Côte d'Ivoire

Pulchérie Gbalet après sa sortie de prison : « Si c’était à refaire, on l’aurait fait »

Politique
Publié le Source : Linfodrome
pulcherie-gbalet-apres-sa-sortie-de-prison-si-c-etait-a-refaire-on-l-aurait-fait Pulchérie Gbalet dans les locaux de Linfodrome

Suite à son appel « à manifester pacifiquement contre la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat », la présidente d’Alternative citoyenne ivoirienne (ACI), Pulchérie Edith Gbalet, a été arrêtée, avant d’être jetée en prison où elle a passé 8 mois. Libérée le mercredi 28 avril 2021, la militante des Droits de l’Homme affirme que « Si c’était à refaire, on l’aurait fait ».

Pulchérie Edith Gbalet est passée, ce jeudi 6 mai 2021, au Groupe Olympe pour dire merci aux différentes rédactions, après sa sortie de prison. Elle l’a fait savoir à Linfodrome lors de l’interview qu’elle nous a accordée. « Le Groupe Olympe a également publié beaucoup d’articles concernant les déclarations que j’ai faites quand j’étais emprisonnée. Donc il fallait que je passe ici vous dire merci également », a-t-elle dit d’entrée de jeu.

La présidente d’Alternative citoyenne ivoirienne (ACI) a appris à Linfodrome qu’elle continue de remercier toutes les personnalités qui ont réclamé leur libération quand elle était à la Maison d’arrêt de correction d’Abidjan (MACA), avec ses collaborateurs. « Quand nous étions en détention, il y a des personnalités qui nous ont défendus, qui ont réclamé notre libération. Donc c’est tout à fait normal que dès notre sortie, nous passions les remercier. C’est ainsi que nous avons rencontré le président Henri Konan Bédié en sa qualité de chef de file de l’opposition. Ensuite, Mme Simone Ehivet Gbagbo parce qu’elle nous a beaucoup soutenus également. Aujourd’hui même (jeudi 6 mai 2021 : ndlr), on va rencontrer Mme Danièle Boni Claverie et ainsi de suite », a-t-elle souligné.


Femme de conviction, elle affirme qu’elle ne lutte pas contre des personnes, mais contre des systèmes. Et si elle devait refaire son appel « à manifester pacifiquement contre la candidature du président Alassane Ouattara à un troisième mandat ? », la célèbre militante des Droits de l’Homme serait prête à le faire. « Bien sûr qu’on l’aurait fait. Vous savez, la lutte se mène par conviction, comme j’ai coutume de le dire. On ne lutte pas contre des personnes, on lutte contre un système, on lutte contre les mauvaises décisions. Donc si c’était à refaire, on l’aurait refait. Tant que la Constitution sera violée, tant que les Droits de l’Homme seront violés, on réagira toujours. C’est quand on ne nous écoute pas qu’on lance des mots d’ordre. C’est quand les autorités sont sourdes qu’on est obligé de descendre dans les rues », a-t-elle averti.

Pulchérie Gbalet a confié que sa libération n’a rien à voir avec un quelconque deal. Bien au contraire. « Non, il y a plusieurs personnes qui m’ont approchée quand j’étais en prison pour me demander de mettre de l’eau dans mon vin. Je leur ai toujours dit que je n’ai rien fait de mal, que je n’ai pas d’eau à mettre dans mon vin. Si les gens ne veulent pas qu’on les critique, qu’ils gouvernent bien, ce n’est pas compliqué. Nous, c’est notre rôle en tant que société civile, de relever tout ce qui ne va pas. Et on va continuer de le faire », a-t-elle martelé.

Après sa sortie de prison, la présidente d’Alternative citoyenne ivoirienne a quelques projets, notamment la sortie d’un livre. « Dans un premier temps, vous savez quand on est incarcéré, il faut s’occuper. J’ai commencé à écrire un livre que j’ai l’intention d’achever. On va aussi voir comment réorganiser ACI, voir s’il faut lancer un nouveau mouvement ou pas. Ce sont des décisions qui vont se prendre avec mes collaborateurs après la vague de remerciements », a-t-elle soufflé.

Adolphe Angoua

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