idée de démissionner de ses fonctions ne lui a jamais effleuré l'esprit », s'est voulu rassurant notre interlocuteur qui, invoquant son droit de réserve, a formellement requis l'anonymat.

Le général Sékou Touré a été nommé, le lundi 9 janvier 2017, à la tête des Faci en remplacement de l’ancien Cemag des Forces armées des forces nouvelles (Fafn), Soumaïla Bakayoko. Le mercredi 20 décembre 2017, suite à un décret pris en Conseil des ministres par le chef de l’État, chef suprême des armées, Alassane Ouattara, le général de division Touré Sékou a été promu au grade de général de corps d’armée. 

Lors de la présentation des vœux du nouvel an, le 4 janvier 2018, au Palais de la présidence de la République, au Plateau, il a révélé qu'une sanction avait touché 230 militaires et gendarmes qui ont été radiés des effectifs en 2017, présentant les excuses de l'armée au chef de l’État, Alassane Ouattara, pour les mutineries du début de l'année 2017. « L’année 2017, il faut le dire, a été marquée par des mutineries qui ont remis en cause les fondements de notre armée (…). Le mouvement d’humeur a amené à s’interroger sur le degré de loyauté et d’engagement envers la mère patrie », avait-il reconnu. Ces mutineries « ont eu des graves conséquences économiques et sociales sur notre pays », avait notamment rappelé le général, promettant de « redorer le blason terni » de l’armée qui « doit cesser d’être un problème ».

Mais quelques jours plus tard, la ville de Bouaké était secouée par des affrontements entre des militaires et des éléments du Centre de coordination des décisions opérationnelles (Ccdo).

Signalons que fin décembre 2017, un millier d’hommes ont quitté l'armée ivoirienne, dans le cadre d’une réforme, avec un intéressement de 15 millions de F Cfa.

 

Armand B. DEPEYLA