Tribunal criminel: Soul to Soul et Alain Lobognon vident leur sac

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tribunal-criminel-soul-to-soul-et-alain-lobognon-vident-leur-sac Les pro-Soro ont répondu aux questions des juges.
Politique

Les proches de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro, ont été entendus à la barre, hier mercredi 9 juin 2021, dans le cadre d'un procès ouvert devant le tribunal criminel depuis le 19 mai dernier.

Pour cette 6e journée, les détenus Koné Kamaraté Souleymane dit Soul to Soul, directeur de protocole de Guillaume Soro, Rigobert Soro, commissaire de police et frère cadet de l'ancien président de l'Assemblée nationale ainsi que Alain Lobognon, ancien ministre des Sports, ont été successivement entendus par le juge-président du tribunal criminel de première instance et ses assesseurs. Tous ont assuré ne pas avoir participé à une quelconque opération visant à déstabiliser la Côte d'Ivoire. Mieux, ils ont, pour la plupart, estimé être la cible d'une cabale du fait des liens étroits ou familiers qu'ils entretiennent avec l'ancien président de l'Assemblée nationale. « Mon seul malheur, ce sont mes liens sacrés de fraternité et d'amitié avec le président Guillaume Soro. C'est mon seul péché », a dit Soul to Soul. « Ce procès est un procès des responsables politiques des ex-forces nouvelles. C'est le constat que nous faisons. C'est le constat que je fais. Seulement, je me demande pourquoi parmi nous les responsables qui avons été arrêtés et poursuivis pour les mêmes faits, certains responsables ont été libérés », a questionné le collaborateur de Guillaume Soro.

À suivre le prévenu, leur maintien en prison- lui et ses co-détenus- tient à leur soutien à l'ex-député de Ferké au détriment du parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). « Nous sommes victimes de complot. Nous sommes les victimes d'un complot. C'est pour cela que nous sommes ici et sommes en train d'être jugés. Guillaume a lui même échappé à un complot. C'est pour ça que nous sommes là », a ajouté Soul to Soul.

A la question de savoir s'il avait connaissance d'armes entreposées au siège de Générations et peuples solidaires (Gps), ainsi que du jet des armes dans la lagune bordant le domicile de son patron, Soul to soul a dit ne pas en avoir été informé. « J'étais déjà aux arrêts », s'est-il défendu.

Prétextant le secret d'État et le secret défense, Soul to Soul s'est abstenu de répondre à certaines questions relatives aux renseignements généraux notamment sur l'affaire de l'enregistrement audio incriminant Guillaume Soro.

L'ancien ministre des Sports, Alain Lobognon, a abondé dans le même sens que Soul to Soul : « Parmi les 14 personnes que nous étions à avoir été arrêtés, nous ne sommes que trois à être jugés. Les autres ont été libérés par enchantement. Nous étions poursuivis pour les mêmes causes. C'est quand même bizarre qu'ils aient été libérés et que nous soyons ici devant vous ».

Méité Sindou appelé à comparaître

L'ancien député de Fresco a souhaité, pour l'éclatement de la vérité et pour que les responsabilités soient situées, que le président du comité d'organisation de l'accueil de Guillaume Soro, Meité Sindou soit invité devant le tribunal pour dire sa part de vérité dans cette affaire qui le concernerait directement.

Alain Lobognon a précisé que Guillaume Soro n'était plus en lien avec les ex-com-zone à l'exception de feu le colonel Issiaka Ouattara dit Wattao. L'ancien député de Fresco a indiqué que son patron- n'ayant plus de liens avec les éléments de la rébellion de 2002- ne pouvait entreprendre un quelconque projet de déstabilisation du pays. « M. Soro n'était pas capable de monter une telle opération. M. Soro m'a lui même demandé, après la crise de 2011, d'adresser des courriers individuels à tous ceux avec qui nous étions à Bouaké pour leur dire que c'était fini et que chacun devrait continuer son chemin. En plus, les com-zones n'ont plus 30 ans ni 40 ans ; donc, ils ne sont plus les mêmes », a avancé Alain Lobognon.

Rigobert Soro a, pour sa part, révélé avoir été approché par des autorités actuelles pour qu'il renonce ou renie son frère aîné Guillaume Soro. « On m'a proposé de l'argent et de la promotion à de hauts postes ; ce que j'ai refusé parce que je pense que mon aîné est innocent. Je suis juste ici parce que j'ai des liens de sang avec Soro Guillaume », a-t-il fait savoir.

Rigobert Soro a décrié les conditions de sa détention à Direction de la surveillance du territoire (Dst) pendant plus de dix jours. Le procès des pro-Soro reprendra aujourd'hui à 10h30 minutes.

Rappelons que Guillaume Soro, ainsi que l'ex-ministre de la Communication et Médias, Affoussiata Bamba Lamine, au nombre des prévenus, sont tous deux en exil, donc absents du procès.


Venance AKA