A 8 mois de la présidentielle de 2020/ Hamed Koffi Zarour, candidat, se lâche: « Notre candidature est irréversible »

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a-8-mois-de-la-presidentielle-de-2020-hamed-koffi-zarour-candidat-se-lache-notre-candidature-est-irreversible La président de ''Agir pour la Côte d'Ivoire'' a son plan pour le développement de son pays
Politique

 Hamed Koffi Zarour est le président de « Agir pour la Côte d’Ivoire », une organisation de la société civile au service des Ivoiriens, pour plus de fraternité, d’unité et de prospérité. Il œuvre également à l’enracinement de la démocratie, d’une économie dynamique et un développement endogène, pourvoyeur d’emplois et de progrès social. Avec une expérience de plus de 30 ans dans la gestion des entreprises et des hommes, M. Zarour a décidé de briguer la présidence de la République de Côte d'Ivoire. Il en donne ici les raisons.  

M. Hamed Koffi Zarour, qu'est-ce qui motive votre candidature à la présidence de la République ?

Tout bon citoyen veut le meilleur pour son pays. J'ai apporté ma pierre à l'édification de mon pays dans le monde des affaires, puis dans la société civile. Je crois qu'il faut faire plus pour le bien-être individuel et collectif des Ivoiriens. Je veux insuffler une nouvelle dynamique à la gouvernance et travailler résolument dans l'intérêt des habitants de notre belle patrie. Il est toujours bon de rendre, un tant soit peu, à la mère-patrie, une infime partie de ce qu’elle a pu nous donner. En termes de formation, de vision et de leadership. Je me sens apte pour me mettre au service de la Côte d’Ivoire, qui a besoin du meilleur. Ce qui me motive, c’est la passion pour mon pays, la Côte d’Ivoire et je crois qu’il est grand temps de mettre l’Homme au centre de toutes nos actions dans notre pays.

Que propose le candidat Hamed Koffi Zarour que d'autres avant lui n'ont pas proposé ?

Nous ne sommes ni dans une posture de comparaison avec l'autre ni dans celle de fustiger les autres pour nous faire une place. Nous sommes des hommes responsables et engagés qui ont de grandes ambitions pour ce pays que nous aimons tant. La construction d'un pays et son développement sont un processus qui engage ses fils et ses filles. Nous voyons un pays qui a besoin d'un souffle nouveau. Un pays où les populations veulent tisser un lien nouveau basé sur la confiance avec la classe politique. Un pays où les Ivoiriens veulent profiter paisiblement des richesses qu'offre leur terre. Nous avons une vision et un projet pour répondre à ces attentes. Sans vraiment entrer dans les détails de notre programme de société dont les grands traits seront connus du grand public, bientôt, je puis annoncer à l’ensemble de mes compatriotes qu’un accent tout particulier sera mis sur la reforme du système éducatif. Dans le secteur Education-Formation, il faudra tout à la fois réhabiliter l’école, l’université et le droit au savoir et à la formation.

Mieux, nous voulons asseoir une charte du secteur Education-Formation qui sera, constamment, remise au goût du jour pour tenir compte des besoins de la structure de notre économie. Les dragons d’Asie et les pays émergents, que la Côte d’Ivoire supplantait dans les années 1970, ont pris de l’avance sur nous grâce à leur système éducatif, leur formation, la recherche et l’innovation ainsi que leurs capacités à transformer structurellement leur économie. Notre priorité sera celle de l’emploi des jeunes à travers le développement de pôles industriels régionaux. De sorte que le jeune d’Abengourou, de Man, de Bondoukou, de Gagnoa, de Korhogo, d’Odienné, de Bouaké, de Daloa, de Yamoussoukro, d’Aboisso, d’Adzopé, d’Agboville, de Ferkessedougou, de Duekoue, etc, n’ait plus à venir à Abidjan en quête d’emploi ou de bien-être.

