Boycott de la présidentielle 2020 / Phase 2 de la désobéissance civile : Les morts forts d’Affi N’Guessan

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boycott-de-la-presidentielle-2020-phase-2-de-la-desobeissance-civile-les-morts-forts-d-affi-n-guessan Affi, Bédié et l’opposition dans l’ensemble restent déterminés pour continuer leur lutte jusqu’à son terme.
Politique

Le mot d’ordre de boycott actif du scrutin présidentiel lancé par les candidats Henri Konan Bédié (Pdci-Rda) et Affi N’Guessan (Fpi), ce jeudi 15 octobre 2020 a commencé à être appliqué par leurs partisans depuis ce jour. Ce mot d’ordre s’inscrit dans le cadre de la désobéissance civile initiée par l’opposition ivoirienne qui s’est constituée en front commun contre la candidature d’Alassane Ouattara. Cette phase 2 de la désobéissance civile se décline en plusieurs points à savoir : empêcher le convoyage et la distribution de tout matériel électoral, les meetings de campagne, la distribution et le retrait des cartes d’électeurs, ainsi que manifester dans les formes et par tous moyens appropriés l’opposition au processus électoral en cours. En conférence de presse ce vendredi 16 octobre 2020 au siège du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci-Rda) à Abidjan-Cocody, Affi N’Guessan, en tant que porte-parole des plateformes de l’opposition, a tenu des mots forts. Morceaux choisis.

Le régime a voulu intimider et museler le peuple de Côte d'Ivoire car un peuple qui se lève c'est toujours une menace pour une dictature. Mais il n'a pas réussi et il ne réussira pas. Rien n'arrêtera désormais le peuple de Côte d'Ivoire. Rien ne l'arrêtera parce qu'il est animé par une soif ardente de changement, une soif ardente d'en finir avec la dictature sournoise instaurée par Alassane Ouattara et qu'il entend perpétuer.

 

Pour nous, le Félicia se voulait une main tendue, un appel à la discussion, l'expression de notre volonté de négocier. Nous espérions que ce raz-de-marée humain refusant de manière à la fois tranquille et résolue le tripatouillage électoral, l'exclusion de plusieurs candidats dont certains sont à mes côtés, la forfaiture du troisième mandat, contraindrait le pouvoir au dialogue. Nous l'espérions parce qu'à nos yeux, le règlement pacifique des conflits doit être la norme dans une Côte d'Ivoire mature.

 

Nous avons tous dans ce pays, suffisamment soufferts, collectivement, individuellement, pour connaître le prix de la guerre et la valeur de la paix, pour savoir aussi que l'on ne perd jamais la face en donnant une chance à la paix. Et pourtant, le régime est resté sourd à tous nos appels. Il prend sciemment, délibérément, le risque de plonger notre pays dans des affrontements, dont nous ne voulons à aucun prix. Car il n'y a pas de pires violences que celles qui opposent les enfants d'un même pays. Alassane Ouattara en porterait seul la pleine et totale responsabilité. Seul face au peuple de Côte d'Ivoire qui dit non. Seul face à la communauté internationale qui observe cette dérive dictatoriale avec consternation.

 

Parce qu'il est resté sourd à nos appels au dialogue, il nous contraint à entrer dans une nouvelle séquence politique, l'acte 2 de la désobéissance civile. Parce qu'il se sait minoritaire et qu'il ne peut pas gagner une élection transparente et démocratique, il a décidé d'opérer un passage en force, un braquage électoral. Le peuple ivoirien a le devoir de résister pour faire barrage à la forfaiture et défendre la démocratie. Nous entrons dans la phase active de la désobéissance civile parce que nous y sommes contraints par l'aveuglément du régime.

 

Ensemble, nous lançons un appel solennel à nos militants, nos sympathisants, nos électeurs, et au-delà de tous, à tous nos compatriotes épris de justice et de liberté. Nous leur demandons avec gravité, de faire barrage par tous les moyens légaux au coup d'État électoral que s'apprête à commettre un président accroché au pouvoir.

 

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Notre désobéissance civile est un acte de résistance à un double coup d'État, un coup d'État constitutionnel car Alassane Ouattara est inéligible en vertu de la constitution de 2016, un coup d'État électoral avec la prise en otage du Conseil constitutionnel et de la Commission électorale indépendante. Ce qui est cours, ce à quoi nous assistons à l'heure actuelle ne s'appelle pas une élection présidentielle. Cela s'appelle au choix, un coup de force, un coup d'État, un braquage, une imposture, un simulacre. C'est à coup sûr une forfaiture.

 

Cela ne peut d'ailleurs pas s'appeler une élection présidentielle puisque celle-ci est rendue impossible par l'absence de représentants de l'opposition au sein de la Commission électorale indépendante. Comme cela ne s'appelle pas une élection présidentielle, le président Henri Konan Bédié et moi-même avons précisé hier (jeudi 15 octobre 2020, ndlr) que le processus en cours ne nous concernait pas.

 

Parce que nous sommes candidats à l'élection présidentielle, la vraie, nous ne pouvons être complice ou otage de ce simulacre. Et comme les Ivoiriens veulent une vraie élection présidentielle loyale, transparente, inclusive, j'ai confiance en leur mobilisation pour la désobéissance civile.

 

Nous n'avons pas le droit de reculer. Ce serait trahir une cause historique pour bâtir une Côte d'Ivoire vraiment reconciliée et vraiment démocratique. Nous irons jusqu'au bout parce que notre combat est juste. L'histoire nous apprend que les combats justes l'emportent toujours.