Côte d'Ivoire

Marches éclatées contre le 3ème mandat de Ouattara à Dabou : Sous la pression des manifestants, les policiers décampent, la gendarmerie se barricade

Politique
Publié le Source : Linfodrome
marches-eclatees-contre-le-3eme-mandat-de-ouattara-a-dabou-sous-la-pression-des-manifestants-les-policiers-decampent-la-gendarmerie-se-barricade Les manifestants de Dabou ont fait reculer les policiers (Ph d'archives)

C'est gâté à Dabou le jeudi 13 août 2020, capitale de la région des Grands ponts. La folle journée éclatée de protestation contre la candidature du président sortant Alassane Ouattara, pour un troisième mandat, a dégénéré entre les manifestants entre les policiers.

Les nombreux manifestants ayant pris le dessus sur les forces de la police qui ont battu en retraite. En effet, il est 10 h quand le boulevard principal est pris d'assaut par des centaines de manifestants, venus pour la plupart des villages environnants à savoir Gbougbo, N'Gatty, Bouboury, Débrimou, Agneby, Armébé, Kpass... Très vite, ils embrasent des pneus à plusieurs endroits notamment devant le maquis Régal, la Bni, à la mythique Place Bédié, devant la justice, la direction régionale des impôts.

Ces manifestants très excités et brandissant le drapeau de la République de Côte d'Ivoire, scandaient « Ouattara, libère le pays », « Pas de 3ème mandat », « Ouattara, dégage ! ». Dans leur chevauchée, ils tombent sur le détachement impressionnant des éléments de police du district de Dabou au niveau de la place Bédié. La tension monte d'un cran de part et d'autre. Puis les policiers lancent l'assaut en lançant des gaz lacrymogènes. Mais contre toute attente, les manifestants résistent et leur renvoient ces explosifs.

Un peu plus tard, ce sont ces jeunes gens qui foncent courageusement sur les policiers, ces derniers qui cèdent. Dans un crissement de pneus, les cargos remplis de policiers décampent. Naturellement, ce sont des cris de victoire. Les éléments de la brigade de gendarmerie située non loin de là, ont préféré se barricader tout simplement, sans doute pour éviter que la situation ne dégénère.

À 11 h30, lorsque nous quittions les lieux, aucun policier n'était perceptible. Les manifestants avaient le total contrôle de la voie principale, devenue un véritable brasier infranchissable. Mais aucun magasin n'a été pillé. « Nous voulons montrer à la face du monde que nous n'avons qu'un seul objectif, celui de demander au président Ouattara de revenir sur sa décision de vouloir briguer un troisième mandat contre la volonté des Ivoiriens », précise un manifestant.

Notons que lors des manifestations du lundi 10 août, un manifestant du nom de Essis, originaire de Orbaff, a été grièvement blessé par les forces de la police. Transféré dans un Chu d'Abidjan, ses jours ne sont plus en danger.

Norbert Nkaka