Présidentielle 2020/ Marcel Amon Tanoh : « Il vaut mieux un report des élections »

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presidentielle-2020-marcel-amon-tanoh-il-vaut-mieux-un-report-des-elections Marcel Amon Tanoh est favorable à un report des élections.
Politique

Marcel Amon Tanoh, candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2020 a accordé une interview à un confrère ce mardi 8 septembre dont il a donné la primeur sur sa page Facebook. Pour lui, il faut éviter le fétichisme des dates. L'essentiel étant d'organiser des élections justes, transparentes et inclusives.

« Je crois que nous avons intérêt à avoir des élections qui se tiennent dans de bonnes conditions ; à avoir de vraies élections ; des élections qui réconcilient les Ivoiriens ; des élections justes, transparentes et inclusives. Qui font que celui qui est battu reconnaisse sa défaite et celui qui est vainqueur est bien élu. A ce moment là, on aura la paix, quitte à reporter les élections. Je crois qu’il n’est pas trop tard pour s’asseoir, dialoguer et tenir les élections à bonne date. A mon avis, il vaut mieux un report des élections si les conditions ne sont pas réunies, que le risque d’entraîner le pays dans une crise et avoir à endosser la responsabilité de nouveaux morts », a soutenu l’ancien chef de la diplomatie ivoirienne.

Pour Marcel Amon Tanoh, il faut privilégier le dialogue plutôt que se précipiter pour aller à des élections. «On n’est même pas rentré dans la vraie période pré-électorale. La vraie période pré-électorale sera quand le Conseil constitutionnel aura publié la liste des candidats retenus. A ce moment-là, tout le monde va se précipiter sur le terrain. Avant la période préélectorale, il y a des morts. Si on a déjà ce bilan, bien avant la période préélectorale, que sera la période électorale et que sera l’élection ? Et que risque d’être la période post-électorale ? La Côte d’Ivoire est déjà passée par là, il ne faut pas qu’on oublie de tirer les leçons d’un passé récent auquel nous avons tous assisté, participé, etc. Il faut dialoguer », a-t-il insisté.

Selon lui, la Côte d’Ivoire est divisée, elle n’est pas réconciliée. « Et, je pense qu’il ne faut pas mettre de l’huile sur le feu. Le plus important aujourd’hui, ce n’est pas de savoir qui est responsable. Le plus important c’est d’arrêter cette violence. De faire en sorte qu’il n’ait plus de morts. Et, la seule façon d’y arriver c’est de s’asseoir autour d’une table, asseoir toutes les parties concernées autour d’une table et de se parler. Chacun connaît sa responsabilité. Nous sommes tous responsables », a-t-il souligné.

Mieux, M. Tanoh pense qu’il appartient à Alassane Ouattara de prendre des initiatives dans le sens de la concertation. « Le chef, c’est le président de la République, c’est le chef de la famille. Qu’il prenne des initiatives. Qu’il prenne l’initiative d’appeler au dialogue d’autant plus que l’opposition a souhaité ce dialogue, il y a quelques mois. A l’issue des derniers pourparlers qui ont été conduits par le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly, il y a eu des points d’accord et des points de désaccord. Et, à l’issue de ce dialogue, l’opposition a demandé à rencontrer le Président de la République. Chez nous, en Afrique, nous sommes adossés à des traditions, à une culture. L’arbre à palabre. C’est important. Et, les gens aiment avoir affaire au chef. Donc, ils ont vu le sous-chef, ils ont demandé à voir le chef, il faut que le chef accède à cette demande pour le bien de la communauté », a-t-il fait observer.

Jonas BAIKEH