Ce développement régional va permettre la création de richesses et l’amélioration des conditions de vie des populations (école, eau potable, centres de santé, logements, infrastructures routières, …) la transformation des matières premières à une grande échelle sera effective. A cet effet, nous avons une vision claire et qui s’appuie sur des données réalisables. Nous tenons à insérer les Ivoiriens dans tous les secteurs de l’activité économique par la promotion de l’entrepreneuriat national. La prise en compte des préoccupation des Ivoiriens de la diaspora sera également un acte important de notre politique. Naturellement, que ce soient au niveau institutionnel, social, économique, culturel et sportif, notre programme qui marque la rupture tient compte des aspirations profondes des populations

Objectivement, ne pensez-vous pas que les chances d'un Indépendant soient très minces devant des candidats soutenus par des machines politiques comme le Rhdp, le Pdci ou encore le Fpi ?

Les formations politiques dont vous faites mention ont construit leur notoriété et renforcé leur crédibilité auprès de leur base électorale sur une longue période. Leur position sur l'échiquier politique n'est pas spontanée. Nous faisons notre entrée sur la scène politique avec de grandes ambitions et nous travaillons sérieusement pour mériter la confiance des Ivoiriens. Nous connaissons mieux nos forces et nos faiblesses dans cet environnement politique. Toutefois, je voudrais vous indiquer que tout est lié au contexte. Et le contexte, de notre point de vue, a beaucoup changé et évolué. Les électeurs ivoiriens ne sont plus cramponnés sur les partis politiques. La forte percée des candidats indépendants lors des dernières élections locales atteste de ce que les Ivoiriens, dans leur grand ensemble attendent et veulent des offres nouvelles, qui prennent en compte leurs attentes et leurs aspirations. Nous pensons en disposer pour eux. Nous nous attèlerons à les leur présenter et il n'y a pas de doutes qu’ils adhèrent à notre projet de société, parce que porteur d’espérance pour les Ivoiriens au cœur de celui –ci. Nous avons, donc, de très grandes chances lors des prochaines présidentielles. Et croyez-moi, notre optimisme n’est pas béat.

Il est de plus en plus question d'augmenter la caution pour les candidats à la présidentielle. Elle pourrait passer de 20 à 100 voire 200 millions fcfa. Que dites-vous sur le sujet ?

Ma position est qu'il ne faut pas conditionner la possibilité de présentation d'une candidature à l'élection présidentielle à la fortune d'un individu. Nous pouvons user d'autres mécanismes juridiques pour avoir de meilleurs profils de candidats. La Côte d’Ivoire dispose de brillants fils et filles qui ont des compétences avérées pour la servir et la hisser en pôle position. Imposer une somme exorbitante, en guise de caution, est un facteur bloquant et handicapant. Cela dit, si l’on s’en tient aux différents points d’accords obtenus entre le gouvernement, d’une part ,et l’opposition puis la société civile d’autre part, il nous revient que le montant exigé pour le cautionnement est de 50 millions et le parrainage doit se faire par candidat à hauteur de 2% dans chacune des régions de notre pays. Nous attendons l’annonce officielle de toutes ces décisions pour apprécier plus sereinement et adopter la conduite à tenir. En tout état de cause, nous voudrons indiquer devant la Nation que nous sommes bel et bien candidat à la présidentielle 2020. Notre candidature est irréversible. Elle est définitive.

On évoque aussi dans le cadre de la réforme de la Constitution, le retour possible à une élection à un seul tour. Cette perspective vous conviendrait-elle?

Le problème est que cette disposition ne nous est pas adressée spécifiquement. Il ne s’agit donc pas de savoir si cela nous convient ou pas. Il faut plutôt appréhender la question sous l’angle de la logique. A une élection présidentielle comme celle qui se profile à l’horizon avec une multiplicité de candidatures, le bon sens exige que le président issu des urnes soit, vraiment, le choix de la majorité. Or, de notre point de vue, à moins que l’un des candidats récolte plus de 50% des suffrages au premier tour, la majorité ne pourra se dégager qu’à l’issue d’un second tour. Car, c’est à ce moment que par le jeu du report ou des alliances, les Ivoiriens pourront, par voix majoritaire, choisir librement le président de la République qu’ils souhaitent voir présider aux destinées du pays pour les cinq années à venir.

