Présidentielle de 2020/Interview: Coulibaly Sié (Porte-parole de Cma-Gks) : « Nous savons que Guillaume Soro est candidat et qu’il sera candidat »

Politique
Publié le Source : Soir info
presidentielle-de-2020-interview-coulibaly-sie-porte-parole-de-cma-gks-nous-savons-que-guillaume-soro-est-candidat-et-qu-il-sera-candidat Coulibaly Sié (Porte-parole de Cma-Gks) s'est prononcé sur l'actualité sociopolitique ivoirienne.

Coulibaly Sié, porte-parole de la Coordination des mouvements et associations proches de Guillaume Kigbafori Soro (Cma-Gks) se prononce dans cette interview, sur l’actualité sociopolitique ivoirienne, avec en toile de fond, la présidentielle de 2020.

Depuis quelque temps, vous êtes sur le terrain. Vous organisez de grandes conférences publiques. On vous a vu à Marcory, Yopougon et récemment à Anyama-ébimpé. De quoi s’agit-il et pourquoi ces conférences ?

La Cma-Gks a une mission essentielle : celle de faire adhérer le maximum d’Ivoiriens et la quasi gtotalité des électeurs au Gps. Et cette mission, nous la prenons comme un appel national que Guillaume Soro a lancé aux Ivoiriens, depuis le 12 octobre 2019, date de création du Gps. Il s’agity de faire la politique autrement, présenter une autre offre politique aux Ivoiriens. Et cette offre politique répond à la jeunesse du président du Gps ; répond à sa capacité-déjà prouvée sur le terrain-d’homme d’État. Surtout, elle répond au fait que les Ivoiriens veulent le changement. La Cma-Gks, étant un véritable creuset de mobilisation des citoyens ivoiriens autour des actions de Guillaume Kigbafori Soro, ne pouvait que répondre à cet appel national qui est les adhésions massives au Gps, au Comités locaux citoyens (Clc), afin de nous rassurer techniquement de la victoire du Président Guillaume Soro, le 31 octobre 2020.

Justement, par rapport à ces adhésions, il nous est revenu que le Gps a atteint ses 100.000 militants escomptés. A Anyama, vous avez mis la barre désormais à 500.000 adhérents…

Oui, nous avons, à ce jour, environ 6,5 millions d’électeurs sur la liste électorale. Nous savons que Guillaume Soro, lui seul, pèse la moitié des électeurs. C’est pour cela qu’on l’empêche de rentrer en Côte d’Ivoire. Nous savons que Guillaume Soro, lui seul, est connu par tous les 6, 5 millions d’électeurs, et qu’il est un leader charismatique connu dans tous les coins et recoins de la Côte d’Ivoire. Nous pensons que l’obtention des 500.000 adhérents est meme un jeu. Je mets quiconque au défi. Avec Guillaume Soro, nous allons atteindre ce chiffre. Et nous avons même des vraisons d’espérer que nous irons au-delà des 500.000. A l’appel sur le net de jeunes Ivoiriens, de savoir s’ils étaient pour la candidature de Guillaume Soro, nous étions à plus de 1 million d’inscrits. Donc, il n’y a pas de raison que le mouvement créé par Guillaume Soro, Gps, qui a pour credo ‘’Peuple uni, Peuple fort’’, ne soit pas capable de fédérer toutes ces énergies autour de l’homme idéal, de sa candidature à la présidentielle de 2020.

Dites-nous, à terme, quel est le nombre d’adhérents que vous espérez avoir avant la présidentielle de 2020 ?

Ce n’est pas ce calcul qu’il faut voir. Notre objectif, au-delà de ces adhésions, ce sont les comités locaux citoyens (Clc). Il existe en Côte d’Ivoire, 10.500 lieux de vote. Nous devons boucler ces lieux de vote avec les Clc. Il existe environ 22.000 bureaux de vote. Nous devons boucler ces bureaux de vote avec les Clc. Une élection ne se gagne pas avec une Commission électorale. Elle se gagne avec un groupe oprganisé qui est sur le terrain et qui a un maillage dans tous les départements, régions, sous-préfectures et campements, et qui couvre toius les lieux et bureaux de vote. Guillaume Soro et les mouvements qui le soutiennent travaillent à ça. On caonstate aujourd’hui que les délégations qui sont un peu partout sur le terrain, travaillent à ça. Donc, nous pouyvons rassurer tous les partisans de Guillaume Soro parce que nous somme convaincus qu’ils sont nombreux dans l’ombre, qui veulent nous réjoindre, et qui, poiur des raisons professionnelles, d’emploi et pour d’autres raisons, hésitent encore. Il est temps de ne pas hésiter. Il est temps de répondre à l’appel du leader générationnel.

