A peine investi, Alassane Ouattara annonce des sanctions contre les auteurs de la désobéissance civile

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Politique

Alassane Ouattara ne démord pas. Investi ce lundi 14 décembre 2020 au Palais présidentiel d’Abidjan-Plateau, Alassane Ouattara, a devant un parterre de personnalités, venus prendre part à son investiture condamné les actes de violences perpétrés par l’opposition ivoirienne.

Comme il fallait s’y attendre, Alassane Ouattara n’entend pas libérer de sitôt les militants et cadres de l’opposition incarcérés dans les prisons ivoiriennes au lendemain du scrutin présidentiel du 31 octobre 2020. Pour Alassane Ouattara les ‘’actes de violences ne doivent pas restés impunis’’.

« Nul n’est au-dessus de la loi. La vie des Ivoiriens ne doit pas être sacrifiée pour nourrir des ambitions politiques. Le respect de notre Constitution et des Institutions sont le seul garant de la paix. La Côte d’Ivoire est un Etat de droit.», martèle Alassane Ouattara. Qui annonce dans la foulée la création d’un ministère en charge de la Réconciliation. Le président Alassane Ouattara entend ainsi, reprendre langue avec l’opposition qui jusque-là, ne reconnaît pas son élection à la Magistrature suprême.

Mercredi, à la faveur d’un message à la nation, Henri Konan Bédié, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire et chef de fil de l’opposition annonçait l’organisation dans les prochains jours d’une grande marche devant contraindre Alassane Ouattara au dialogue pour l’organisation de nouvelles élections transparentes et crédibles.

« Je propose dès maintenant et urgemment, en accord avec toute l'opposition, l'organisation d'un Dialogue National". "Ce nouveau cadre de dialogue qui verra la participation de toutes les forces vives de la Nation (...) remplace évidemment le CNT (Conseil national de transition) que l'opposition ivoirienne avait initialement proposé », avait déclaré Henri Konan Bédié.

Elu en 2010, réélu en 2015, Alassane Ouattara avait annoncé en mars dernier  qu'il renonçait à une nouvelle candidature, avant de changer d'avis en août, à la suite du décès de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. La loi fondamentale ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats, mais le Conseil constitutionnel a estimé qu'avec la nouvelle Constitution adoptée en 2016, le compteur des mandats présidentiels a été remis à zéro. Ce que l'opposition a toujours contesté. Conséquence des centaines de morts, de nombreux blessés et de nombreuses arrestations dans les rangs de l’opposition.

Plusieurs responsables, dont Pascal Affi N'Guessan, ancien Premier ministre, Maurice Guikahué, ont été mis aux arrêts. Ils sont toujours en attente de leur procès.

 

Maxime KOUADIO