Une semaine après sa libération: Alain Lobognon fait le grand déballage face à ses parents, ses vérités à Ouattara

Politique
Publié le Source : L'inter
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Le député de Fresco, Alain Lobognon, recevait, vendredi 22 février 2019, ses parents de Fresco, une semaine après sa sortie de prison. La rencontre était retransmise en direct sur la page facebook de M. Lobognon.

L'ex-ministre des sports a indiqué que ce qui se passe à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) était « inhumain ». « Je voulais voir ce qui se passe à la Maca et j'ai vu. (…) Ce qui se passe à la Maca est inhumain. On ne traite pas des hommes comme on traite les prisonniers en Côte d'Ivoire », a rapporté Alain Lobognon. Incarcéré le 1er février 2019, Alain Lobognon, condamné pour « divulgation de fausse nouvelle, trouble à l'ordre public et incitation à la violence », est resté deux semaines en prison. Son tort : il a annoncé, dans un tweet, début janvier 2019, que le procureur de la République avait ordonné l'arrestation du député Pdci du Plateau, Jacques Ehouo, poursuivi pour détournements de deniers publics.

M. Lobognon s'est considéré, depuis le début de l'affaire, comme un « prisonnier politique ». « 20 fois, ils vont m'envoyer à la Maca, 20 fois je vais sortir. En Côte d'ivoire, ce n'est pas quelqu'un qui va nous effrayer. J’étais dans un avion sur lequel on a tiré, je ne suis pas mort. Donc ce n'est pas avec la prison qu'ils vont m’effrayer. On ne peut plus revendiquer des libertés dans un pays ? J'ai la liste. J'ai mangé et dormi avec eux. C'est pourquoi je dis : c'est un service qu'on m'a rendu en m'envoyant à la Maca parce qu'a partir du 1er avril 2019, on sera à l'Assemblée nationale », a prononcé Alain Lobognon. Pour avoir séjourné à la Maca, l'élu soutient qu'elle regorge de « prisonniers politiques ». Il a salué le travail « remarquable » d'Amnesty international, spécialisée dans la défense des droits humains. M. Lobognon a suggéré aux responsables de l'Ong d'aller un peu plus loin pour toucher de près les « graves dérives » dans la prison.

A ses parents, Alain Lobognon a fait part de sa rupture avec le Rassemblement des républicains (Rdr) dans lequel il a milité de nombreuses années durant. Depuis le 26 décembre 2018, M. Lobognon milite dans un nouveau parti : le Mouvement pour la promotion de nouvelles valeurs en Côte d’Ivoire (Mcvi). Le parti est engagé dans le combat pour un nouveau code électoral, celui pour la confection des nouvelles cartes d'identité et le combat pour la révision de la liste électorale et la réforme de la commission électorale.

Affaire « 3e mandat ». L'ex-maire de Fresco, opposé à un 3e mandat du président Alassane Ouattara, a jugé que pour « la paix sociale », le chef de l’État doit respecter son « engagement ». « L'engagement, c'est qu'à un moment donné, M. le président, vous avez dit : je ne veux pas être candidat pour une 3e fois parce que la Constitution ne le permet pas. Je n'irai pas voir un président de la République que j'ai soutenu pour être au pouvoir, je n'irai pas le voir pour lui dire : M. le président parce que je vous aime, il faut violer la Constitution pour être candidat une 3e fois. Je me suis battu contre la Constitution de 2000. Au moment où je me battais, certains fuyaient, ils sont sortis du pays avec leurs enfants (...). En 2020, celui qui va gagner l'élection, c'est celui qui voudra que les Ivoiriens soient réconciliés. C'est celui qui voudra que les prisonniers sortent des prison », a argué Alain Lobognon. « Mon rôle c'est de revendiquer pour que tout soit bien en Côte d'Ivoire. J'étais au Rdr, je critiquais, on m'a envoyé en prison. Je vais critiquer », a assené le député.

Alain Lobognon a rapporté à ses parents qu'il avait bénéficié du soutien de plusieurs personnalités pendant ses déboires judiciaires : son « frère » Guillaume Soro, le président du Pdci Henri Konan Bédié, le fondateur de Lider Mamadou Koulibaly, le président du Fpi Pascal Affi N'guessan. Ce dernier, qui se trouvait en République démocratique du Congo, au moment de son arrestation, a dépêché un avocat à la Maca pour le défendre.

Les populations, par l'entremise du président du collectif des chefs du département de Fresco, ont rassuré Alain Lobognon : « Nous n'avons jamais douté de la justesse du combat que vous menez pour Fresco en général pour la Côte d'Ivoire ».

Les populations ont apprécié à sa juste valeur la démarche de leur « fils » : celui-ci, comme le commandent certaines coutumes en Afrique, est allé saluer ses parents à sa sortie de prison.

Venance KOKORA

Code photo : Lobognon

Légende photo : Pour avoir séjourné à la Maca, Alain Lobognon soutient qu'elle regorge de « prisonniers politiques ».