Fpi, fête de la Liberté: Voici le message que Gbagbo veut transmettre aux populations de l'ouest. pourquoi l'ex-chef de l'État a choisi Duékoué

Publié le
fpi-fete-de-la-liberte-voici-le-message-que-gbagbo-veut-transmettre-aux-populations-de-l-ouest-pourquoi-l-ex-chef-de-l-etat-a-choisi-duekoue
Politique

Pour la 20e édition de la Fête de la liberté du Front populaire ivoirien (Fpi, le parti de Gbagbo), l'ex-chef de l'État, actuellement en Belgique, après son acquittement de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (Cpi), Laurent Gbagbo, a décidé de célébrer le peuple Wê et toutes les populations vivant dans l'ouest du pays. Ainsi, pour cette fête de la liberté, c'est la ville de Duékoué qui a été choisie.

Le président du comité d'organisation de cet événement majeur au Fpi, Koua Justin, premier Secrétaire général adjoint et porte-parole du « Parti de Gbagbo », opposé au Fpi de Pascal Affi N'Guessan, a animé un point-presse, vendredi 19 avril 2019, à la résidence des Gbagbo, à Cocody Riviera Golf, pour se prononcer sur les enjeux de cette manifestation, prévue pour les vendredi 26 et samedi 27 avril prochains. Pour lui, cette fête de la liberté revêt une symbolique particulière. Aussi, en a-t-il dévoilé les enjeux. « La crise dite post-électorale a causé beaucoup de torts à toute la Côte d’Ivoire. Tous les Ivoiriens ont souffert dans leur chair et dans leur âme. Mais vous conviendrez avec moi, que l’Ouest de la Côte d’Ivoire, avec les populations Wê et Dan, en a payé, de loin, le plus lourd tribut : des villages entiers rasés et rayés de la carte de la Côte d’Ivoire, des terres confisquées, des milliers de personnes déplacées ou contraintes à l’exil dans les pays limitrophes, des centaines de milliers de personnes tuées pour ne pas dire décimées, qui n’ont pas eu droit aux sépultures sur les terres de leurs ancêtres. Bref, le tableau des événements post-électoraux à l’Ouest est sombre, ahurissant voire révoltant, qui fait de cette région de notre pays, une région martyr », a déclaré Koua Justin à la presse. Notant que le peuple Wê, qui « a longtemps gémi de douleur dans le silence et dans l’indifférence méprisante des tenants actuels du pouvoir, a droit à la solidarité de leurs frères et sœurs du Front populaire ivoirien. Surtout que, malgré ces atrocités qu’il a subies, ce peuple est resté fidèle et loyal au président Laurent Gbagbo et au Front populaire ivoirien ». « Il est debout contre le gré de ses agresseurs. Il a besoin de sentir le réconfort et le soutien du président Laurent Gbagbo. Le président Gbagbo envoie donc le Front populaire ivoirien communier avec ce digne, loyal et fidèle peuple. Il envoie le Front populaire ivoirien témoigner sa reconnaissance et sa solidarité à ce grand et digne peuple. C’est ce message de compassion que le Fpi va apporter à ses militants, militantes, sympathisants en général, et singulièrement au peuple Wê, en célébrant la 20e édition de la Fête de la liberté à Duékoué », a indiqué le porte-parole du « Parti de Gbagbo ».
À écouter le conférencier, c'est sur recommandation de Laurent Gbagbo, et en accord avec Feu Abou Drahamane Sangaré, « son frère jumeau », que la ville de Duékoué a été choisie pour cette célébration. Il s'agit donc, selon Koua Justin, « de rendre un vibrant hommage à tout un peuple, lui témoigner la compassion du Front populaire ivoirien, lui témoigner l’amitié et la fraternité du président Gbagbo, président du Front populaire ivoirien ». Ce sera l'occasion pour les officiels du Fpi, même si Laurent Gbagbo est encore hors du pays, de se recueillir sur les fosses communes de personnes tuées durant le massacre de mars 2011, à Duékoué.
Nouvel engagement
« Aussi, au-delà de notre objectif général qui consiste à y aller pour sonner la mobilisation du parti, de la communauté nationale et internationale, afin de faire triompher l’idéal démocratique en Côte d’ivoire par la reconquête et l’exercice du pouvoir d’État, le Front populaire ivoirien va à Duekoué pour se recueillir aussi sur les fosses communes dans lesquelles reposent ses militants et les centaines de milliers de citoyens anonymes, à qui la chance n’a pas souri dans l’affirmation de leur différence », a expliqué Koua Justin.
Il a affirmé que le Fpi ira prendre « un engagement » pour le combat, « sans relâche, que nous devons mener afin d’interpeller la communauté nationale et internationale sur notre responsabilité commune à reconnaître le génocide subi par le peuple Wê, à nous donner les moyens pour réhabiliter et rétablir ce peuple dans ses droits et enfin, à trouver ensemble les mécanismes pour la réparation des dommages. Il s’agit là d’un maillon essentiel de la réconciliation que tous les Ivoiriens appellent de tous leurs vœux ». Car, soulignera-t-il, le Fpi a « pleine conscience de sa responsabilité devant la mémoire de ces martyrs de l’Ouest qui méritent honneur et considération ». Le « Parti de Gbagbo » se pose donc ainsi comme la locomotive de ce processus de pardon, de réconciliation mais de changement, « en appelant, d’une part, ses militants à démontrer leur capacité de mobilisation permanente, un an avant le 26 octobre 2020, date de la prochaine élection présidentielle, et à mobiliser l’opinion nationale et internationale sur la nécessité d’en finir définitivement avec les vestiges d’un régime dictatorial, en se tournant vers une démocratie vraie en Côte d’Ivoire, d’autre part ».
La Fête de la liberté du camp Gbagbo au Fpi sera articulée autour de trois moments, à savoir l’animation socio-culturelle thématique, le défilé des structures du parti, et le meeting de clôture. Le vendredi 26 avril, une opération de consultation médicale publique gratuite sera ouverte, suivie de la visite des fosses communes, avant la pose  de la première pierre de la stèle dédiée aux martyrs. Des vivres seront ensuite offerts à des familles ciblées. Simone Éhivet Gbagbo, la deuxième Vice-présidente du « Fpi parti de Gbagbo » procédera à l'ouverture officielle de la fête, à Duékoué, à travers un discours et la coupure symbolique du ruban. Des stands qui seront dressés, permettront de découvrir des expositions d'œuvres d’art du terroir, des prestations de danses culturelles du cru meubleront la première journée, de même que le lancement du concours des artistes traditionnels. Un concours culinaire sera également lancé. Par ailleurs, des photos de l'époque de la clandestinité jusqu'à la « refondation inachevée » seront exposées, tout comme le pagne de la fête, les œuvres littéraires de Laurent Gbagbo. Un concours de connaissance du Fpi doté du prix Abou Drahamane Sangaré, récompensera la meilleure fédération. Des activités sportives sont également prévues.
Le samedi 27 avril, les participants à cette manifestation auront droit à un défilé de majorettes et des structures du Fpi, avant la remise du flambeau 2020 à l'équipe qui sera chargée d'organiser la 21e édition de la Fête de la liberté. Le message de Laurent Gbagbo sera lu par son Secrétaire général, Assoa Adou, juste après celui de Simone Éhivet Gbagbo.
Notons que la Fête de la liberté a été célébrée par le camp Gbagbo, à Akouré, dans le département d’Alépé, en 2017, et à Gagnoa en 2018.

Hervé KPODION