Côte d’Ivoire : Les victimes de la crise post-électorale en colère après la levée des restrictions de la Cpi, ce qu’ils entendent faire pour contraindre Gbagbo et Blé Goudé en exil

Politique
Publié le Modifié le Source : Linfodrome
cote-d-ivoire-les-victimes-de-la-crise-post-electorale-en-colere-apres-la-levee-des-restrictions-de-la-cpi-ce-qu-ils-entendent-faire-pour-contraindre-gbagbo-et-ble-goude-en-exil Issiaka Diaby estime que l’acquittement prononcé par la Chambre de première instance conduirait certains belligérants de la crise post-électorale encore en liberté de faire sombrer la nation dans un nouveau cycle de violence

Les victimes de la crise post-électorale sont en colère après la levée des restrictions imposées à l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo et son ex-ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé. Au lendemain de cette décision rendue en fin d’après-midi du jeudi 28 mai 2020 par la chambre d’appel de la Cour pénale internationale (Cpi), ces victimes de la crise post-électorale, ont tenu à réagir pour mettre les pendules à l’heure. Ces derniers réclament en effet, la poursuite du procès et exigent que justice et réparation leur soient accordées.

Acquitté le 15 janvier 2019 et maintenu en liberté conditionnelle en Belgique, en vertu d’une décision de la Cpi, rendue le 1er février 2019, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé peuvent à présent voyager presque librement et se rendre dans les 123 Etats membres de la Cour pénale internationale (Cpi) y compris la Côte d’Ivoire.

Pour les victimes de la crise post-électorale de 2020, pas question que Laurent Gbagbo et son collaborateur, Charles Blé Goudé, foulent à nouveau les pieds sur les bords de la lagune Ebrié. Ils dénoncent en effet, la décision du 28 mai de la Cour pénale internationale. Laquelle décision rend libre de tout mouvement les ex-prisonniers de Scheveningen.

Cette posture, ils l’ont adopté, le lundi 01 juin 2020 à Abidjan-Yopougon, à la faveur d’une conférence de presse animée par le président du Collectif des victimes en Côte d’Ivoire (Cvci), Issiaka Diaby. « Le Collectif des victimes en Côte d’Ivoire (Cvci) informe cette fois publiquement les communautés nationales et internationales de son opposition énergique quant à une quelconque désignation de l’Etat de Côte d’Ivoire en sa qualité d’Etat partie au statut de Rome de la Cpi pour accueillir Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sur son en exécution de la décision du 28 mai 2020 de la Chambre d’appel », a dit Issiaka Diaby. Tout en révélant l’existence d’un ‘’contentieux juridique’’ entre l’Etat de Côte d’Ivoire et l’instance judiciaire internationale.

En effet, en 2017, la CPI a émise un mandat d’arrêt contre Simone Gbagbo, mais qui s’est frotté au refus de coopération de l’Etat ivoirien. Sur la base de ces faits, M. Diaby considère que le retour au pays de ces derniers signifierait systématiquement la fin de la procédure judiciaire en cours étant donné qu’il n’existe plus d’accord d’extradition entre les deux entitées. Issiaka Diaby estime que l’acquittement prononcé par la Chambre de première instance conduirait certains belligérants de la crise post-électorale encore en liberté de faire sombrer la nation dans un nouveau cycle de violence à l’approche des futures échéances électorales.

« La Côte d’Ivoire s’était engagée à coopérer sans retard et sans exception avant de se rétracter en refusant non seulement de délivrer l’autorisation permettant au procureur de la CPI s’ouvrir ses enquêtes et avait également refusée l’entrée de celui-ci sur son sol. Cette malencontreuse réalité ivoirienne constitue sans aucun doute non seulement un acte extrémiste violent de violation des droits essentiels des victimes. Mais aussi un facteur dynamique de répétition des regains de violence sociopolitique armée et de commissions de crimes de masses graves y relatives », a martelé le président du Collectif des victimes en Côte d’Ivoire.

Faut-il, le rappeler, le 15 janvier 2019, la Chambre de première instance I, à la majorité, la juge Herrera Carbuccia joignant une opinion dissidente, a acquitté M. Gbagbo et M. Blé Goudé de toutes les charges de crimes contre l'humanité prétendument perpétrés en Côte d'Ivoire en 2010 et 2011. Une décision dûment motivée a été rendue par écrit le 16 juillet 2019. L'Accusation a fait appel de cette décision.

Le procès dans cette affaire s'était ouvert le 28 janvier 2016 pour des charges de crimes contre l'humanité (meurtre, viol, autres actes inhumains ou – à titre subsidiaire –tentative de meurtre, et persécution) prétendument perpétrés dans le contexte des violences post-électorales en Côte d'Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. 

 

Maxime KOUADIO