Gouvernement Gon III : Marcel Amon-Tanoh a rendu sa démission, Soro réagit

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gouvernement-gon-iii-marcel-amon-tanoh-a-rendu-sa-demission-soro-reagit « Comme je l’ai toujours fait, je continuerai à mener ce combat avec vous », consigne l'ancien ministre des Affaires étrangères.
Politique

Annoncée depuis plusieurs jours par les médias, la démission du ministre des Affaires étrangères, Marcel Amon-Tanoh, a été officialisée, jeudi 19 mars 2020.

Dans une publication sur facebook, le désormais ex-chef de la diplomatie ivoirienne a lui-même porté la nouvelle : « Chères sœurs, chers frères, en tant qu’homme public ayant assumé de nombreuses responsabilités au service de mon pays, je me dois de m’adresser à vous directement, pour vous informer de ma démission du gouvernement ». L'ancien ministre de la Construction, de l'Urbanisme et de l'Habitat, a traduit sa reconnaissance au chef de l’État, Alassane Ouattara, qu'il a servi de longues années durant : au sein de l'opposition puis au pouvoir.

« Je tiens à remercier le président de la République, S.e.m. Alassane Ouattara, pour l’honneur qu’il m’a fait en me confiant des responsabilités au plus haut niveau de l’État, en qualité de ministre directeur de cabinet, puis ministre des Affaires étrangères. J’ai travaillé à ses côtés en toute loyauté, en prenant toujours soin de lui faire part de mon honnête opinion en toutes circonstances », a consigné Marcel Amon-Tanoh.

Pas un mot, cependant, à l'endroit du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Sans doute faudrait-il chercher ici les raisons du départ d'Amon-Tanoh du gouvernement. Certains milieux politiques relativement bien informés ont prêté, naguère, à l'ancien directeur de cabinet d'Alassane Ouattara, des ambitions personnelles. Il n'aurait pas été favorable au choix d'Amadou Gon Coulibaly comme dauphin d'Alassane Ouattara.

Or justement, le chef du gouvernement a été désigné, jeudi 12 mars 2020, candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) à la présidentielle, lors d'un conseil politique dans un grand hôtel de la capitale. Il est tout à fait probable que la confirmation de Gon Coulibaly comme dauphin ait précipité les annonces.

L'ancien ministre des Affaires étrangères claquera-t-il pour autant la porte au parti présidentiel ? Franchira-t-il le Rubicon en se lançant dans la course à la magistrature suprême ? Rien n'est moins sûr.

Dans son message publié, jeudi 19 mars, sur les réseaux sociaux, Marcel Amon-Tanoh se présente en homme de conviction. « Seuls la grandeur de la Côte d’Ivoire, la justice, la démocratie et le bonheur des Ivoiriens ont constamment motivé mon engagement politique. Comme je l’ai toujours fait, je continuerai à mener ce combat avec vous », écrit-il.

Sans surprise, l'ancien président de l'Assemblée nationale, en exil, Guillaume Soro, a réagi, via twitter à l'annonce de la démission du ministre des Affaires étrangères. « Le château de cartes s'écroule. Un signe ? Je ferai une lettre ouverte sous peu », publie le député de Ferké, en disgrâce avec le pouvoir d'Abidjan.

Fin janvier 2020, le président de Générations et peuples solidaires (Gps) avait, dans un tweet, encensé l'ancien directeur de cabinet d'Alassane Ouattara : « j'ai toujours apprécié ce Monsieur Marcel Amon-Tanoh que je trouve courageux et discret avec un sens élevé pour les affaires de l’État ». Guillaume Soro, candidat déclaré à la présidentielle, voit-il en Marcel Amon-Tanoh, un potentiel allié ? Très probablement.

Kisselminan COULIBALY