Politique / Blé Goudé : « La CPI et les autorités ivoiriennes sont en contact pour préparer mon retour » (Interview)

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Le président du Cojep a accordé une interview à Radio France Internationale dans la matinée du jeudi 26 août 2021. Il a abordé plusieurs sujets de l’actualité nationale. Ci-dessous l’intégralité de ladite interview...

Charles Blé Goudé, bonjour

Bonjour Madame

Plus de quatre mois après avoir été acquitté par la CPI, vous vous trouvez toujours au Pays-Bas, quand pensez-vous rentrer en Côte d’Ivoire ?

Malheureusement, cela ne dépend pas de moi. Cela dépend entièrement du président de la République de Côte d’Ivoire. J’attends mon tour puisque mon coi-détenu est rentré.

Vous attendez votre tour ? Vos attendez quoi précisément pour pouvoir rentrer ?

J'entends d’abord que mon passeport me soit délivré. j’ai été enrôlé le 16 juillet dernier et aussi j’attends d’arrêter une date de retour avec les autorités ivoiriennes parce que sans leur accord je ne peux pas rentrer en Côte d’Ivoire.

Est-ce que vous avez déjà commencé des discussions avec les autorités ivoiriennes ?

La Cour est en contact avec les autorités ivoiriennes, mon parti est en contact avec les autorités ivoiriennes et nous attendons. Pour un dossier d’une t-elle envergure, point n’est besoin de faire beaucoup de bruits, cela se prépare dans le silence et sans bruit.

Est-ce qu’il y a une date, une échéance qui vous a été donnée pour recevoir votre passeport ?

Non, mais la plus part des citoyens ivoiriens qui ont déjà fait cette requête me font savoir qu’elle dure un mois, un mois et demi, donc je pense que nous sommes pour le moment dans les délais.

Vous avez été condamné en Côte d’Ivoire à 20 ans de prison pour des faits commis lors de la crise post-électorale ivoirienne. Est-ce que vous ne craignez de devoir purger cette peine, une fois de retour ?

Beaucoup de leaders pro-Gbagbo et le président Gbagbo lui-même ont été condamnés à 20 ans de prison et sont actuellement de retour en Côte d’Ivoire et vaquent à leurs occupations. Je ne sais pas pourquoi pour moi, il devrait en être autrement. Je compte sur la magnanimité du président de la République pour que le même effort soit fait en ma faveur.

Une fois rentré en Côte d’Ivoire, qu’est ce vous prévoyez de faire ?

Les Ivoiriens au nom de qui tous les leaders parlent, ont besoin d’une seule denrée : c’est la paix. Quand je rentrerai en Côte d’Ivoire d’où je suis sorti sous fond de crise, je vais donc servir d’instrument de paix pour pouvoir ajouter en tout cas ma pierre à l’édifice de la réconciliation qui est déjà en cours. Pour le moment, c’est le seul projet que j’ai. Le reste, ensuite, en on verra.

Laurent Gbagbo est rentré en Côte d’Ivoire en juin. Est-ce que vous avez échangé, est-ce que vous avez été en contact avec lui depuis qu’il est rentré,

Avant qu’il ne prenne son avion, oui. Et quand il est arrivé, il m’a appelé pour me dire qu’il était bien arrivé.

Depuis son arrivée à Abidjan, il n’a pas prononcé votre nom, il ne vous a pas évoqué publiquement. Est-ce que vos relations sont toujours bonnes ?

En tout cas en ce qui me concerne, je pense qu’il n’y aura pas de nuage dans les relations entre le président Laurent Gbagbo et moi. Et si jamais il y en avait, ce n’est pas dans les micros qu’on règle les problèmes avec son mentor. Je ne crois pas qu’il y ait un problème. Pour le reste, je laisse chacun faire ses interprétations. Et les interprétations de chacun l’engagent.

Que pensez-vous de la décision de Laurent Gbagbo de créer un nouveau parti politique et d’abandonner le FPI ?

Le président Laurent Gbagbo a sufissament expliqué les raisons pour lesquelles il a pris une telle décision. Je ne voudrais pas faire de commentaires outre mesure, je respecte cette décision et je me rends compte que le paysage politique en Côte d’Ivoire est en pleine mutation et c’est tant mieux pour la démocratie.

Laurent Gbagbo a annoncé la création d’un nouveau parti. Est-ce que vous allez intégrer ce nouveau parti ?

Tous les leaders politiques proches du président Laurent Gbagbo sont en Côte d’Ivoire. Quand je serai de retour dans mon pays, que je serai imprégné des réalités, que j’ai soumis la question à mes collaborateurs et que nous l’aurons soumise aux instances du Cojep, nous rendrons publique notre décision et ce n’est pas la question de Charles Blé Goudé. Ce sera la décision concertée de tout le Cojep.

On entend régulièrement parler de renouvellement de génération, de renouvellement de la classe politique en Côte d’Ivoire. Est-ce que vous considérez que vous mêmes, vous faites partir de cette nouvelle génération ?

J’ai été un leader étudiant, j’ai créé un mouvement qui est devenu finalement le Cojep. Ma génération qui entend un jour diriger la Côte d’Ivoire n’a pas encore exercé de fonction politique en tant que telle, alors, je fais partie de cette génération qui n’a pas encore gérer la Côte d’Ivoire. Si on peut appeler cela « nouvelle génération », oui, j’en fais partie.

La prochaine présidentielle c’est en 2025, avoir pour projet de gérer la Côte d’Ivoire comme vous dites, 2025, c’est envisageable pour vous ?

Madame, nous sommes en 2021 et je suis encore à La Haye alors que tous les leaders proches du président Laurent Gbagbo sont en Côte d’Ivoire, quand j’aurai fini de retourner dans mon pays, que je me serai imprégné des réalités politiques et que j’aurai discuter avec les instances de mon parti, tout reste est possible.

Que ce soit 2025 ou les prochaines échéances, est-ce que votre objectif est de vous présenter à la présidentielle en Côte d’Ivoire ?

J’ai dit que je me présenterai un jour à la présidence de la République de Côte d’Ivoire. Je ne suis pas dans le « fixissisme » des dates. Pour réclamer l’aile du poulet, il faut être au moins là où on le découpe. Attendez que je sois là où on découpe le poulet et je reclamerai l’aile. Pour l’instant, je suis en train de m’employer comme je peux à pouvoir rentrer dans mon pays.

Charles Blé Goudé, merci !


Restranscrit par Elvis GOUZA