Avec la traque de votre leader en ce moment, ne pensez-vous pas que cela est un frein à l’atteinte de votre objectif ?

Même Trump est traqué aux États-Unis en tant que Président, mais il maintient le cap. Nelson Mandela a été en prison, mais il est devenu Président de la République d’Afrique du Sud. Laurent Gbagbo a été traqué, mais il a été Président de la République de Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara lui même a été traqué avec un mandat d’arrêt, mais il est devenu Président de la République de Côte d’Ivoire. Mieux que ceux-là, le parcours de Guillaume Soro est plus reluisant que ceux dont je vient de parler. Nous pensons que quand on a quelqu’un de ce charisme, ce ne sont pas les intrimidations, les traques, les menaces qui doivent nous faire fléchir. Nous devons mettre le cap sur l’essentiel. En tant qu’acteur politique de premier rang du Gps, l’essentiel pour nous, c’est de mailler le terrain, de continuer à communiquer-pour paraphraser les religieux- la bonne parole, la parole de la paix, du développement et surtout, le pardon et la réconciliation qui sont un leitmotive pour notre président Guillaume Soro. Et nous sommes persuadés qu’en allant dans ce sens vers les populations, nous allons finir, le 31 octobre 2020, à unir l’ensemble des Ivoiriens quelles que soient leur obédiences politiques, leur origine. Tous comprendront qu’au pied du mur, il existe un seul véritable maçon qui Guillaume Soro. Il n’y a poas de raison que nous soyons inquiets. La preuve aujourd’hui, c’est Guillaume Soro qui donne du rythme à l’actualité politique en Côte d’Ivoire.

Le pouvoir en place pense tout à fait le contraire. Il estime que Guillaume Soro ne représente plus rien…

On dit qu’il ne représente rien. Si on pense que quelqu’un ne représente rien, qu’on le laisse faire tranquillement son travail politique et puis, ce sont les urnes qui vont déterminer s’il représente quelque chose ou pas. Des individus peuvent pas s’asseoir, quel que soit leur rang politique, pour dire qu’un autre candidat ivoirien ne représente rien. Nous pensons que la politique, c’est la saine appréciation de la réalité. Et pour tous les politologues, tous les Ivoiriens, c’est impensable de dire que Guillaume Soro ne représente rien.

Vous parlez de saine appréciation de la réalité. Mais la réalité, c’est que Guillaume Soro se trouve hors du pays, il est l’objet d’un mandat d’arrêt international, il est accusé de tentative de déstabilisation du pays. Ne Pensez-vous pas qu’il est quasiment incertain que votre mentor revienne au pays avant la présidentielle? Et si c’était le cas, que feriez-vous?

Je vous ai dit que Nelson Mandela, de la prison, est devenu président.

Tout n’est pas égal par ailleurs. Nelson Mandela est tout de même différent de Guillaume Soro, n’est-ce pas ?

Ce que vous devez retenir, c’est que Guillaume Soro est candidat à l’élection présidentielle. Il déposera sa candidature pour l’élection présidentielle de 2020. Comme le disent les religieux de façon générale, et je paraphrase Monseigneur Kutwa, nous espérons que la paix va habiter le coeur des hommes politiques, surtout nos dirigeants. Parce qu’il n’y a pas de raisons objectives à écarter, de façon inattendue, de façon abjecte, la candidature d’un Ivoirien du nom de Guillaume Soro, à la présidentielle de 2020. C’est même immoral d’y penser. Nous pensons donc qu’en tant que techniciens, cadres du Gps, c’est comme si nous allo,ns à un examen. Notre objectif, c’est de faire en sorte qu’on puisse apprendre nos leçons. Et c’est ce que nous sommes en train de faire. C’est-à-dire, maîtriser nos leçons, maîtriser le terrain. Et le jour de l’examen, si les sujets sont donnés, vous verrez que Guillaume Soro aura la meilleure note. Il n’est pas question de dire que, comme les professeurs ne viennent pas, ‘’je ne vais pas étudier mes leçons. Et puis, quand on dira que l’examen est maintenu, tu diras : ‘’c’est parce que j’étais intimidé, j’avais tel ou tel problème, je n’ai préparé mes bases, je n’ai pas de représentants dans les bureau de vote’’. Non, nous partons à une élection. Et elle se gagne avec une équipe organisée, des gens déterminés. C’est cette organisation que le Gps est en train de mettre en place. Et les mouvements et associations essaient d’accompagner cette organisation. J’amais nous n’avons rêvé que Guillaume Soro ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2020. Nous savons qu’il est candidat et qu’il sera candidat. Il n’y a pas de raison qu’il ne soit pas le président de la République de Côte d’Ivoire, au sortir du 31 octobre 2020.

