Journée nationale de la Paix :

Un religieux plaide pour un musée retraçant les violences en vue de l’éveil et l’éducation des consciences à la Paix

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un-religieux-plaide-pour-un-musee-retracant-les-violences-en-vue-de-l-eveil-et-l-education-des-consciences-a-la-paix Père Donald Zagoré, prêtre de la Société des missions africaines (SMA). (Ph: DR)
Politique

Le Père Donald Zagoré, prêtre de la Société des missions africaines (SMA), dans cette contribution plaide pour un musée dédié à la violence politique et électorale afin de garantir un éveil permanent des consciences à la dramatique réalité des crises politiques et électorales.

Il y a une question que nous ne nous posons pas assez en Côte d’Ivoire : Que reste-t-il comme réalité tangible de la tragédie des violences politiques et électorales qu’a connu la Côte d’Ivoire jusqu’à ce jour ? Qu’est-ce-qui matériellement nous rappelle aujourd’hui 2000, 2002, 2011, et qui demain nous rappellera 2020 et qui servira comme mémoire à l’histoire pour les générations ivoiriennes futures ? En vérité, il n’y a rien. Cette mémoire douloureuse de notre histoire a disparu comme si elle n’avait jamais existé. Et c’est dramatique. C’est probablement la raison pour laquelle nous avons du mal à tirer les leçons de l’histoire pour construire le présent et donner au futur une direction juste.
Aujourd’hui, au-delà des beaux discours sur la paix en Côte d’Ivoire qui parfois ne conduisent à rien, puisque malheureusement les mêmes causes finissent toujours par produire les mêmes effets au fil du temps, il convient nécessairement de travailler à un éveil permanent des consciences sur la dramatique réalité des crises électorales qui presque chaque cinq ans, de manière cyclique pourrait-on dire, endeuillent et appauvrissent les populations tant les dégâts sont énormes en vies humaines et ressources matérielles.  
Il est plus que nécessaire que nous ayons pour notre pays un musée dédié à la violence politique et électorale comme l’ont fait d’autres pays comme l’Angola, le Rwanda pour garantir d’une part un éveil permanent des consciences à la dramatique réalité des crises politiques et électorales avec son lot de mort et de destruction de biens matériels, et d’autre part pour éduquer les consciences ivoiriennes à la culture et à la nécessité de la paix, le tout dans l’unique but d’éviter de revivre les même erreurs et les mêmes horreurs. Comme l’écrit Winston Churchill, « un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ».
En effet, tant que nous nous accoutumerons à éroder trop facilement des moments de notre histoire, aussi douloureux qu’ils soient, nous ne réussirons jamais à vivre le présent et à penser l’avenir avec sérénité et maturité.

Père Donald Zagoré, SMA