A l’issue d’un séminaire

Assoa Adou : « Tous les autres partis qui nous font la cour ne veulent pas voir Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire »

Politique
Publié le Source : Soir info
assoa-adou-tous-les-autres-partis-qui-nous-font-la-cour-ne-veulent-pas-voir-laurent-gbagbo-en-cote-d-ivoire Assoa Adou a réaffirmé la volonté du parti d’aller à la réconciliation

Le « Parti de Gbagbo » était en séminaire, du 6 au 7 avril 2019. A l’issue de cette rencontre qui visait, selon Simone Gbagbo, vice-présidente du parti, la « construction des responsables efficaces, compétents, dignes, pour que le Fpi aille de l’avant », son secrétaire général, Assoa Adou, a dit ses vérités sur les rapports entre le parti et les autres partis de la sphère politique ivoirienne.

A l’en croire, contrairement aux militants et cadres du parti qui attendent un retour prochain de l’ex chef d’État, les autres partis de l’opposition n’espèrent pas un retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Aussi, a t-il indiqué, il importe pour ledit parti, d’œuvrer à une évolution de cette situation. Cela, d’autant plus que, la contribution de l’ancien numéro 1 est indispensable à la réussite des chantiers de la réconciliation et du développement socio-économique du pays.

«Tous les autres partis qui nous font plus ou moins la cour, ils ne veulent pas voir Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Donc, notre combat, c’est de les amener à l’accepter. Et que, eux voient que pour que ce pays aille de l’avant, que nous allons vers des élections transparentes justes, et que tous les Ivoiriens soient réconciliés, il faut que Laurent Gbagbo soit présent. (…) C’est le seul qui peut réconcilier les Ivoiriens », a assuré Assoa Adou.

Et d’expliquer, relativement au mémorandum conçu par le parti, sur la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei) et la réconciliation, qu’un secrétariat exécutif se réunira le mercredi 10 avril prochain, pour plancher sur son adoption et sa mise en œuvre. « Si le texte est adopté, il sera présenté au secrétariat général, et enfin au comité central. Sur cette base, nous allons faire une campagne de mobilisation du peuple de Côte d’Ivoire, et nous allons rencontrer tous les partis de Côte d’Ivoire, toutes les organisations civiles, pour parler de la réconciliation, du retour de Laurent Gbagbo », a annoncé le conférencier. S’agissant du retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, Assoa Adou a insisté sur son importance, non seulement pour la réconciliation nationale, mais également pour l’avenir du parti frontiste. C’est pour quoi, il a assuré de la disposition du parti à initier toutes les discussions nécessaires, même avec le pouvoir, pour y parvenir.

« La priorité des priorités pour nous, c’est le retour de Laurent Gbagbo. Nous parlons de réconciliation. Plus que jamais, le maillon manquant, c’est Laurent Gbagbo. C’est le seul qui peut faire que nos élections ne vont pas se dérouler comme ce qu’on a vu à Abobo, à Bassam ou à Port-Bouet. Et que, nous Fpi, parce que nous sommes sûrs de nous, nous sommes prêts à discuter avec tout le monde y compris le Rdr », a promis l’ex-ministre des Eaux et forêts. Il a, par ailleurs, fait remarquer le besoin de changement dans les rangs du parti. En effet, a-t-il souligné, la configuration démographique de la Côte d’Ivoire, dominée par des jeunes, impose un rafraîchissement des bases du parti, pour accroitre ses chances lors des joutes électorales, en l’occurrence la présidentielle de 2020.

« La Côte d’Ivoire est aujourd’hui un pays peuplé de jeunes. Ceux qui ont 18 à 35 ans sont majoritaires dans ce pays. Or, en général, quand on se retrouve dans nos assemblées, même ceux qui nous suivent, ont 40 à 45 ans. Il faut descendre. Il faut recruter, mettre l’accent sur les jeunes de 18 à 35 ans. C’est eux qui sont majoritaires, c’est eux qui vont voter », a-t-il conseillé. Assoa Adou a saisi l’occasion de ce séminaire, pour apporter des éclaircissements sur le rendez-vous manqué entre Laurent Gbagbo et Affi N’Guessan. Il a alors fustigé le non-respect des engagements pris par le président du Fpi, lequel a conduit à l’annulation du rendez-vous qui avait pourtant été programmé à sa demande.

Alassane SANOU