Côte d'Ivoire

Présidentielle 2020 : Deux véhicules d’armes interceptés près du village d’Affi N’guessan, 3 convoyeurs prennent la fuite, 2 autres interpellés

Politique
Publié le Modifié le Source : Linfodrome
presidentielle-2020-deux-vehicules-d-armes-interceptes-pres-du-village-d-affi-n-guessan-3-convoyeurs-prennent-la-fuite-2-autres-interpelles Avant d'être incendiés, les deux véhicules ont été interceptés dans le village de Banabo, dans la région du Moronou (Ph d'archives)

Dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 octobre 2020, deux véhicules chargés d’armes ont été interceptés à Banabo, non loin de Bouadikro, le village de Pascal Affi N’guessan, situé dans le département de Bongouanou.

La nuit du dimanche 25 octobre 2020 a été très mouvementée à Banabo, localité située à environ 4 kilomètres de Bouadikro, village de Pascal Affi N’guessan, porte-parole de la plateforme de l’opposition ivoirienne. Selon nos sources, aux environs de 22 heures, deux véhicules chargés d’armes ont été interceptés à un barrage érigé par les jeunes de ce village et des villages environnants, avant d’être incendiés.

En effet, Linfodrome a appris auprès d’un habitant de Banabo, village situé à 8 kilomètres de Bongouanou que deux véhicules, dont un avec à son bord des individus habillés dans des tenues différentes de l’armée, et l’autre, avec à son bord le chauffeur et un autre individu, ont été freinés dans leur progression par des jeunes. Interrogés sur le contenu des véhicules et leur destination, il nous revient qu’ils sont restés muets comme des carpes. « Les jeunes les ont obligés à mettre pied à terre. Ils ont fait appel aux gendarmes et policiers de Bongouanou qui sont venus les chercher. Aux environs de 1 heure du matin, une dizaine de soldats est arrivée à Banabo, en vue de rechercher 17 armes disparues des véhicules », selon notre interlocuteur qui ajoute que les jeunes leur auraient remis 6 armes avant que les forces de l’ordre ne retournent à Bongouanou avec les individus interpellés dans ces véhicules.

Dans le souci de vérifier cette information, nous sommes entrés en contact, dans la journée du lundi 26 octobre 2020, avec le chef du village de Banabo, Kadio oi Kadio Bertin, ou Nanan Yoman II, son nom de règne. « Moi, je suis à Abidjan. J’ai été informé depuis hier nuit de cette situation. Les gendarmes de Bongouanou sont intervenus. En ce moment même, je crois qu’ils sont encore au village pour essayer de régler ce problème », a dit Nanan Yoman II.

Dans l’après-midi de ce même lundi 26 octobre 2020, Pascal Affi N’guessan a évoqué le sujet lors de sa conférence de presse. « Hier même, chez moi à Bongouanou, les jeunes ont arrêté deux voitures qui étaient de passage dans le village de Banabo. Les deux camions ont été incendiés. Certaines armes ont été emportées. La police et la gendarmerie ont investi tout le village pendant toute la nuit. Le Général Apalo a menacé les villageois d’envoyer un commando si les armes ne sont pas restituées. Et ces deux camions d’armes ont été convoyés par 5 miliciens armés plus un autre véhicule qui suivait le convoi d’armes. Ils ont été bloqués au carrefour de Banabo. Quand les jeunes ont voulu fouiller, trois de ces miliciens ont fui…S’ils ont fui, c’est qu’ils ont quelque chose à se reprocher. Et les gendarmes et les policiers qui sont venus dans la nuit n’ont pas dit que c’étaient des gens qui appartiennent aux forces de défense et de sécurité. Ils se sont contentés des 2 autres, de les prendre et envoyer à leur brigade. A l’heure actuelle, nous ne savons pas quel est le sort qui leur a été réservé. Mais il est évident que la police, la gendarmerie ne vont pas dévoiler l’origine du convoi, la mission qui avait été confiée à ces miliciens. Ce pouvoir s’appuie sur des milices pour terroriser les populations », a dit le président du FPI.

 

Adolphe Angoua

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