Est-il envisageable que vous rejoigniez une des plateformes constituées sur l'échiquier politique ?  

Nous nous préparons à aller de la meilleure des façons aux élections et présenter notre offre de gouvernance aux Ivoiriens. Voilà ce qui est d'actualité. Nous serons ouverts à ceux qui partagent notre vision de la Côte d'Ivoire. Mais pour l'heure, nous n'envisageons pas une telle possibilité. Nous nous concentrons sur les urgences du moment qui exigent que nous nous préparions au mieux pour remporter la future présidentielle. Nos chances sont grandes et nous comptons les capitaliser pour triompher. D’autant plus, que les Ivoiriens sont au cœur de notre action.

Le procès de l'ancien président Laurent Gbagbo devant la Cpi occupe l'actualité. D'après vous, M. Gbagbo devrait être totalement libre après avoir été acquitté en première instance ou bien vous trouvez que la liberté conditionnelle se justifie ?

« Agir pour la Côte d’Ivoire » a toujours prôné la paix et le rassemblement de tous les Ivoiriens afin de travailler en synergie pour l'intérêt supérieur de la nation. Le président Laurent Gbagbo est un acteur majeur de la politique ivoirienne. Il a dirigé notre pays durant une décennie. Il est indéniable que de nombreux Ivoiriens se reconnaissent en lui et lui accordent une affection particulière. Nous croyons que la présence du président Laurent Gbagbo est nécessaire à la réconciliation. La Côte d’Ivoire est un pays de paix, de dialogue et de tolérance. Les discussions sur cette question sont en cours, et il est à espérer que, fraternellement et courageusement, une décision soit prise en faveur du retour du président Laurent Gbagbo. Etant donné qu’il a été acquitté par la justice internationale.

L’actualité est aussi marquée par les déboires politico-judiciaires de l'ex-président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro. Le concerné estime qu'on cherche à l'écarter de la course à la présidence de la République. Quel est votre point de vue ?

Vous dites clairement que le concerné estime qu'on cherche à l'écarter du pouvoir. Vous avez une réponse claire du concerné lui-même. Je ne crois pas que mon avis y apporte des précisions. Je pense que le concerné est le mieux placé, dans ce cas de figure, pour apporter des réponses et des précisions à l'opinion publique.

Ces derniers jours, Tidjane Thiam a démissionné du Crédit Suisse. Beaucoup voient en lui un potentiel candidat à la présidentielle 2020. Qu’en dites-vous? Tidjane Thiam est un brillant économiste. Un brillant financier, également. Il a réalisé de grandes performances à la tête de nombreuses entreprises européennes, notamment du Crédit Suisse. A preuve, il a généré un bénéfice, après impôts de plus de 1300 milliards fcfa environs. C’est donc un technocrate chevronné. Il a permis au Crédit Suisse d’avoir une excellente santé financière après des moments de turbulences. Toutefois, Tidjane Thiam, depuis plus de vingt (20) ans, qu’il évolue dans les hautes sphères de la finance et du business à l’international, semble fonctionner en vase clos et coupé des réalités ivoiriennes. Du moins, au regard de sa non implication dans des projets structurants pour son pays. Quand on sait les leviers d’actions dont il dispose, il aurait pu apporter une contribution significative dans des projets au bénéfice des Ivoiriens. Notamment dans le secteur de la transformation du cacao dont les Suisses sont friands. Thiam a travaillé, vraiment, loin de la Côte d’Ivoire. Il a séjourné en Europe, sans discontinuer, pendant plus de 20 ans. Pour le reste, il appartient aux Ivoiriens, si jamais il est candidat à la présidentielle 2020, de décider, en toute liberté.

Propos recueillis par H. ZIAO