A 9 mois de la présidentielle/ RHDP, PDCI, FPI, GPS, le flou total: Qui sera le nouveau président de la Côte d'Ivoire ?

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a-9-mois-de-la-presidentielle-rhdp-pdci-fpi-gps-le-flou-total-qui-sera-le-nouveau-president-de-la-cote-d-ivoire A qui le tour pour ces élections présidentielle 2020
Politique

Qui sera le nouveau président de la Côte d'Ivoire ? Quel visage présentera ce pays au lendemain de la très redoutée élection présidentielle de 2020 ? Cette élection pourra t-elle effectivement avoir lieu à la date indiquée ? Ces questions figurent au nombre de celles qui taraudent l'esprit des Ivoiriens actuellement. A raison d'ailleurs. Car, en effet, à neuf (9) mois de l'échéance fatidique, le pays baigne dans une sorte d'imbroglio politique total.

RHDP, difficile de lâcher le tabouret. Au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), le parti au pouvoir, le mystère plane encore sur celui qui sera chargé de défendre les couleurs des houphouëtistes dans neuf mois. Le président de la République, Alassane Ouattara, par ailleurs président d'honneur du Rhdp, laisse entrevoir la possibilité pour lui de briguer un troisième mandat en 2020. Il maintient que la Constitution ivoirienne lui en donne l'autorisation, et qu'il fera connaître sa décision finale au plus tard en juillet 2020.

« Alassane Ouattara n'a pas pris de décision. Il a dit qu'il prendra sa décision d'ici le mois de juillet. (…) Pourquoi voulez-vous que je me précipite pour dire que je suis candidat ou je ne le suis pas ? », se défend-il dans une interview accordée à la BBC le 23 janvier 2020. On attend impatiemment. Dans la foulée, on apprend que le président Ouattara aurait une autre carte en main, au cas où il décidait de prendre sa retraite politique, renonçant ainsi à la magistrature suprême pour 2020. Le leader du Rhdp proposerait le ticket Amadou Gon Coulibaly – Jeannot Ahoussou-Kouadio. Vrai ou faux ? Là aussi, le mystère est total. De sorte qu'il est difficile de dire aujourd'hui, qui sera le candidat du Rhdp pour la prochaine présidentielle.

 

PDCI-RDA, la peur de l'implosion. Au Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) d'Henri Konan Bédié, c'est également l'expectative. On le sait, le sphinx de Daoukro rumine sournoisement un désir brûlant de revenir au pouvoir. Cela serait une belle fin de carrière politique pour lui, et il prendrait, par la même occasion, sa revanche politique sur ceux qui l'ont déchu du pouvoir en 1999. « Le vieux perçoit ce coup d’État comme la plus grande injustice qui lui a été faite. Son retour au pouvoir serait la réparation de cette injustice », croit savoir un fidèle lieutenant du président Bédié. Mais '' le vieux '', comme il l'appelle, ne s'est pas encore déclaré candidat de façon ouverte, laissant le soin à la convention de son parti, prévue en juin 2020, de se prononcer.

Toutefois des voix ne manquent pas au sein du vieux parti, notamment celles de Gnamien Yao, vice-président du parti et de l'ex-député Gouali Dodo, qui disent haut et fort que le successeur d'Houphouët-Boigny est le candidat naturel du Pdci à la prochaine présidentielle. Cet avis n'est pas totalement partagé au sein de la formation vert-blanc. Il existe ici en effet des jeunes cadres qui rongent leur frein et piaffent d'impatience que le vieux renonce. Cela ouvrirait une farouche guerre de succession qui pourrait sérieusement entamer la cohésion au sein du vieux parti. Tiraillé entre l'envie de re-briguer la magistrature suprême et celle d'éviter une certaine implosion du Pdci dans une guerre de succession, Henri Konan Bédié a le sommeil quelque peu troublé. Les militants, quant à eux, ne savent pas encore lequel des cadres de leur parti, ils devront porter dans les urnes en octobre 2020.

 

Gor vs Affiistes, ce n'est pas fini. Au Front populaire ivoirien (Fpi), la difficile réconciliation entre les deux tendances nées de la chute du régime de la refondation en 2011, n'arrange pas les choses. Le président fondateur du parti à la rose, tente de ressouder les morceaux tenus, d'un côté par Pascal Affi N'guessan (les Affiistes) et de l'autre par lui-même (les Gbagbo ou rien (Gor). Mais la mayonnaise tarde à prendre. Ici aussi, à neuf mois de la présidentielle, difficile de dire qui sera le candidat du parti. L'ex-président Laurent Gbagbo y pense certainement en se rasant chaque matin.

Mais les procédures judiciaires engagées contre lui, aussi bien à La Haye qu'à Abidjan, constituent de réelles obstacles sur le chemin du retour au pouvoir. S'il arrivait à sortir des liens de la détention au niveau international – ce qui est fort probable - le pouvoir d'Abidjan n'entend pas laisser l'ex-président ivoirien, ce grand empêcheur de tourner en rond, venir compromettre leurs calculs pour 2020.

Il a été condamné à 20 ans de prison pour crimes économiques en Côte d'Ivoire. Ce qui réduit considérablement les chances de Laurent Gbagbo de candidater à la prochaine présidentielle. Qui donc au Fpi à part Gbagbo lui-même ? Surtout qu'une candidature annoncée de Pascal Affi N'guessan ou encore celle de Simone Ehivet qui se susurre, passera difficilement chez les partisans de la tendance frontiste adverse.

Le GPS ne trouve pas la voie. Guillaume Soro, qui s'est ouvertement déclaré candidat, présentait sans nul doute les atouts d'un successeur sérieux à Alassane Ouattara. Cela relève désormais d'un vieux souvenir, l'ancien président de l'Assemblée nationale étant contraint à l'exil, traqué sans relâche par le pouvoir d'Abidjan avec lequel il est en disgrâce depuis plusieurs mois. Il est accusé de tentative d'atteinte à la sûreté de l’État, de détournement de deniers publics.

Un mandat d'arrêt international a été lancé contre lui et plusieurs de ses proches collaborateurs se trouvent en ce moment en prison. Pour Guillaume Soro, le retour tranquille au pays, relève désormais de la seule volonté du président Alassane Ouattara, tout comme la possibilité pour lui de faire acte de candidature à la présidentielle.

Cette situation de fugitif ou de prisonnier en sursis ne facilite pas les choses pour le président de Générations et peuples solidaires (Gps) dans la perspective de l'élection présidentielle de 2020. Qui donc pour être président de la Côte d'Ivoire ? Comme on le dit en homme de foi, c'est Dieu qui établit les autorités. Il a forcément un plan pour ce pays.

 

Hamadou ZIAO