Depuis Gagnoa Un collaborateur du président Fpi charge : « Affi est l’unique responsable de la dislocation du Fpi »

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depuis-gagnoa-un-collaborateur-du-president-fpi-charge-affi-est-l-unique-responsable-de-la-dislocation-du-fpi Alfred Guéméné pense qu’Affi N'Guessan doit faire profil bas dans l’intérêt de son parti
Politique

Le Secrétaire général adjoint (Sga) du Front populaire ivoirien (Fpi) chargé de l’encadrement des fédérations de la région du Gôh, Alfred Guéméné, a dit ses vérités sur la crise qui secoue son parti, le lundi 18 novembre 2019, au cours d'un entretien qui s'est tenu à Mahidio, son village natal, situé dans la commune de Gagnoa.

Pour lui, l’unique responsable de cette crise est Pascal Affi N'Guessan. « Affi est l’unique responsable de la dislocation du Fpi. Parce qu’il est le président du parti. C’est donc à lui qu’incombe la responsabilité de trouver les mécanismes de gestion stratégique susceptibles de préserver la cohésion au sein du parti et garantir son rayonnement dans le microcosme politique. C’est vrai qu’il lance des appels à l’unité mais ça ne suffit pas. Il doit tout faire pour ramener la cohésion au sein du parti. S’il n’y parvient pas, il doit démissionner dans l’intérêt du parti », a-t-il asséné, précisant que sa prise de position ne voulait pas dire qu’il est contre les intérêts du président de ce parti. « Je suis reconnaissant au président Affi pour m’avoir nommé à trois reprises au sein de la direction du parti. Mais l’intérêt du parti est au-dessus de tout intérêt personnel », a-t-il ajouté.

Selon Alfred Guéméné, la réunification du parti frontiste est plus qu’une exigence. C'est la raison pour laquelle il a mis en place un Comité national de réunification du Fpi (Cnr-Fpi) qu’il préside, en vue de préparer le congrès unitaire qui se tiendra, à l'écouter, en février 2020. Ce congrès devrait aboutir à la mise en place d’une direction unique transitoire du Fpi. « Cette direction sera dirigée par un camarade que le congrès aura choisi librement. Si le congrès estime que le camarade Affi N’Guessan doit encore rester en poste, il décidera. Si le congrès estime que c’est un autre camarade qu’il faut pour conduire le parti, le président Affi lui cédera la place. De toutes les façons, il aura dirigé le parti depuis 2001 », a soutenu le président du Cnr-Fpi, soulignant que ce comité compte en son sein, des cadres des deux tendances du Fpi favorables à la réunification de leur parti.

Il a informé que cette structure organisera, le vendredi 6 décembre 2019, à Gagnoa, une réunion pour démarrer les préparatifs du congrès unitaire. M. Guéméné a précisé que l’ordre du jour de cette réunion portera sur le mode opératoire du processus de réunification du parti. « Nous avons proposé un mode opératoire. Il s’agira pour les camarades, d’apporter des amendements à celui-ci, puis ensemble, nous allons adopter un mode opératoire consensuel », a dit Alfred Guéméné, assuré de la réussite de cette initiative.

« Nous avons l’expérience de ces choses-là avec notre culture de syndicaliste. C’est moi Guéméné et des camarades, qui avons travaillé à la réunification des syndicats tels que la Fesci, le Syneci, la Cepci. Donc, nous n’avons aucune crainte concernant la réussite de cette mission de réconciliation », a-t-il indiqué, notant qu'il attend un financement de son parti, pour le succès de cette mission. « Si ça ne va pas au Fpi, cela rejaillit forcement sur la Côte d’Ivoire. Parce que le Fpi porte un programme de gouvernement et un projet de société qui sont centrés sur les intérêts des Ivoiriens et du pays », a expliqué M. Guéméné.


Parlant de la tournée qu'effectuera bientôt Pascal Affi N'Guessan dans la région du Gôh, il a affirmé : « je crois que cette tournée se fera sans moi. Je ne participerai pas à la tournée du président Affi dans le Gôh, pour la simple raison qu’il y a, en ce moment, une crise entre le vice-président chargé de la région et moi. Je constate que rien n’est fait pour régler la question. Donc je serai chez moi pendant que le président effectuera sa tournée. Et les militants qui me sont proches également n’y participeront pas ».

 

Claude KOUDOU

(Correspondant régional)