Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara seul « maître » à bord d’un avion de "26 millions de passagers"

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cote-d-ivoire-alassane-ouattara-seul-maitre-a-bord-d-un-avion-de-26-millions-de-passagers Par «  ces temps d’incertitudes et de turbulences » selon l’ancien vice-président, Daniel Kablan Duncan...
Politique

Situation pour le moins inédite en Côte d’Ivoire depuis 1991, année de la création d’un poste de Premier ministre, dans la «  charpente » institutionnelle ivoirienne. La nouvelle Constitution de 2016 instaure la vice-présidence et le Sénat. Il se trouve aujourd’hui que le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly est décédé, le vice-président, Daniel Kablan Duncan, démissionnaire, le président du Sénat, Jeannot Ajhoussou Kouadio dans une incapacité temporaire, étant hors du pays, ainsi que le président de l’Assemblée nationale, Amadou Soumahoro.

Le chef de l’État, Alassane Ouattara, après la disparition du Premier et la démission spectaculaire du Vice-président de la République, depuis près de deux semaines aujourd’hui, se retrouve dans une posture pas du tout enviable. Il est seul maître à bord, de « l’avion ivoire » à bord duquel quelques 26 millions de passagers ont pris place. Par ces » temps de turbulences et d’incertitudes » selon Kablan Duncan, Alassane Ouattara « vole », sans co-pilote, sans « navigateur » et sans «  radiotélégraphiste », dans des conditions atmosphériques politiques fait de rafales de vents violents venant de toute part.

Le Premier Amadou Gon Coulibaly est mort, le 8 juillet 2020, suite à un malaise cardiaque survenu en conseil des ministres. Entre sanglots et lamentations, dans la foulée, la Présidence de la République, par un communiqué lu par le ministre-sécrétaire général Patrick Achi, annonce la démission du Vice-président, Daniel Kablan Duncan, ancien vice-président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire ( Pdci-Rda), le parti de Konan Bédié.

Le dépouille du défunt Gon Coulibaly n’est pas mise en terre que le président du Sénat, Jeannot Ahoussou Kouadio, un autre transfuge du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, s’est envolé pour l’Allemagne, pour, dit-il, une visite médicale après avoir été testé positif au Covid-19. Il est sorti du pays, sur la pointe des pieds. C’est, une fois arrivé au pays d’Angela Merkel qu’il donne sa position aux Ivoiriens.

Le président de l’Assemblée nationale, Amadou Soumahoro, accompagné de son épouse et de son chef de protocole, se trouve en ce moment en France, officiellement, pour prendre part à une réunion des parlementaires francophones. Par «  ces temps d’incertitudes et de turbulences » selon l’ancien vice-président, Daniel Kablan Duncan, le chef de l’État est seul, voire «  orphelin » sans compagnie, sans «  co-pilote », aux commandes d’un avion d’au moins 26 millions de passagers.

Or, la Constitution n’a pas prévu d’Intérim à la présidence de la République. Qu’est ce qui cloche au juste ? Les Ivoiriens s’expliquent difficilement pourquoi, depuis près de deux semaines, la nomination d’un nouveau Premier ministre et d’un vice-président sont si lents à venir. Les chefs de l’État a-t-il choisi de ne plus s’encombrer avec deux fonctions, jusqu’à la fin de son mandat ? En tout état de cause, pour marquer leur impatience, les Ivoiriens se laissent aller à de folles spéculations.

« La République est en danger !- Vice-présidence, Primature, Présidence du Sénat, Présidence de l'Assemblée nationale.Tous ces postes névralgiques de la République sont vacants de droit ou de fait. Seul, la Présidence a son titulaire en poste. En cas de vacance, bonjour l'aventure !!! » écrivent certains analystes politiques, sur la toile.

Armand B. DEPEYLA