Côte d’Ivoire

Yamoussoukro/ Présidentielle 2020 : Le projet de loi portant recomposition de la CEI votée par le Sénat, le groupe parlementaire PDCI dans une colère noire

Politique
Publié le Source : Linfodrome
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Les remous au sein de la classe politique autour de la commission électorale indépendante (CEI) notamment entre le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), porte-étendard de l’opposition et le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) vont s’enfler encore davantage dans les jours à venir. Le projet de loi portant recomposition de la CEI a été adopté par la commission générale et institutionnelle du Sénat le jeudi 1er août dernier à la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix à Yamoussoukro.

Un projet de loi voté certes par 13 voix pour, 3 contre et 0 abstention et qui a laissé toutefois le groupe parlementaire dans l’amertume. La parfaite illustration est la réaction d’Alain Kokottré, Sénateur du Gbêkè, membre du groupe parlementaire PDCI qui, après avoir voté contre, n’a pas manqué d’exprimer son indignation face à la presse. « Nous avons voté contre pour exprimer notre désaccord par rapport à ce qui nous est proposé comme projet de loi. En effet nous, nous attendons un projet de loi portant reforme de la Commission Electorale Indépendante (CEI). Et là, on nous propose un projet de loi portant recomposition de la CEI. Nous avons fait savoir que nous sommes en désaccord avec ce texte. Vous l’avez vu, nous avons fait une déclaration en bonne et due forme pour l’exprimer. Et au cours des débats, nous avons justifié notre position. Et comme notre position n’a pas été prise en compte, nous avons voté contre », a-t-il mentionné.

Evoquant la position du groupe parlementaire PDCI, il a indiqué que « ce groupe parlementaire n’est pas d’accord avec ce qui est proposé ». Expliquant toutefois que ce groupe reste ouvert au dialogue. « D’ailleurs, la ligne doctrinale de notre parti c’est de rester toujours ouvert aux échanges et aux recherches de consensus pour qu’on arrive à une Commission Electorale Indépendante (CEI) qui préserve la paix en Côte d’Ivoire. Vous êtes avec nous dans ce pays. Et faute de consensus autour des élections dans ce pays, il y a eu trop de violences. Et nous estimons que le moment est venu de prendre des dispositions à travers l’institution qui est chargée d’organiser les élections pour mettre fin à toutes les suspicions et tout ce qui est source de violences maintenant. C’est à travers cette institution qu’il faut prendre les dispositions », a-t-il laissé entendre.

Et de préciser qu’ils n’ont pas quitté la table de négociation. Mais qu’à l’observation des termes de références des différentes rencontres surtout en comité restreint, à eux donnés d’ailleurs sous leur demande, tout était centré sur un seul point qui était la recomposition de la commission indépendante. « Nous ne l’attendons pas ainsi. Il fallait laisser ouvert le débat de telle sorte qu’au cours des discussions en commission restreinte, on puisse aborder tous les sujets possibles afin de nous permettre de construire une CEI consensuelle qui nous permette de préserver la paix ».

Tout en insistant sur l’importante du sujet à l’ordre du jour Sidiki Diakité, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, représentant le chef de l’Etat à cette occasion, a indiqué qu’il n’a pas à en juger la position de chacun des groupes parlementaires. Arguant que « nous sommes dans un cadre démocratique », il a dit prendre acte de la position de chaque groupe parlementaire. Tout en relevant que ce projet proposé par le gouvernement fait suite à un dialogue inclusif avec toutes les parties prenantes suivis de propositions et les aspirations des uns et des autres ce projet est le plus proche possible des aspirations des uns et des autres se situant à 14 mois des élections présidentielles et à un an de ces élections.

 

Pauquoud Charles Noël