Côte d'Ivoire / Politique : Des révélations sur Myss Belmonde Dogo, la ministre se confie

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cote-d-ivoire-politique-des-revelations-sur-myss-belmonde-dogo-la-ministre-se-confie Myss Belmonde Dogo a révélé le sens de sa vision et son engagement politique.
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La ministre ivoirienne de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Myss Belmonde Dogo, s’est confiée sur le sens de sa vision et son engagement politique. Elle est également revenue sur la lutte contre la pauvreté en Côte d’Ivoire. Une lutte particulière dans laquelle elle est engagée depuis des années, notamment en zone rurale, bien avant d’être nommée ministre dans un gouvernement en Côte d’Ivoire. La ministre a fait des révélations ce jeudi 04 novembre 2021 à Abidjan-Cocody, au cours de l’ouverture d’un programme de coaching des jeunes filles sur le leadership féminin et la paix en Côte d’Ivoire. Morceaux choisis.

« Pour parler de mon engagement, je dirai qu'il est parti d'une vision : « utiliser justement les femmes comme fer de lance de leur propre épanouissement ». C'était à l'origine un engagement social donc civil, qui a consisté pour moi à organiser les femmes du monde rural, principalement celles de ma région, autour d'Agr (Activités génératrices de revenus, ndlr).

L'expérience au plan local s'est avérée concluante, avec pour résultat l'augmentation des revenus des femmes et l'amélioration des pratiques commerciales et agricoles en fonction des domaines dans lesquels elles évoluaient. J'ai ensuite étendu cela au périmètre suivant, c'est - à - dire les sous-préfectures voisines, toujours avec pour leitmotiv « placer les femmes au cœur de leur propre bonheur ».

Ces actions ont été l'un des pendants de mon engagement pour la promotion des droits de la femme, la culture de la paix et la démocratie ».

 

D’activiste sociale à femme politique, ministre du gouvernement

 

« La question qui suit est tout naturellement « comment d'acteur (d'activiste) sociale, je me retrouve en politique ?

Question logique, réponse simple : je me suis dit « certainement des femmes dans les autres régions, ont besoin d'accompagnement, et la meilleure façon de les toucher était d'entrer en politique et d'influer sur l'ensemble des politiques en direction des femmes », question de stratégie, voilà comment je fais le bond.

Stratégie payante, on peut dire ! De députée, je suis nommée Secrétaire d'État à l'autonomisation de la femme, et aujourd'hui, ministre de la Solidarité et de la lutte contre la pauvreté ».

 

« Dans notre pays, la pauvreté a un visage féminin »

 

« Vous me direz, qu'est-ce que mon ministère a à voir avec la femme ? Eh bien sachez que dans notre pays, la pauvreté a un visage féminin à l'exception de 8 régions qui échappent à la règle (Haut Sassandra, Tonkpi, Nawa, Tchologo, Hambol, Sud-Comoé, Gbôkle, Folon).

Mon défi aujourd'hui est de sortir les femmes des griffes de la pauvreté et d'en faire des créatrices de richesses.

Mais ce défi reste vain sans paix.

Il nous faut continuellement travailler à consolider la paix et la cohésion sociale, grâce au levier de la solidarité.

Vous comprenez mon enthousiasme ce matin, parce que l'association des femmes juristes et ses partenaires viennent de m'offrir des ambassadrices et des activistes de paix.

Je vous exhorte à vous enrichir des expériences, toutes aussi captivantes les unes que les autres, que vous partagerons les coaches du programme.

« Aucun obstacle ne résiste à la détermination »

Il y a certes des obstacles, mais aucun obstacle ne résiste à la détermination.

Vous devez savoir que dans la vie, vous avez le droit d'échouer parce que l'échec est la première porte de la réussite. Généralement les femmes n'osent pas parce qu'elles ont honte. La femme a honte d'échouer.

Nous avons besoin d'oser. La femme doit oser. Je n'ai rien contre les hommes. Mais si la femme n'ose pas, les hommes prendront toute la place. La femme a sa place à côté de l'homme.

A travail égal, la femme est meilleure. Nous devons nous lever les unes pour les autres. Une seule femme ne peut pas mener un combat.

Vous devez gardez une chose à l'esprit, votre marche est la votre. Ce que vous devez être demain vous appartient. Vous devez apprendre à observer le passé, pour construire le présent et rêver le futur.

Retenez que la politique est un sacerdoce et la seule motivation doit être le bien-être des populations.

Pour ma part, je vous récupérerai au sortir du programme, car vous et moi, l'aventure ne fait que commencer ».