Situation politique: Guikahué prend ses responsabilités, ce qui va se passer au Pdci

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situation-politique-guikahue-prend-ses-responsabilites-ce-qui-va-se-passer-au-pdci Guikahué a mis en lumière la ligne de démarcation entre le Secrétariat exécutif et le Comité politique.
Politique

Alors que ses adversaires internes au parti s’attendaient à ce qu’il soit mis sous éteignoir depuis l’apparition du Comité politique dirigé par Allah Kouadio Rémi, vice-président du parti, Maurice Kakou Guikahué, Secrétaire exécutif en chef, vient de mettre les points sur les i, apportant ainsi un éclaircissement à une situation qui paraissait confuse.

« Il n’existe pas de hiérarchie entre le Comité politique et le Secrétariat exécutif. Notre hiérarchie, c’est au Pdci», a-t-il clamé.

Guikahué est et demeure donc le numéro 2 du parti septuagénaire en Côte d’Ivoire. Dans la conduite de ses responsabilités à la tête du Secrétariat exécutif, Maurice Kakou Guikahué, dont l’organe vient d’être renforcé avec 7 nouveaux membres, a décliné un certain nombre de défis à relever les mois à venir. Ce qui implique de sa part, une haute responsabilité politique basée sur la recherche d’une trajectoire en vue de faire évoluer les relations dans le bon sens entre les différentes instances du parti, d’une part et d’autre part, entre les militants de base et le sommet décisionnel. L’esprit grégaire de certains cadres, basé sur des considérations ethno-tribales ajoutées à un manque de culture politique et une méconnaissance criante des textes du parti, a pollué, ces derniers temps, les rapports entre responsables, cadres et militants du Pdci, au point d’en arriver à des affrontements sanglants au siège du parti. Aujourd’hui, la situation s’est plus ou moins normalisée. Le moment semble donc idéal à Guikahué de dissiper doute et confusion dans les esprits des uns et des autres.

« Le Secrétariat exécutif est sous la tutelle du président Bédié et par extension, du Bureau politique et du Congrès », a-t-il précisé, opportunément, dans une large interview accordée au quotidien Le Nouveau réveil dans sa publication du mercredi 19 mai 2021. Toujours au centre du parti et sans s’éparpiller dans sa gestion, Guikahué tient à réaffirmer son autorité, avant de clarifier les choses. « Non. Le Comité politique a été créé par le président pour réfléchir. Il n’existe pas de hiérarchie entre le Comité politique et le Secrétariat exécutif. Notre hiérarchie, c’est au Pdci. Au Pdci, le Secrétaire exécutif en chef n’obéit qu’aux décisions du président du parti et non à autre chose ». Aujourd’hui, l’enjeu est de taille au Pdci. Redéfinir une nouvelle politique sans déclencher de controverse. L’objectif étant de consolider les acquis et définir un cap clair pour le retour du Pdci au pouvoir d’État en 2025. Dans cette dynamique, Guikahué s’est assigné plusieurs défis, avec comme priorité, la libération de tous les prisonniers.

Défis et précisions

Son emprisonnement en 2020, un accident de trajet, est aujourd’hui derrière lui. Après la libération de 298 personnes, il fait de la libération des 63 autres, « un défi immédiat ». « Il reste 63 personnes encore en prison. Et l’effort doit être fait pour que personne ne soit en prison. Ça, c’est le premier défi ».

Le deuxième défi est beaucoup plus politique. Il est en lien avec les élections législatives partielles, que le Pdci entend remporter pour augmenter son capital député à l’Assemblée nationale. Ces élections, prévues pour le 12 juin 2021, auront lieu à Jacqueville, Séguela, Mankono, Grand Bereby, Gueyo... Elles semblent être à la portée du Pdci, mais Guikahué estime qu’un travail fécond est nécessaire sur le terrain. Le Pdci prépare une conférence scientifique au mois d’octobre 2021. Ce colloque, un autre défi majeur pour le parti, se tiendra en un lieu non encore déterminé. Selon le Secrétaire exécutif en chef, sa réussite « dépend d’une bonne organisation du 13e congrès ». Pour relever tous ces défis, Guikahué a mis en mission certains Secrétaires exécutifs, notamment le nouveau Secrétaire exécutif en charge de l’innovation, des reformes de la vie du parti, pour «  faire une réflexion », le Secrétaire exécutif chargé des relations avec les partis politiques nationaux « pour pouvoir commencer (à) recenser l’opposition », le Secrétaire exécutif chargé des Finances et du patrimoine « pour voir comment accroître nos ressources pour aller dans la droite ligne de la vision du président Bédié ».

En vue de mettre en musique tous ces projets, Guikahué entend convoquer « une journée du Secrétariat exécutif », la 176e session. « Nous allons la faire sous forme de journée, comme un mini séminaire à la Maison du parti, de 10 h à 17 h, pour faire un balayage de toutes les grandes questions et déterminer les grandes actions à mener dans les six mois et douze mois qui viennent », a-t-il détaillé. Et Guikahué de réaffirmer son autorité à la tête du Secrétariat exécutif, écartant tout hiatus entre sa structure et le Comité politique. Il a apporté un éclaircissement à une situation confuse, dans le but de dissiper un doute entre le Secrétariat exécutif et le Comité politique.

« On s’adresse aux nouveaux promus pour les accueillir, pour leur dire un peu l’esprit dans lequel travaille le Secrétariat exécutif. Parce que c’est au séminaire en janvier 2014, que le président Bédié a mis les balises pour organiser notre travail. Il fallait le rappeler, le dire aux nouveaux entrants et le rappeler aux anciens qui peuvent de temps en temps oublier, et ensuite leur dire qu’il y a eu des évolutions, puisque nous sommes Secrétariat exécutif, mais le président Bédié a créé trois comités. Il fallait dire aux membres du Secrétariat exécutif, comment tout cela s’insère. Et comme le président Bédié, lui-même, a été clair le 10 mai dernier, en disant que c’étaient des Commissions de réflexion pour faire un cahier des charges qu’il validerait, afin que son exécution soit mise en œuvre par le Secrétariat, il fallait que les membres du Secrétariat sachent qu’il y a d’autres groupes qui travaillent. Et comme surtout que nous sommes une cellule d’exécution des décisions du président Bédié, j’ai insisté sur les six points du discours du 10 avril 2021 », a dit le député de Gagnoa. Voilà donc que Guikahué a mis les choses à l’endroit. Pas de hiérarchie encore moins de dyarchie entre le Comité politique et le Secrétariat exécutif. La frontière entre l’organe chargé d’exécuter les décisions de Bédié et celui chargé de faire des réflexions, la ligne de démarcation est claire.

Armand B. DEPEYLA