Procès du massacre de Duékoué carrefour

Amadé Ourémi se déchaîne à la barre : « Qu'on appelle tous les responsables de la rébellion et chacun va s'expliquer »

Politique
Publié le Modifié le Source : Linfodrome
amade-ouremi-se-dechaine-a-la-barre-qu-on-appelle-tous-les-responsables-de-la-rebellion-et-chacun-va-s-expliquer La première partie du procès s'est achevée par des témoignages glaçants de rescapés des massacres.

L'ancien seigneur de guerre qui a régné en maître dans l'ouest de la Côte d'Ivoire pendant de nombreuses années, Amadé Ourémi, s’est déchainé à la barre lors de l’audience de son procès qui a eu lieu ce mercredi 07 avril 2021 au Tribunal criminel d’Abidjan-Plateau. Il est accusé « d'assassinats massifs, viols, traitements inhumains et dégradants ». Pour lui, il n’est pas question de couler seul. Amadé Ourémi a souhaité que tous les responsables de la rébellion soient appelés à la barre et que chacun viennent s'expliquer. Il a également fait de nouvelles révélations.

L'ancien chef de milice est jugé depuis le 24 mars 2021 pour les massacres de populations dans l’ouest à Duékoué carrefour les 28 et le 29 mars 2011, lors de la crise postélectorale meurtrière qu’a connue la Côte d’Ivoire, entre autres. Ces massacres ont fait plus de 800 morts. L’accusé encourt la prison à perpétuité.

Au cours de son audience ce mercredi 07 avril 2021 au Tribunal criminel d’Abidjan-Plateau, Amadé Ourémi qui continue de nier toute responsabilité, a tenu ce propos qui interpelle : « Toujours quand les gens viennent, ils me font des photos. Or c'est aujourd'hui que j'ai compris que c'était pour me piéger. Je ne suis pas seul. On était beaucoup. Parmi nous il y avait des guinéens et des dioulas. Moi-même j'étais là-bas. Je ne vais rien cacher je vais tout verser, tout expliquer. Qu'on appelle tous les responsables de la rébellion et chacun va s'expliquer. Moi en 2011 je n'ai pas pris fusil. Si j'ai tué en 2011. Dans la rébellion il y a deux grands responsables, c'est le président Gbagbo et puis le président Ouattara ».


Faut-il le souligner, parmi les nombreux témoignages glaçants à la barre, il y a celui de Franck Glazai. L’homme dont le bras droit est amputé, a raconté que les hommes en armes d’Amadé Ourémi ont tiré sur une centaine de personnes qui s'étaient réfugiés dans une église, après avoir séparé les femmes des hommes.

Eddy BIBI