Présidentielle 2020 : L’Oidh dévoile 17 cas de désinformation en ligne susceptibles d’avoir impacté le scrutin

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presidentielle-2020-l-oidh-devoile-17-cas-de-desinformation-en-ligne-susceptibles-d-avoir-impacte-le-scrutin Au nom de l’Oidh, Yannick Anaky a invité les internautes à plus de vigilance sur les réseaux sociaux.
Politique

Yannick Anaky, coordonnateur du projet de lutte contre la désinformation en ligne en période électorale en Côte d’Ivoire, a dévoilé 17 cas de désinformation en ligne identifiés par l’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (Oidh) qui ont ou étaient susceptibles d’avoir impacté l’élection présidentielle de 2020. Il l’a fait au cours d’une conférence de presse tenue dans les locaux de l’Oidh à Abidjan-Cocody, ce mardi 17 novembre 2020. Yannick Anaky a également livré les grandes recommandations de l’Oidh au gouvernement, à l’opposition, aux médias, et la société civile, entre autres.

L’Oidh est en ordre de bataille contre les « fakes news » qui ont circulé sur les réseaux sociaux dans le cadre du processus électoral pour la présidentielle qui a eu lieu en octobre 2020 en Côte d’Ivoire. Financée par le National endowment for democracy (Ned) et soutenue par le National democratic institut (Ndi), elle a ainsi entrepris depuis juin 2020, un projet de monitoring de la désinformation en ligne en période électorale dans le pays. Ce mardi à l’occasion d’une conférence organisée dans la commune de Cocody, Yannick Anaky a présenté une partie des résultats du projet.

 

Il a donné quelques chiffres. « Les principales tendances ou variables de désinformations enregistrées font état de 41,18% de contenus manipulés (information ou une image vraie qui a été falsifiée dans le but de nuire ou de manipuler l’opinion), de 35,30% de contenus fabriqués (contenu totalement faux qui a été inventé ou monté de toute pièce en vue de tromper l’opinion ou de causer du tort), de 11,76% de faux contextes (information vraie ou une image authentique utilisée dans un contexte erroné, de 5,88% de contenus parodiques (contenu faux à visé de décrédibilisation sous fond de raillerie) et 5,88% de contenus imposteurs (contenu faux qui initie les vraies sources d’information ou se réfère à elle). Ces différentes tendances ont été observées avant, pendant et après le scrutin », a expliqué Yannick Anaky.

 

Le coordonnateur du projet de lutte contre la désinformation en ligne en période électorale a évoqué « une veille du scrutin fortement marquée par des allégations de fraudes », une bataille de l’opinion émaillée par « des controverses autour de la participation au scrutin », ainsi que « des tensions et des fake news autour des membres de l’opposition ».

 

Il a tiré la sonnette d’alarme. « Au fond, c’est une mise en crise de la démocratie ivoirienne qui se dessine si rien n’est fait pour atténuer, du mieux que possible, la déferlante de désinformations en ligne susceptible de polluer le débat public et biaiser le choix éclairé des électeurs. Les tendances de désinformation observées sur les réseaux sociaux semblent être aussi le levain qui fait monter la pâte de la violence accentuant ainsi le délitement de la cohésion sociale constaté depuis le début du processus électoral », a déclaré Yannick Anaky. Il a souligné « la nécessité et l’urgence d’un dialogue franc » entre les acteurs politiques, pour une paix durable en Côte d’Ivoire.

Eddy BIBI