Côte d'Ivoire

Présidentielle 2020 : Dia Houphouët (le petit fils d’Houphouët-Boigny) sans pitié pour Ouattara et ses hommes

Politique
Publié le Source : Linfodrome
presidentielle-2020-dia-houphouet-le-petit-fils-d-houphouet-boigny-sans-pitie-pour-ouattara-et-ses-hommes Le président du MCEE, Dia Houphouet Yohou (au micro), n'a pas été tendre avec le président Alassane Ouattara et ses hommes

Le président du mouvement des cardes et entrepreneurs engagés pour le parti démocratique de Côte d’Ivoire (MCEE-PDCI), Dia Houphouët Yohou, a profité de la cérémonie d’enrôlement et de distribution des cartes de son parti aux militants du PDCI, le samedi 21 septembre 2019, au terrain de Gonzagueville, dans la commune de Port Bouet pour critiquer vertement le président Alassane Ouattara et ses hommes, à quelques mois de la présidentielle 2020.

Le mouvement des cardes et entrepreneurs engagés pour le parti démocratique de Côte d’Ivoire (MCEE-PDCI) a fait une grande sortie, le samedi 21 septembre 2019, pour l’enrôlement et la distribution de cartes aux militants, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2020. Dia Houphouët Yohou, président dudit mouvement et petit fils de feu Félix Houphouët Boigny, père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, a fait un discours corsé, assimilable à un véritable réquisitoire contre le régime en place, donc le président Alassane Ouattara et ses hommes.

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Ci-dessous le réquisitoire de Dia Houphouët Yohou, le petit fils de feu Félix Houphouët Boigny contre le président Alassane Ouattara et ses hommes.

« La posture des cadres et entrepreneurs engagés du MCEE PDCI-RDA se dresse contre la majoration illicite et illégale des revenus des acteurs institutionnels publics qui font de la corruption leur mode opératoire en Côte d’Ivoire. Je veux parler de la classe politique, militaire, administrateur, fonctionnaire etc…Tout ce monde veut être riche. Ce n’est pas une mauvaise chose. Mais quel est le mode opératoire par lequel cette volonté passe : La corruption.

Les réseaux d’information liés à l’accès d’un premier emploi ou d’une promotion, les réseaux liés à l’accès d’un domaine foncier ou d’un domaine quelconque, les réseaux liés à l’accès d’un marché etc… représentent un flux financier important qui échappe à la gestion formelle du pays. Ce sont aussi des pertes en valeurs morales et culturelles.

Le constat est qu’entre 1966 et 1977, période à laquelle le président Henri Konan Bédié était ministre des finances, nous avons assisté au miracle ivoirien, une Côte d’Ivoire prospère avec des infrastructures et un peuple de Côte d’Ivoire épanoui. Nous le savons, Félix Houphouët Boigny a mis en place un savant mécanisme de patronage politique doublé d’un patrimonialisme dont l’objectif était de créer une bourgeoisie nationale capable de se transformer en classes d’investisseurs et d’entrepreneurs locaux.

« Ces gens-là, comme n’ayant pas dit leur dernier mot, vont innover en inventant un nouveau mode d’accession à la magistrature suprême de notre cher pays »

En 1990, le président Houphouët Boigny fait appel à des gens en vue de relever l’économie, ne sachant que ceux-ci avaient d’autres intentions contraires à sa vision et son rêve pour la Côte d’Ivoire.

En 1993, à la mort du père fondateur, le président Henri Konan Bédié, dauphin constitutionnel réussit à être président de la Côte d’Ivoire, malgré les tentatives d’usurpation du pouvoir d’Etat par ces gens-là ayant pour objectif d’asseoir leur système de gestion axé sur un modèle d’appauvrissement de la grande masse.

Le président Henri Konan Bédié va réussir malgré tout, à donner une allure économiquement acceptable durant son mandat. Mais ces gens-là, comme n’ayant pas dit leur dernier mot vont innover en inventant un nouveau mode d’accession à la magistrature suprême de notre cher pays : un coup d’Etat en décembre 1999 orchestré par ces gens-là. Un coup dur qui va envoyer le président Henri Konan Bédié hors de nos frontières.

Quand la gestion du pouvoir d’Etat semble se normaliser en 2000 avec l’avènement du président Laurent Gbagbo à la magistrature suprême de notre pays, le président Henri Konan Bédié, en homme de paix et de développement, a invité ses partisans à soutenir le régime en place, en termes de capital humain. Tout semblait démarrer en moins de 2 ans lorsque ces gens-là tentent un énième coup d’Etat qui va réduire toute la gestion du pouvoir du président Laurent Gbagbo à la négociation, laissant planer sur la Côte d’Ivoire et son peuple le spectre de l’insécurité et de la peur permanente.

Le président Henri Konan Bédié, de retour triomphal de l’exil, va mettre un terme à l’instabilité politique de cette Côte d’Ivoire, un pays qui lui est très cher, tout en convoquant stratégiquement une idéologique politique de son cher maître, le président Félix Houphouët Boigny qui dit ceci : « Je préfère l’injustice au désordre ». Son choix est donc porté sur ces gens-là quand bien même cela a été difficile pour certains membres du PDCI-RDA.

« 10 ans de clientélisme, de cousinage »

Cependant, voilà donc environ 10 ans que ça dure,

10 ans de clientélisme, de cousinage,

10 ans de persistance de la corruption, de manque de volonté politique et de laxisme des plus hautes autorités,

10 ans d’appauvrissement des Ivoiriens (aujourd’hui près de la moitié de la population ivoirienne vit sous le seuil de la pauvreté)

10 ans d’injustice sociale et d’impunité des actes délictuels de certains membres du gouvernement dont les exemples sont légion,

10 ans de chantage, si tu ne fais pas ça, tu n’auras pas ça,

10 ans de marchandage, si tu me donnes 10 pour cent, je te donne le marché pour illustrer un peu ce que vivent les Ivoiriens au quotidien.

« Que ces choses malsaines changent avec la victoire du PDCI-RDA en octobre 2020 »

Pour nous, le débat ne se situe pas dans une sorte de catégorisation des Ivoiriens entre « Ivoiriens de souche », « Ivoiriens essuie-glace » et « Ivoiriens de circonstance » comme le souhaitent ces gens-là qui ont voulu reconceptualiser l’Ivoirité à leur profit, en vue d’en faire une rhétorique ethno nationaliste qui va émerger dans le creuset de la démocratisation, au point d’imprégner les esprits et de devenir de ce fait, une source de tensions sociales voire de conflits sociaux et meurtriers. Pour nous, ce qui nous importe est donc que ces choses malsaines changent avec la victoire du PDCI-RDA en octobre 2020. Oui, ce que le PDCI-RDA a fait hier avec Félix Houphouët Boigny, Henri Konan Bédié, Bombet, Ouassenan, Guikahué, il va le reproduire aujourd’hui en grandeur nature pour le peuple ivoirien.

Avec des cadres et entrepreneurs disposés à travailler. Je pense à des hommes du PDCI-RDA comme Emmou Sylvestre, Yacé, Jean Louis Billon, Thierry Tanoh, pour ne citer que ceux-là car la liste est longue. Je vous le confirme, le PDCI n’est pas un parti de vieux comme on veut le faire croire, mais c’est une école, une source intarissable de compétences d’hommes et de femmes dignes prêts à se mettre au service des Ivoiriens par leur travail »

 

Propos recueillis par Adolphe Angoua

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