Plateforme de l’opposition avec le FPI : : « Il n’y a aucun accord entre le président Gbagbo et Bédié », déclare Assoa Adou, Sg sur RFI

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Politique

Dr Assoa Adou, secrétaire général du Front populaire ivoirien était l’invité de l’édition Afrique matin de ce mercredi 9 janvier 2019 du confrère RFI. Interrogé sur la question d’un prétendu accord trouvé entre les présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, du Front populaire ivoirien (FPI) et du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), pour la mise en place d’une plateforme regroupant des partis de l’opposition ivoirienne. L’ex ministre des eaux et forêts sous Laurent Gbagbo, a visiblement brisé le rêve de tous ceux qui s'attendaient à voir naître cette plateforme. La priorité pour lui et le Fpi c'est la reconciliation et non un quelconque fauteuil presidentiel. Ci-dessous l’intégralité de l’interview.

On attend toujours la décision de la cour pénale internationale concernant la remise en liberté provisoire de Laurent Gbagbi, vous êtes toujours confiants ?

Plus que jamais confiant parce que vous voyez quelqu’un qui est accusé des crimes les plus abominables de la terre, comme je dis toujours de tous les péchés d’Israël. On envoie contre lui 82 témoins à charges, on envoie contre lui des images montées de toutes pièces et à la fin de l’audition de ces 82 témoins les juges eux-mêmes ont jugé que ce n’était plus la peine que les avocats de M. Laurent Gbagbo présentent des témoins. Ce qu’ils ont entendu est suffisant et ils demandent à ses avocats de demander tout simplement un non-lieu. Nous ne pouvons donc être que dans une position de satisfaction dans l’attente de son retour. Tout autre décision contraire, je dirais en ce moment serait du domaine politique, ce n’est plus la justice.

Beaucoup d’observateurs politiques ivoiriens décrivent maintenant un Fpi à trois têtes, Laurent Gbagbo et vous, Simone Gbagbo et Pascal Affi N’guessan, Qu’est ce que vous leur répondez ? Est-ce que le Fpi se porte bien ?

On ne peut pas empêcher les hommes de spéculer. C’est de la pure spéculation mais la réalité des faits, il n’y a qu’un seul FPI, celui qui a été dirigé par Aboudrahamane Sangaré, moi je ne suis que le secrétaire général. Ce qu’ils oublient c’est que le congrès de Mama en son temps, le congrès de Moossou l’année dernière a porté à la tête du parti M. Laurent Gbagbo. Et dans les textes du Front populaire ivoirien, le president est élu et le président nomme ses collaborateurs et c’est ce qu’il a fait. Donc le parti fonctionne conformement au texte du parti. Après la disparition de Sangaré.

Il n’y a pas de division après la mort d’Aboudrahamane Sangaré ?

Non pas plus tard que samedi, nous avons fait un secrétariat général présidé par Mme Gbagbo, deuxième vice-présidente du parti.

Est-ce que le Fpi est prêt à aller à la discussion en vue de la reforme de la Commission électorale indépendante proposée par le président Ouattara ?

Nous sommes prêts à aller à toutes discussions. Nous le disons, la Côte d’Ivoire à un problème de paix, le pays a besoin de sérénité et c’est cette sérénité que nous cherchons et c’est ce que Laurent Gbagbo nous demande de chercher. On a vecu ensemble ici sans savoir que celui là venait du nord ou du sud. Depuis 7 ans, voire 8 ans, ce poison, ce virus mortel, que le RDR qualifie de rattrapage, a mis les ivoiriens contre les uns et les autres. Il faut aplanir cela, il faut que si je rencontre un militant du PDCI, un militant du Rdr, ont puisse causer, rire et qu’on aille en paix à une compétition. Donc la CEI, c’est important, mais la paix en Côte d’Ivoire est l’élément le plus important. C’est ce que nous cherchons.

Henri Konan Bédié, récemment, dans une interview, expliquait avoir eu l’accord de Laurent Gbagbo pour parler avec le FPI d’une éventuelle plateforme de l’opposition en vue de 2020. Quelle est la position du FPI ?

Le FPI, sur recommandation du président Laurent Gbagbo, nous devons discuter avec tous les partis politiques, sans exception. Le PDCI, certainement ses cadres qui veulent aussi peut-être la paix, ont contacté des militants FPI. Mais il n’y a aucun accord entre le président Laurent Gbagbo et le président Bédié.

Mais est-ce qu’il est envisageable une alliance ou une plateforme dans laquelle on trouverait notamment le PDCI et le FPI ?

Aujourd’hui, notre ligne est que tous les partis politiques – PDCI, FPI, RDR et les autres – tout le monde se mobilise pour que la paix qui n’a pas été faite, soit faite. C’est cela que nous cherchons. Le reste vient après. Il ne faut pas soigner une plaie sans l’avoir nettoyée. Mettre du sparadrap dessus, quel est le résultat que vous allez avoir ? C’est ce que l’on voit au Plateau, c’est ce que l’on voit à Bassam, c’est ce que l’on voit à Port-Bouët. C’est ce que l’on a eu à Bokoba pour les élections municipales. On finit avec des morts. Il faut en finir avec cela. L’objectif, c’est la paix, pour préparer des élections qui viendront plus tard, dans des conditions de sérénité.

C’est-à-dire que les conditions actuelles ne permettent pas de tenir une élection présidentielle en 2020 ?

D’après les informations que nous avons reçues, à Bassam les élections se déroulent. Et dans les bureaux de vote où le candidat qui est opposé à celui que le pouvoir veut, ce candidat dans ce bureau de vote, nous sommes sûrs qu’il va gagner. Un commando avec des gens cagoulés et armés atterrit, prend les urnes, disparaît. Si par hasard, ceux qui étaient là avaient résisté, il serait allé les abattre.

Donc 2020 c’est trop tôt pour résumer ?

Pour 2020, les Ivoiriens doivent, dès maintenant, construire la paix dans leur pays.

Que devra faire Laurent Gbagbo s’il rentre dans les semaines ou les mois qui viennent ?

Ce qu’il pense faire, c’est ce qu’il nous a dit de faire. Faire que l’Ivoirien n’ait pas peur de l’autre. Faire que les Ivoiriens ne se regardent pas en chiens de faïence. Sinon, on ne peut pas construire ce pays ! Nous avons besoin de toutes les intelligences, de toutes les ethnies.

Mais est-ce qu’il est candidat aux prochaines élections pour mener un programme ?

Pour nous, ce n’est pas à l’ordre du jour. Ce n’est pas notre priorité actuellement. Une candidature, même de qui que ce soit au FPI, n’est pas à l’ordre du jour actuellement. Il faut que les partis politiques, les associations, le gouvernement, reconnaissent. Ce n’est pas difficile de reconnaître. Nous avons essayé et nous n’avons pas réussi. Asseyons-nous et voyons comment on va proceder, nous sommes prêts à dire ce que nous pensons!

Propos retranscrits par Jean Kelly Kouassi