Lutte contre la maladie à coronavirus : Ce que proposent Bédié et ses alliés

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Politique

Ils sont, en tout, six leaders politiques, tous de l'opposition ivoirienne, à endosser une déclaration relative à la situation de crise sanitaire que vit le pays. Au nombre des signataires : l'ancien chef d’État, Henri Konan Bédié, président du Pdci et président de la Cdrp ; Assoa Adou, qui signe la déclaration en lieu et place de l'ancien chef d'Etat Laurent Gbagbo au nom du (Fpi-Eds) ; ou encore l'ancien chef du Parlement, Guillaume Soro, qui préside Générations et peuples solidaires (Gps).

Ces leaders politiques proposent aux autorités ivoiriennes la mise en place d’un cadre de concertation. Il regrouperait les institutions de la République, les partis politiques, les organisations de la société civile, les organisations professionnelles de la santé, les chercheurs, les acteurs de la vie socio-économique, les partenaires au développement, en vue d’élaborer des mesures de lutte contre le coronavirus adaptées à « l'environnement » ivoirien.

Henri Konan Bédié et ses alliés demandent l’arrêt de toutes les activités relatives à l’enrôlement pour l’obtention des cartes nationales d’identité, au Recensement général de la population et de l’habitat ; celles ayant trait au recrutement des agents recenseurs et à la révision de la liste électorale. Le chef du Pdci et ses partenaires souhaitent, par ailleurs, le gel de la modification du code électoral.

Dans un communiqué en date du 19 mars 2020, le secrétaire général de la Présidence de la République informait que « compte tenu de la situation exceptionnelle liée à l’épidémie de la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) et des mesures sanitaires urgentes adoptées par le gouvernement (...) qui rendent difficile la tenue des réunions parlementaires, le président de la République, vu l’urgence, procédera à la modification du code électoral par voie d’ordonnance ». Le communiqué précisait que ladite modification « trouve son fondement dans la nécessaire adaptation du code électoral aux dispositions constitutionnelles telles que promulguées par le président de la République et prendra en compte les points d’accord de la deuxième phase du dialogue politique ». Les partis et groupements d'opposition ne sont pas favorables au procédé choisi par l'exécutif.

Dans leur communiqué conjoint, ils invitent aussi à l'élargissement de certains prisonniers : « l’urgence aujourd’hui pour les populations vivant en Côte d’Ivoire est la sauvegarde de leurs vies. Par conséquent, l’opposition politique ivoirienne demande au chef de l’Etat, la libération des prisonniers dont l’absence dans les liens de détention n’entrave pas la manifestation de la vérité et l’arrêt des poursuites intempestives et injustifiées contre les responsables politiques ».

Henri Konan Bédié et ses alliés rappellent que le chef de l’État, dans son adresse à la nation, a demandé à toutes les forces vives et aux leaders des partis politiques, l’union sacrée pour réussir la lutte contre le coronavirus. « Si les grands pays développés ont du mal à endiguer l’épidémie malgré des moyens colossaux, quel est le sort qui nous sera réservé avec nos moyens limités ? La seule forme de résistance qui s’offre à nous, face à la propagation de la maladie, réside dans la capacité à rassembler, à sensibiliser toutes les filles et tous les fils de la Côte d’Ivoire, à concentrer leur attention sur la gravité de la situation sanitaire et à rechercher comment lutter contre cette pandémie », consignent les alliés.

 

Kisselminan COULIBALY