Le Gps n’est-il pas en retard d’une marche par rapport à la présidentielle à venir, quand on sait qu’il n’a pas été associé au dialogue politique pouvoir-opposition, au discussions sur le code électoral etc. ?

Je ne sais pas de quelle négociations vous parlez puisque ceux mêmes qui sont allés négocier, sortent des négociations avec plusieurs sons. Ce qui conforte la position du Gps, de Guillaume Soro qui a eu très vite raison de dire qu’on n’avait rien à tirer de ces négociations qui sont au fait, à mon avis, comme un bal poussière pour montrer à l’opinion qu’on veut avancer sur les dossiers, alors qu’en réalité, on nous a déjà dit ici dans ce pays, que tout est bouclé. Donc, moi je pense que les négociations qui sont en cours, c’est bien qu’elles soient ouvertes à l’ensemble de la classe politique. Le Gps est un mouvement normalement constitué et s’il est invité, son président avisera et il verra comment participer. Mais pour nous, nous participons déjà à toutes les négociations qui se font parce que nous existons en tant que Gps, et le président se prononce à chaque fois, sur les questions d’intérêt national. Et on connaît bien la position de Guillaume Soro sur les différents points. Maintenant, si l’Exécutif veut faire avancer les dossiers, il sait quoi faire.

Avez vous le sentiment que l’exécutif va lâcher du lest ?

Moi je ne suis pas Rhdp, je n’ai pas le sang Rhdp donc, je ne sais pas s’ils vont lâcher du lest ou pas, mais ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Je parle en tant qu’Ivoirien, les (responsables des) partis politiques parlent en tant qu’Ivoiriens et ce qui importe, c’est la Côte d’Ivoire. Ce ne sont pas les individus à travers le Rhdp que nous regardons, ils passeront, la Côte d’Ivoire va exister mais quel est l’héritage qu’ils veulent bien qu’ensemble, on laisse à nos enfants ?

Nous insistons : que feriez-vous si Soro ne rentre pas ?

Le Gps n’a pas à anticiper sur de telles réactions, le Gps a à travailler à ce que Guillaume Soro dépose sa candidature et qu’il gagne les élections. C’est ce travail que nous sommes en train de faire, il n’ y a pas autre alternative, il ne faut pas vous tromper. Nous sommes des hommes politiques avertis. Guillaume Soro ne tombe pas du ciel, il a fait tout son parcours politique en Côte d’Ivoire, nous sommes Ivoiriens.

‘’C’est bouclé, c’est géré’’ ça vous dit quelque chose ?

Absolument rien, parce que c’est Dieu seul qui détient le pouvoir. Aucun individu, quelle que soit sa force, n’est aussi puissant. On a vu les Moubarack, les grands présidents de ce monde. Où sont-ils aujourd’hui ? On peut être président et demain, un simple citoyen. On peut être député puis demain, être un simple citoyen. Je crois que ça doit donner à réfléchir à chacun d’entre nous, quand on s’engage dans la politique.

Soro tente de réorganiser son mouvement après le 23 décembre. Il a mis en place la délégation Côte d’Ivoire de Gps, constitutée essentiellement de femmes. Est-ce que cela a fait bouger les lignes ?

Guillaume Soro vit dans ce monde, il dirige le Gps. ll y a la délégation de la France dirigée des mains de maître par le ministre Banchi. Il y a la délégation Côte d’Ivoire dirigée par 22 femmes et ayant la caution politique et morale du président du Gps et de tous les cadres. Pour une fois, on donne les rênes d’un mouvement à des femmes, pour diriger. C’est un message que le président Guillaume Soro donne à la classe politique. Nous avons foi à cette délégation et je crois qu’elle travaille bien. En tout cas, la plateforme des soroistes bouge.

