Présidentielle 2020 / Ibrahime Coulibaly-Kuibiert (Pdt de la Cei) : « Jusqu’à preuve du contraire, ce sera le 31 octobre 2020 »

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presidentielle-2020-ibrahime-coulibaly-kuibiert-pdt-de-la-cei-jusqu-a-preuve-du-contraire-ce-sera-le-31-octobre-2020 Coulibaly-Kuibiert a pris part à la rencontre avec le Pnud. (Ph: DR)
Politique

Le président de la Commission électorale indépendante (Cei), Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, s'en tient au programme initial devant aboutir à la tenue du scrutin présidentiel du 31 octobre 2020.

En tout cas, les débats suscités par l'impact de la pandémie à Coronavirus sur le processus électoral vont bon train. De même, l'idée d'un éventuel report de l'élection est avancée. Pour Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, « jusqu'à preuve du contraire, les élections auront lieu le 31 octobre 2020 », comme le prévoit la Constitution du 8 novembre 2016.
Le jeudi 23 avril 2020, il prenait part à la première réunion du comité de pilotage du projet d’appui aux élections en Côte d’Ivoire, au siège du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), à Abidjan, au Plateau.

À la fin de cette séance de travail qui a duré plus de trois heures, le président de la Cei, interrogé par la presse sur ce probable report de la présidentielle, a, selon nos sources, réagi. « Jusqu’à preuve du contraire, les élections auront lieu le 31 octobre 2020. Jusqu’à preuve du contraire. Et nous sommes en train de travailler à cela », a déclaré M. Coulibaly-Kuibiert.
Également, il s'est prononcé sur l'impact qu'a la crise sanitaire sur le processus électoral. « À bonne date, je le ferai. Si bien entendu, cet impact est réel sur le processus électoral, les voies de droit me sont ouvertes et je vais les saisir pour parler (…). Mais pour l’heure, il n’en est pas question », a-t-il indiqué.
La Représentante résidente du Pnud en Côte d’Ivoire, Carol Flore-Smerezmak, d’expliquer : « en novembre 2019, le gouvernement de la Côte d’Ivoire a demandé une mission d’évaluation des besoins électoraux par le Secrétaire général des Nations unies. Donc, à la suite de cette mission, il a été décidé qu’un programme d’assistance électorale devrait être mis en place pour appuyer la Commission électorale. Ce programme, qui est exécuté par le Pnud, a deux structures de gouvernance. Le premier est un comité technique qui regarde en détails toutes les activités et les interventions qui doivent avoir lieu ». « Le deuxième, à un niveau plus élevé, est un comité de pilotage qui donne les orientations stratégiques par rapport à l’appui de ce projet. Donc aujourd’hui, sous la coprésidence de la Cei et du Pnud, c’est la première réunion de ce comité qui regroupe les différents ministères du gouvernement, la Cei et le système des Nations unies et tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux qui contribuent au financement du processus électoral. A cette réunion, nous avons eu l’opportunité de passer en revue, l’état d’avancement du processus électoral et les préparatifs qui sont en train d’être faits. Nous avons aussi regardé en détails, l’appui qui est donné par le projet et qui complète les actions de la Cei, grandement financées par le gouvernement ivoirien. Et enfin, nous avons pris note de l’importance de la mobilisation des ressources pour pouvoir aller ensemble aux élections, afin que ce soit un processus crédible, transparent, inclusif et apaisé », a-t-elle soutenu.
Avant d’ajouter : « les principales recommandations qui sont sorties de cette réunion, c’est que la Covid-19 a un impact très réel sur le chronogramme des préparatifs du processus électoral. Donc, nous avons regardé, dans le détail, les différents scénarios pour voir comment aboutir à un processus qui reste inclusif mais où on peut compresser certaines étapes et ne pas toucher les étapes qui sont incompressibles. Je crois que dans cette lignée, la décision finale revient à l’État, selon le cadre juridique qui existe dans le code électoral. Et comme les élections, c’est un exercice de souveraineté de l’État, c’est l’État qui décidera de la date du scrutin. Mais aujourd’hui, nous avons regardé l’impact très réel de la crise sur le chronogramme ». Et de poursuivre : « deuxièmement, nous avons regardé en détails les activités liées par exemple à la gestion des conflits, à l’importance de sensibiliser les populations, les jeunes, les femmes aussi, toute la classe politique, sur le processus électoral. Et enfin, nous avons fait un point sur la mobilisation des ressources. Beaucoup de partenaires contribuent au processus électoral mais il est très clair que c’est l’État qui finance la plus grande partie du budget. Donc, nous avons encouragé les bailleurs qui ont fait des annonces, de passer très vite au décaissement pour qu’on puisse appuyer et avoir des élections transparentes, inclusives et apaisées ».

Hervé KPODION