Côte d'Ivoire

Présidentielle 2020 : Situation critique à Sakassou, des résidences incendiées et pillées, le préfet Coulibaly Gando fait des précisions et instaure un couvre-feu

Politique
Publié le Source : Linfodrome
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Depuis le samedi 31 octobre 2020, jour du scrutin présidentiel, la ville de Sakassou est secouée par une vague de violences marquées par l’incendie et le pillage de certains commerces et résidences. Des attaques à l’arme blanche ont été signalées dans la ville.

Sakassou ressemble à un champ de bataille depuis le samedi 31 octobre 2020. « La situation est critique », selon un habitant joint dans la matinée par Linfodrome. Un couvre-feu a été instauré depuis le samedi 31 octobre 2020 de 21h à 6h du matin, jusqu’au mardi 3 novembre 2020, en vue de ramener le calme.

Tout serait parti, selon notre informateur, d’une descente que des jeunes se réclamant de l’opposition et de la société civile ont faite au centre du bureau de vote du Centre culturel de Sakassou. « Des manifestants sont arrivés et demandé aux gens de sortir. Ils menaçaient de brûler les urnes parce que, disaient-ils, il n’y avait pas d’élection dans toute la Côte d’Ivoire. Ils ont pris les documents et les ont déchirés. En retournant chez eux, certains autochtones ont été reconnus par des allochtones. Ces derniers ont dit que les manifestants habitent Walèbo, un des villages au cœur de la ville. C’est Walèbo qui tient tout le département et c’est là-bas que siège le royaume baoulé. Il y a eu une riposte et ceux qui étaient habillés en tenues militaires bigarrées ont encadré d’autres jeunes pour aller attaquer les autochtones qui sont tombés en brousse. Traqués, ils (les jeunes autochtones) ont appelé au secours…Il y a eu de nombreux blessés (…). Les allochtones ont eu le temps de brûler les commerces de certains autochtones. Aujourd’hui dimanche, aux environs de 11h, les autochtones ont riposté en brûlant les magasins des allochtones. Mais il faut préciser que ce matin, les allochtones menaçaient de brûler la résidence du maire Kouadio Kouamé Eugène (délégué PDCI). Lorsque les populations ont eu cette information, elles sont allées protéger son domicile jusqu’à ce matin où il y a un autre groupe qui est allé les relayer », raconte notre interlocuteur, avant de préciser que « le chef de canton, Nanan Kouadio Kouassi a été menacé hier (samedi 31 octobre 2020) par des allochtones. Donc il a fait appel à ses alliés pour venir le protéger. Nous, nous disons que ce sont des microbes qui ont été envoyés. Parce que si ce sont des corps habillés, ils ne peuvent pas s’en prendre aux populations. Ils sont habillés en treillis et armés. Ils donnent le terrain aux communautés allochtones. Au fur et à mesure qu’ils repoussent les manifestants, les allochtones s’installent et ils brûlent les magasins des fils de Walèbo ».

Un militant du RHDP joint au téléphone a confirmé les affrontements. « Il y a eu des dégâts. Hier, il y a eu de nombreux blessés. Aujourd’hui, je n’ai pas le point mais il y a de nombreux blessés par balles. Il y a des maisons brûlées. Ma maison à Walèbo a été saccagée et pillée. M. Palenfo Adama qui est le secrétaire permanent du RHDP a eu sa maison pillée. Il y a des maisons de Walèbo qui ont été incendiées et pillées. En tout cas, de part et d’autre, il y a eu des dégâts énormes. Il y a plusieurs blessés par balles, machettes etc… », a-t-il dit.

Dans l’après-midi de ce dimanche 1er novembre 2020, nous sommes entré en contact téléphonique avec le préfet de Sakassou, Coulibaly Gando. S’il s’est montré prudent au téléphone, il a néanmoins confirmé qu’il y a eu « quelques perturbations et que la situation est sous contrôle. « Pour le moment, on est encore dans le feu de l’action c’est difficile de vous dire voilà, voilà…Ce qui est sûr, il y a quelques perturbations. La situation est sous contrôle pour le moment…On va utiliser l’expression consacrée, c’est-à-dire qu’il y a un calme, mais c’est un calme précaire ».

Alors que certaines sources parlent de morts, le préfet soutient le contraire. « Il n’y a pas eu de mort. Les gens racontent sur les réseaux sociaux qu’il y a eu 3 morts. Il n’y a pas eu de mort. J’ai fait le point avec la Santé (les médecins) et la morgue, il n’y a pas longtemps. Donc il n’y a pas de mort ».

 

Adolphe Angoua

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