Le gouvernement vient de lancer les Cartes nationales d’identité. Que pensez-vous du processus ?

Mais nous, nous disons que si de façon classique un pays comme la Côte d’Ivoire n’arrive pas à donner des Cartes d’identité aux Ivoiriens, c’est un échec. Mais par contre, si on décide de donner les Cartes d’identité, et que les règles établies sont les mêmes pour tous les concitoyens, et qu’on ne peut pas aller dans des villes comme chez moi à Tortiya, où des personnalités de l’État de Côte d’Ivoire disent qu’elles vont offrir des Cartes nationale d’identité (Cni) gratuitement à des gens, mais autant accéder à ce que l’opposition demande : que les Cni soient gratuites comme ça été le cas en 2000. Au lieu qu’on se cache pour donner de l’argent à des individus pour faire des Cni, ouvrons le jeu à tous les Ivoiriens. C’est un véritable paradoxe qu’à un meeting, des autorités politiques, des élus tiennent ces propos de donner 5000 Fcfa pendant qu’ à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, le Rhdp a refusé que les Cni soient gratuites. C’est le même Rhdp qui va sur le terrain pour dire qu’on va offrir les Cni aux jeunes de Tortiya.

Ya-t-il un paradoxe ?

Il y a un paradoxe mais il faut bien dire à ces jeunes que c’est le même Rhdp qui a refusé que l’État vous offre gratuitement. Le processus connaît des entraves dès le lancement et puis, le nombre de centres d’enrôlement est insuffisant pour qu’on ait les Cni avant les élections. Ce n’est pas possible ! Quand mon patron était premier ministre, il y avait environ 5000 centres. Aujourd’hui, on nous parle d’une centaine. L’État qui était en guerre est-il fort que l’État qui n’est pas en guerre, pour ne pas avoir les moyens pour augmenter les centres ? On parle du Net mais écoutez, dans les villages, ils vont aller faire la préinscription où ? C’est comme si c’est le Rhdp qui travaille à ce que le processus ne réussisse pas. ça nous emmène à nous poser des questions. C’est pour cela que nous interpellons le chef de l’État. Qu’il regarde ce dossier parce qu’on le lui a mal expliqué. C’est mon sentiment parce qu’avec l’élégance de Ouattara que nous connaissons, il ne peut pas se permettre que dès l’entame, les Cni se fassent dans ces conditions. Allez sur le terrain, les premiers qui ont fait, ne vont pas l’avoir avant fin mars. Et celui qui va faire en mars, en avril, il aura ça quand ? Donc ce sont des véritables questions. L’identité ivoirienne n’est pas à négocier. Un citoyen ne va pas aller négocier son identité au prix de 5000 ! Quand on arrive à ce niveau, c’est comme ce pays n’existe plus.

Quelles peuvent être les conditions pour une bonne organisation du scrutin du 31 octobre ?

Il faut des élections inclusive et ouvertes à tout le monde parce que dans ce pays, on se connaît. Sinon on risque de poursuivre, après, tout le monde pour détournement. Personne ne sera exempt si ce sont des faux dossiers qu’on monte pour dire que Guillaume Soro ne doit pas rentrer. Je suis de ceux la mêmes qui pensent qu’il faut libérer Gbagbo. S’il veut participer aux élections, il participe. C’est nous qui avons voté des lois pour que des gens de 75, 80 ans puissent être candidats. Que tout le monde soit candidat. Bédié, Ouattara, Gbagbo et Soro, tout le monde est candidat, les Ivoiriens vont choisir celui qu’ils veulent. Quand ils feront leur choix, les autres s’aligneront. Il faut arrêter de se faire peur parce que je ne pense pas que les Ivoiriens ont besoin encore des affres d’une pré-élection ou des élections mal organisées pour qu’ on se retrouve dans une crise postélectorle. Nous souhaitons que le dialogue puisse persister et que tous les acteurs en Côte d’Ivoire, qui pensent qu’ils peuvent inter-agir afin que les différentes positions, qu’elles soient de l’opposition ou du parti au pouvoir, puissent emmener les Ivoiriens à des élections inclusives, justes, ouvertes et transparentes.

Réalisée par BAMBA Idrissa

Coll : Georges KOUAMÉ