Reprise du dialogue politique : Un nouvel espoir pour la réconciliation en Côte d’Ivoire?

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reprise-du-dialogue-politique-un-nouvel-espoir-pour-la-reconciliation-en-cote-d-ivoire Les présidents Ouattara, Gbagbo et Bedié (Ph:Dr)
Politique

Le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi, a rencontré, jeudi 16 décembre l’opposition dans le cadre de la reprise du dialogue politique. Les principales forces de l’opposition étaient présentes pour cette réunion qui visait à poursuivre l’apaisement du jeu politique ivoirien.

Annoncé le 8 décembre par le chef du gouvernement, le Premier Ministre Patrick Achi, le dialogue politique a bel et bien eu lieu. Plusieurs signaux semblaient en effet indiquer, depuis quelques semaines, que la situation était mûre pour une reprise du dialogue.

Tous les grands partis politiques ont répondu présents

En novembre, à l’occasion du 20e anniversaire de son parti, l’UDPCI, l’opposant Albert Toikeusse Mabri avait déjà appelé à : « un processus de dialogue politique que nous souhaitons inclusif ». De son côté, Affi N'Guessan, leader du FPI, avait indiqué sa volonté d'une reprise du dialogue afin d’atteindre un consensus.
Des sujets concrets furent abordés, comme les élections locales de 2023 ainsi que la réforme de la CEI

La rencontre rassemblait notamment les représentants du PDCI d’Henri Konan Bédié, le PPA-CI de Laurent Gbagbo ainsi que le FPI et l’Udpci d’Albert Toikeusse Mabri. Plusieurs ministres et des représentants du RHDP étaient aussi présents. En tout vingt-et-une formations politiques étaient présentes.

Les discussions ont été ouvertes par Patrick Achi. Et des sujets concrets furent abordés, comme les élections locales de 2023 ainsi que la réforme de la commission électorale indépendante (CEI). A l’issue, les recommandations de l’opposition ont été transmises au président Alassane Ouattara.Lire sur le même sujet

Cette assise se situe dans la filiation de la politique de réconciliation menée par le président Alassane Ouattara. Celui-ci est conscient des tensions politiques et communautaires du pays quand il arrive au pouvoir en 2011. Depuis, une large partie de sa politique a été irriguée par une volonté d’apaisement.

On peut décliner dans plusieurs domaines l’action présidentielle en faveur de la réconciliation. A commencer par la sphère économique et sociale. Par exemple, en 2011, seuls 40% des Ivoiriens avaient accès à l’électricité. Aujourd’hui ils sont 95%. L’inclusivité passe d’abord par l’égalité d’accès des populations à ce type de service et de confort.

La réconciliation comme politique

Politiquement, plusieurs retours d’exils ont été organisés. Comme celui de Noël Akossi Bendjo, l’ancien maire du Plateau et membre du PDCI. Et bien entendu le retour, cet été, de l’ancien président Laurent Gbagbo, qui a en outre été reçu par le président le 27 juillet dernier.

L’armée aussi a été l’objet de la volonté de concorde du gouvernement. On peut citer dans cette optique le retour de plusieurs cadres supérieurs, anciennement pro-Gbagbo, a des fonctions de commandement. C’est le cas du Général Doumbia, actuel chef d’état-major des armées (CEMA).

Le premier ministre Patrick Achi réussira-t-il ce dialogue politique?

D’un point de vue institutionnel, plusieurs indicateurs montrent une bonne santé démocratique : comme la participation en hausse aux dernières élections législatives de mars 2021 ou présidentielles de novembre 2020 (54%). Ce qui témoigne de l’émergence progressive d’une notion de destinée nationale commune qui transcende les rivalités communautaires.

Patrick Achi continue de mettre en œuvre cette politique avec volontarisme
Aujourd’hui, Patrick Achi continue de mettre en œuvre cette politique avec volontarisme. À l’image de ses prédécesseurs, feu Hamed Bakayoko et Amadou Gon Coulibaly. Afin d’en convaincre l’opposition, le Premier ministre a bien rappelé « la main tendue » du président et son « cœur ouvert ». Un appel qui semble avoir été entendu.

Bertin MAMBO