A moins d’un an de la présidentielle: Une réunion à Paris pour une transition en Côte d’Ivoire. Voici les acteurs

Politique
Publié le Source : L'inter
a-moins-d-un-an-de-la-presidentielle-une-reunion-a-paris-pour-une-transition-en-cote-d-ivoire-voici-les-acteurs Plusieurs responsables politiques ivoiriens ont participé à la rencontre de Paris.

« Passerelle démocratique comme solution avant 2020 » : c’est le thème de la conférence de presse animée, dans la soirée du mardi 12 novembre 2019 à Paris, dans un hôtel du 17e arrondissement, par l’Union de la diaspora pour la Côte d’Ivoire (Udci).

Il s’agissait pour cette organisation, point focal en France et en Europe, de la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (Cdrp) du président Henri Konan Bédié, d’apporter la voix de la diaspora au développement de l’actualité sociopolitique en Côte d’Ivoire. « La diaspora ivoirienne est diverse. Elle a toujours joué un rôle d’avant-garde, un rôle de fer de lance dans toutes les crises que nous avons traversées. Elle ne peut rester spectatrice de ce qui se joue en ce moment au pays, parce que c’est notre patrie et que nous l’aimons », ont tenu à expliquer comme raison de la rencontre, les conférenciers du jour.

 

Il s’agit de : Henri Niava, président de l’Union des sociaux démocrates (Usd), membre de la conférence des présidents de la Cdrp, venu d'Abidjan ; Noël Akossi Bendjo, secrétaire exécutif chargé de l’organisation et de la mobilisation du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) ; Claude Koudou, secrétaire national chargé de la mobilisation de la diaspora en Europe du Front populaire ivoirien (Fpi pro-Gbagbo) ; Nassa Hilaire, secrétaire général adjoint chargé des relations avec les communautés ivoirienne et africaine en Europe du Congrès panafricain pour la jeunesse et l’égalité des peuples (Cojep ) et Roger Tagnon, porte-parole du Mouvement de solidarité démocratique (Msd), mouvement de la société civile présidé par Jean Blezon.

 

« La démarche de l’Udci, a fait savoir Noël Akossi Bendjo, part d’une analyse : celle de l’extrême fragilité de la paix civile aujourd’hui en Côte d’Ivoire. Nous sommes, une fois encore, dans l’un de ces moments graves de notre histoire, confrontés à des vents hostiles qui menacent de déferler sur un pays hautement inflammable avec un régime qui attise les braises. Nous, notre objectif est d’éviter à la Côte d’Ivoire un embrasement ».

 

Pour l’Udci, l’élection présidentielle ne peut se tenir en octobre 2020 si certaines conditions ne sont pas remplies. « Si nous acceptions par faiblesse, par lâcheté, d’entériner des règles du jeu que nous savons par avance faussées, nous prendrions sciemment le risque d’affrontement, le risque d’une confrontation dramatique. Et ce risque, nous ne voulons pas le prendre. On a eu un avant-goût lors des élections locales », ont expliqué les conférenciers qui ajoutent qu'« une passerelle démocratique s’impose comme une solution de sagesse ». Cette passerelle démocratique, selon Noël Akossi Bendjo, donnera le temps du dialogue politique afin d’obtenir un consensus sur trois points développés par les représentants du Cojep, du Fpi et du Msd. A savoir : la « réconciliation nationale », le « consensus électoral » et « l’avènement d’un nouveau contrat social ».  « Il faut que, à l’issue des élections, le vrai vainqueur soit celui que les organes électoraux proclament vainqueur. Pour y arriver, il faut l’adoption d’une nouvelle loi sur la Cei, la mise en place de la nouvelle Cei, la révision du code électoral, le recensement général des populations et la révision de la liste électorale, l’adoption d’un nouveau découpage des circonscriptions électorales et l’organisation des élections présidentielles, législatives et locales », a expliqué Claude Koudou.

 

Des initiatives annoncées

Porteur d’un message de la Cdrp à la diaspora ivoirienne, Henri Niava a soutenu que cette sortie de l’Udci doit marquer la fin et un départ. « La fin du bavardage, de la parlotte et des discours. Nous devons nous convaincre que les dangers qui planent sur notre pays sont si graves que nous ne pouvons pas admettre que notre seule réponse soit une série de conférence de presse, de meeting et de marches. Il faut arrêter ça », a martelé M. Niava. « La Cei mise en place sans aucune considération de l’opposition politique est en recul par rapport à l’ancienne décriée par tous », a signifié le président du parti fondé par Zadi Zaourou. « Je viens, avec la voix de la Cdrp, pour vous encourager, toute la diaspora, tous les Ivoiriens en exil, tous les Ivoiriens incarcérés, militaires ou civils, pour vous dire que l’heure de la libération de ce pays a sonné », a dit Henri Niava. « Nous prendrons des initiatives, dès mon retour à Abidjan, et vous en aurez écho. Et vous êtes invités à rester dès aujourd’hui, en contact avec la mère patrie afin que ce mouvement de libération qui commence aujourd’hui ne s’arrête plus », a fait savoir le président de l’Uds. Il a précisé en réponse à la question des journalistes qu’il ne s’agit pas pour lui d’appeler à une insurrection.

Parlant de passerelle démocratique que le Msd préfère appeler « transition démocratique », Henri Niava a révélé « qu’il s’agira pour les Ivoiriens de se mettre effectivement d’accord sur un espace de temps suffisant pour remettre tout à plat et reconstruire un modèle ». « La Côte d’Ivoire ne peut pas continuer à assister à sa propre mort sans réagir. Voilà pourquoi il nous faut cette passerelle démocratique. Il nous faut cet espace de temps avec des équipes désintéressées qui s’investissent à fond pour libérer ce pays et lui donner une nouvelle espérance », a soutenu M. Niava. Il a souligné que les chantiers de cette « passerelle » se déclineront en trois points : une nouvelle Cei, le refus d’un 3e mandat du président sortant, et la réconciliation de tous les Ivoiriens.

La prochaine activité de l’Udci sera un grand meeting (en salle), le 7 décembre prochain à Paris. Le mouvement a été créé dans la capitale française, le 19 janvier 2019, par le Pdci, le Fpi, le Cojep et le Msd.

Blaise BONSI (Correspondant en France)