Dialogue politique : Bédié et Gbagbo interpellent Alassane Ouattara, ce qu'ils comptent faire

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dialogue-politique-bedie-et-gbagbo-interpellent-alassane-ouattara-ce-qu-ils-comptent-faire Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo enclins à poursuivre le dialogue politique malgré le peu d'intérêt accordé par Alassane Ouattara (PhDr).
Politique

Dans une déclaration commune, le Pdci-Rda et le Ppa-ci ont dénoncé le peu d’intérêt accordé au dialogue politique de la part du chef de l’Etat.  

La dernière sortie du procureur de la République Adou Richard a suscité beaucoup de réactions de la part de l’opposition. Ainsi ce mercredi 5 janvier 2022, le Pdci-Rda et Ppa-ci ont dénoncé plusieurs actions du gouvernement qui selon eux vont à l’encontre du dialogue politique.

Des reproches fondés

Les porte-paroles du Pdci-Rda et du Ppa-ci respectivement Soumaïla Kouassi et le ministre Justin Koné Katinan ont donné un point de presse à la maison du Pdci-Rda à Cocody. Ils ont relevé des faits qui viennent trahir la bonne foi du gouvernement en ce qui concerne le dialogue politique.

Le discours de fin d’année du président de la République Alassane Ouattara vient approuver leurs interrogations sur ce dialogue

Ils estiment que la dernière sortie du procureur de la République qui menace de poursuite des grosses têtes de l’opposition n’arrange rien dans le dialogue politique. Ajouté a cela, le discours de fin d’année du président de la République Alassane Ouattara vient approuver leurs interrogations sur ce dialogue. Pour eux, ceci « constitue un faisceau d’indices concordant suffisants pour justifier les interrogations du Pdci-Rda sur la volonté réelle du gouvernement de conduire le dialogue politique qu’il a librement initié ».

Face à ces faits, ils trouvent que leurs « interrogations se sont muées en inquiétudes face au peu d’intérêt que le chef de l’Etat a accordé au sujet du dialogue politique dans son discours de fin d’année. Il en a fait une simple déclaration de principe et l’a expressément expulsé de ses priorités pour l’année 2022 ».

Les résolutions prises par les deux partis politiques

Devant l’approche contradictoire, le Pdci-Rda et le Ppa-CI

"1-    Prennent à témoin l’opinion nationale et internationale le peu d’intérêt que le chef de l’Etat accorde à la réconciliation nationale et la cohésion sociale

2-    Réaffirment leur engagement à participer au dialogue politique qu’ils souhaitent sincère dans l’unique intérêt de nos compatriotes et des populations qui nous ont fait l’amitié de vivre avec nous.

3-    Interpellent le gouvernement sur sa responsabilité première de garantir le succès de cette phase de dialogue

4-    Demandent au chef de l’Etat, dont le troisième mandat a aggravé la fracture sociale, d’inscrire enfin le dialogue social parmi ses priorités pour l’année 2022;

5-    Encouragent les partenaires au développement à accorder davantage d’intérêts à cette phase du dialogue

6-    Demeurent ardemment saisi de la question" ont-ils déclaré.

Rappel des faits

Le dialogue politique a été relancé pour la 5ème fois par le gouvernement en milieu du mois de décembre 2021. A cette énième rencontre opposition- gouvernement pilotée par le premier ministre Patrick Achi, il a été convenu que chaque parti politique de l’opposition dépose des termes de référence. Et la date butoir était prévue le lundi 27 décembre 2021.

Le jour de la reprise, aucune annonce n’a été faite par le gouvernement. En lieu et place, le procureur Adou Richard organise une conférence de presse au palais de justice. Il annonce des risques de poursuites judiciaires de certaines grosses têtes de l’opposition en se basant sur les conclusions du rapport de l’unité spéciale des enquêtes sur les violences perpétrées en octobre 2020 lors de la désobéissance civile.

Ce qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Alain Zadi

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