Situation politique: Alpha Blondy se prononce sur l'actualité politique ivoirienne, une rencontre de vérité annoncée entre lui et le président du Gps

Publié le Modifié le
situation-politique-alpha-blondy-se-prononce-sur-l-actualite-politique-ivoirienne-une-rencontre-de-verite-annoncee-entre-lui-et-le-president-du-gps Alpha Blondy a assené ses vérités à la classe politique ivoirienne.
Politique

La méga star du reggae, Alpha Blondy, était, le mercredi 15 janvier 2020, l’invité d’une émission de la Nouvelle chaîne ivoirienne (Nci). Un talk-show au cours duquel ‘’Jagger’’, comme le surnomment ses fans, s’est prononcé sur plusieurs sujets dont l’actualité politique ivoirienne, à l’approche de la présidentielle de 2020.

« L’ambiance politique m’inquiète. Le verbe n’a pas été désarmé. Il faut désarmer le verbe. Il faut désarmer les cœurs. Les attitudes de revanche ne sont pas bien pour cette Côte d’Ivoire que nous voulons. On a déjà perdu trop de temps, de vies humaines dans des querelles entre les politiciens », s’est-il inquiété, non sans déplorer l’attitude du président de Générations et peuples solidaires (Gps) et candidat déclaré à la prochaine échéance présidentielle, Guillaume Soro.

« Des fois, j’ai l’impression qu’ils n’ont pas encore compris. Ils sont dans des querelles de personnes, dans des ambitions démesurées, dans des alliances contre nature. Je prends le cas de mon jeune frère Soro. J’ai rendez-vous avec lui. J’espère qu’on se retrouvera pour parler », a confié Alpha Blondy, avant d’interpeller : « Je voudrais lui dire que ceux qui le conseillent, courent à sa perte. Ses ambitions sont légitimes mais le chemin emprunté est maladroit et dangereux pour lui ».

Pour l’auteur du titre culte « Brigadier Sabari », l’heure n’est plus aux « alliances guerrières » et à une « paix armée ». « Je veux une vraie paix, une vraie réconciliation et une opposition constructive. J’invite la classe politique ivoirienne à être une équipe de football dans un championnat mondial où il est interdit de trébucher », a-t-il souhaité.

Puis de rappeler : « J’ai invité les politiciens à l’émission de Serge Fatho Elleingand, à se réconcilier parce que nous les Ivoiriens, on n’a pas un problème entre nous. C’est eux qui nous envoient les mauvais signaux ». S’adressant aux militants des formations politiques, la star du reggae, en sa qualité d’ambassadeur de paix de la Cedeao, n’a pas fait dans le tact encore moins la circonspection. « Je demande à vos disciples de désarmer leur verbe. Les gens m’ont demandé de prendre mon bâton de pèlerin pour aller voir le président Alassane Ouattara. Le président m’a fait l’honneur de me recevoir plusieurs fois. Les prisonniers qu’il a libérés, il y a moi et d’autres personnes qui sont intervenus pour cela », a-t-il révélé. Sans manquer de s’offusquer : « Mais quand on m’envoie pour voir le président pour un dossier, il ne faut pas que les autres continuent de l’insulter. Vous voulez que j’aille intervenir alors que celui qui doit m’aider à libérer vos gars, vous l’insultez ».

Le chanteur de reggae a regretté l’inamical verbe qui fait florès au sein de la classe politique.

En sus, en réponse à ceux qui lui reprochent son rétropédalage relatif à sa position sur l’intervention militaire française en Afrique, Alpha Blondy a assené ses vérités à ses détracteurs. « Je ne suis pas responsables des bêtes », a-t-il lâché laconiquement. Puis de se justifier : « J’étais au Rwanda et on reproche aux Nations Unies et à l’armée française de n’être pas intervenues pour arrêter le génocide. En Côte d’Ivoire, je ne dirai pas de nom, mais ils ont distribué des 9 mm et des kalachnikovs aux enfants qu’ils ont manipulés politiquement les uns contre les autres. Quand je parle d’enfants, ce sont des jeunes de 14 et 15 ans. Dans mon rôle d’ambassadeur de la paix, devrais-je fermer ma gueule ? Je dis non. J’étais impuissant devant cette bestialité. J’ai demandé à Dieu de m’aider à mettre fin à ça. Il m’a entendu. L’Onu et la France sont intervenues. On ne pouvait pas laisser cette querelle politicienne ».

Relativement à la crise post-électorale qu’a connue la Côte d’Ivoire, Alpha Blondy a révélé qu’Abidjan, la capitale économique ivoirienne, à elle-seule, a enregistré plus de 100 mille morts au lieu de 3 mille morts comme officiellement annoncé. Et de marteler aux dirigeants africains : « Si vous ne voulez pas que la France intervienne avec l’opération Barkhane ou Licorne, créez une armée africaine. Car, l’Union africaine, son attitude de vaurien m’exaspère. Elle attend quoi pour former cette armée. Ils ont leurs petites «armettes» et disent qu’ils défendent leur souveraineté ».

 

DIARRA Tiémoko